Lemaistre, Florian
Biographie
Reçu médecin le 1er septembre 1827. Le 6 août 1830, il envoya une note au maire « présentant le nom des divers blessés que j’ai soignés depuis le 27 juillet, soit à l’infirmerie du Temple, dont je suis le chirurgien, soit chez les particuliers qui les avaient recueillis, soit enfin sur la place même où ils avaient été frappés. A cet état nominatif se trouvent joints l’indication de leurs demeures, celle de la nature de leurs blessures, de l’endroit où ils les ont reçues et, en outre, quelques détails relatifs à leurs états, à leurs familles, à leurs besoins. Peut-être, monsieur le maire, ces renseignements pourront-ils contribuer à éclairer les personnes chargées d’opérer la répartition des fonds versés pour les blessés, les veuves et les orphelins. C’est dans cet espoir que j’ai pris la liberté de vous les adresser ». Cette liste comportait les noms des vingt-quatre personnes, dont : Hinet, Louis, François ; Marque, Pierre ; Benard, Pierre, Dominique ; Benard, Christophe ; Cibiel, Guillaume ; Magrimaud, Antoine ; Carrière, Claude ; Gandonnière, Jean ; Vilommier, Narcisse, Antoine ; Laforest, Henry ; Dupont, Nicolas, Mathieu ; Carpentier, Jean-Baptiste ; Molhau, Martin, Joseph ; Bonnetête ou Bonnetet, Victor, Armand ; Warin, Charles, Nicolas ; Claëser, Jean, François ; Devaux ; Compiègne, Louis ; Lecoq, Alexandre, Michel. Le docteur Laforest continuait ainsi sa lettre : « Parmi les autres blessés que j’ai secourus à l’infirmerie du Temple, se trouvaient plusieurs soldats de la ligne, un nommé Tardif, Pierre ; je ne puis citer les autres parce que le premier jour (28) il m’a été impossible de recueillir le nom des malheureux que je pansais ; ils étaient trop nombreux et voulaient se retirer dans leurs familles aussitôt le premier appareil posé. Je dois à la vérité de dire que les dames du Temple ont mis le plus grand empressement à offrir un local pour recevoir les blessés et qu’elles ont fourni avec la plus grande générosité à toutes les nécessités de la situation de ces malheureux. Appelé, par la nature de mes fonctions, à être témoin de leurs actes d’humanité, je me trouve heureux de les publier. A la liste des blessés que j’ai soignés et dont je traite encore le plus grand nombre, je vais ajouter les noms de ceux que j’ai secourus en ville. » Suivaient les noms suivants : Pinard, Jean, Joseph ; Jouvente, Jean ; un homme dont il ne connaît pas l’identité : « Un compagnon en serrurerie, travaillant rue Grange-aux-Belles, demeurant rue Quincampoix, a eu l’épaule emportée par un éclat d’obus, au coin de la rue Neuve-Saint-Laurent et de la rue du Temple, le 28 à 1 heure et demie. Frappé sous mes yeux, je me suis empressé de lui porter secours, après l’avoir fait transporter hôtel Boufflers n° 11, enclos du Temple. Ce malheureux a succombé le même jour à l’hôpital Saint-Louis, où il a été transporté après le premier pansement. Il laisse une femme et trois enfants en bas âge. » ; Picard, Alphonse ; Herisseau, Virginie, épouse Marguerie. Tous les blessés de l’infirmerie du Temple, furent pansés par lui deux fois par jour et visités aussi souvent qu’il était nécessaire, précisait-il. Il signa, le 8 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Hinet, Louis, François : « Je, soussigné, docteur en médecine, médecin de l’octroi de Paris, chirurgien de l’ambulance du Temple, certifie que le sieur Louis, François Inet (sic), ouvrier couvreur, demeurant avec sa femme et son enfant rue du Temple n° 23, (ancien) VIIe arrondissement, est couché au n° 1 de l’ambulance du Temple, où je le soigne d’une fracture de l’os à la cuisse droite, produite par une balle qui a pénétré par la partie externe et supérieure