Lemoine, François

Biographie


Né vers 1765. On trouve son nom sur une fiche de personnes secourues, après la révolution, par la mairie du (ancien) Ier arrondissement. La mention suivante est annotée sur sa fiche : « Indigent. Inscrit sous le numéro 436. Valide, a pris part au mouvement. Il reçut un secours de dix francs en août 1830, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il demeurait 3, rue des Saussaies en 1830. Archives de Paris VD6 91, liasse n° 4. Il y a dans Archives de Paris VK3 41 in dossier Boudin, Lazare, un Lemoine, François, cuisinier, demeurant 3, rue des Saussaies, qui atteste avoir donné des soins à Boudin, alors qu’il était malade, suite aux contusions qu’il avait reçues. Boudin avait expliqué ainsi sa participation aux événements de Juillet : « […] A l’honneur d’exposer qu’il a pris part aux mémorables événements de Juillet, en brave et bon citoyen. Le 27 juillet, il se trouvait sur la place du Palais-Royal, où il combattit. Ayant désarmé un gendarme, il fut assailli par d’autres gendarmes et reçut plusieurs blessures et contusions graves, entre autres une au côté gauche, une à l’épaule gauche, et une autre au poignet gauche, pour lui faire lâcher son fusil. Ayant été conduit au corps de garde de ladite place, dans la nuit du 27 au 28, il fut lié, garrotté et conduit à la préfecture de police, d’où il sortit le 29, alors que la victoire était restée à la cause du peuple. M. Lamour, garde national, a été témoin oculaire de ce qui est arrivé à l’exposant. Le 30, il se rendit à l’Hôtel-