du membre et est sortie à un pouce de l’anus. J’atteste en outre que ses plaies ayant été largement débridées, j’ai extrait plusieurs esquilles détachées et que malgré la gravité de sa blessure, qui paraissait devoir exiger l’amputation dans l’articulation de la hanche, j’ai depuis deux jours la certitude de lui conserver son membre et la vie. J’affirme encore qu’en admettant sa guérison comme certaine, il ne sera pas en état de reprendre ses travaux de couvreur avant un an environ. » Il signa, le 14 août 1830, le certificat suivant en faveur de Bareau, Catherine, femme Markel : « Je, soussigné, docteur en médecine, chirurgien de l’ambulance du Temple, certifie que la femme Catherine Marckel, marchande au marché du Temple, a eu l’avant-bras fracturé le 28 juillet 1830 à 11 heures du matin dans la rue du Temple au coin de la rue de Vendôme. J’atteste en outre que sa fracture est le résultat d’une chute dans laquelle elle a été entraînée par la foule qui fuyait devant le 50e de ligne qui faisait feu sur elle. Je lui ai posé le premier appareil à 11 heures un quart et j’ai reçu la déclaration de plusieurs témoins qui m’ont certifié avoir vu tomber la femme Marckel et plusieurs personnes marcher sur elle et son mari. » Dans une note envoyée au maire concernant plusieurs blessés qu’il avait soignés depuis le 27 juillet, il donnait les renseignements suivants concernant Picard, Alphonse : « Après avoir combattu avec acharnement les 27, 28 et 29 juillet, sans prendre d’aliments et se contentant d’eau-de-vie avec de la poudre, a été frappé d’une entérite aiguë, qui l’a enlevé en moins de deux jours. Ce malheureux jeune homme, l’espoir de la famille, emporte tous les regrets des soldats-citoyens, ses frères d’armes, qui, pour témoigner de leur considération pour sa personne, ont accompagné son corps au champ de repos et lui ont rendu les honneurs militaires. Pour moi, je l’ai soigné pendant cette affreuse maladie avec M. le docteur Caën. J’affirme sur l’honneur que j’ai la conviction que la mort du sieur Alphonse Picard est le résultat immédiat des fatigues, des privations qu’il a éprouvées pendant trois jours de combat autant que celui de l’usage des boissons incendiaires que le besoin de se soutenir et de s’animer lui a fait prendre. Du reste, le fait est de notoriété publique dans le quartier. » Il signa aussi, le 24 mai 1831, le certificat médical suivant constatant les circonstances du décès du même Picard, Alphonse : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, certifie que Alphonse Picard, ouvrier bijoutier, âgé de vingt et un ans, domicilié rue Neuve-Saint-Laurent n° 14, a été soigné par moi d’une contusion profonde des organes de l’abdomen, contusion qui a été suivie d’une inflammation suraiguë des intestins, de la gangrène et de la mort, dans l’espace de trente heures. J’atteste en outre que la contusion a été reçue le 29 juillet 1830 et que le jeune Picard me déclara qu’il avait reçue un coup de crosse dans le ventre en se battant avec un gendarme près le Pont au Change. » Il signa, le 16 octobre 1830, comme chirurgien de l’ambulance du Temple, le certificat suivant en faveur de Clasert, Jean-François : « Je, soussigné, docteur en médecine, certifie avoir donné mes soins depuis le 29 juillet 1830 jusqu’au 25 septembre de la même année au sieur Claser, Jean-François, peintre en bâtiment, demeurant rue du Faubourg-du-Temple n° 119, qui avait reçu un coup de feu, rue de Rohan, le 29 juillet 1830. » Il signa, le 27 août 1830, le certificat suivant en faveur de Moiron, Louis : « J’atteste que le sieur Moiron, Louis est venu à l’ambulance du Temple, se plaignant de douleurs dans la jambe gauche et ayant sur la partie intérieure de ce membre une légère écorchure. » Il signa, le 20 août 1830, comme « seul chirurgien de l’ambulance du Temple, médecin de l’octroi de Paris » un certificat pour attester les blessures de Benard, Pierre, Dominique, soigné dans l’ambulance. Il signa, le 4 mars 1831, le certificat suivant pour Portefais, Marguerite, la mère de Delmas, Antoine, tué dans les combats : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, certifie que Marguerite Delmas, demeurant rue Neuve-Saint-Laurent n° 11, est atteinte d’une ophtalmie chronique, qui a déterminé la chute des cils des paupières inférieures et dont la persistance s’oppose à ce qu’elle puisse se livrer à aucun travail assidu. » Nous empruntons aux Médecins de Paris jugés par leurs œuvres, la notice biographique qui lui est consacrée : « M. Lemaistre Florian est un des principaux rédacteurs qui ont concouru avec le docteur Fabre à la fondation de la clinique médicale [Gazette des hôpitaux). Il a publié dans ce recueil et dans le Journal général, dont il devint rédacteur en chef, un grand nombre d’observations et d’articles critiques relatifs à la médecine et à la chirurgie. Disciple particulier de l’honorable M. Bally, ex-président de l'Académie, il fut un des élèves de l’Hôtel-Dieu pour qui Dupuytren montra le plus de prédilection. Depuis longtemps M. Lemaistre s’occupe d’une manière exclusive de pratique. Attaché à la préfecture de la Seine comme médecin et chirurgien de l’octroi de Paris, il occupe une position semblable à l'Ecole spéciale de commerce, à l’institution de la princesse de Condé, et au monastère du Temple. On lui doit un speculum oris adopté par Dupuytren, et qui rend faciles les opérations qu’on pratique dans l’arrière-bouche, en maintenant les mâchoires écartées et la langue abaissée. Ses actes probatoires ont été très honorables et il compte plusieurs beaux faits de pratique. » Le 30 novembre 1846, il délivra un certificat médical à Marque, Pierre, qu’il avait déjà soigné en 1836, pour une attaque d’apoplexie, avec paralysie du côté droit et qui compromit « gravement sa vie ». Lemaistre demeurait 3, rue Neuve-Saint-Laurent en 1830-1847 ; 205, rue du Temple en 1854. Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusqu’au 31 mai 1833 (sous le nom de Lemaistre, Henri, Joseph, Florian), idem pièce 3164 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1838 (sous le nom de Lemaitre, Henri, Joseph, Florian), idem pièce 3166 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1843 (sous le nom de Lemaistre, Henri, Joseph, Florian), idem pièce 3173 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1854 (sous le nom de Lemaistre, Henri, Joseph) ; Annuaire général du commerce et de l’industrie, Firmin-Didot, 1847, p. 182 ; Les Médecins de Paris jugés par leurs œuvres, ou statistique scientifique et morale des médecins de Paris, Sachaile, Paris, chez l’auteur, 1845, p. 415 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Note exposant les noms des blessés soignés par le docteur Lemaistre, Florian, depuis le 27 juillet 1830 (24 blessés) ; Archives nationales F/1dIII/44 in dossier Benard, Pierre, Dominique ; Archives nationales F/1dIII/53 in dossier Delmas, Antoine ; Archives nationales F/1dIII/58 in dossier Hinet, Louis, François ; Archives nationales F/1dIII/64 in dossier Magrimaud, Antoine (pour lequel il signa deux certificats médicaux) ; Archives nationales F/1dIII/65 in dossier Bareau, Catherine, femme Markel, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/71 in dossier Picard, Alphonse ; Archives de la préfecture de police AA 379 in dossier Clasert, Jean-François ; Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Moiron, Louis.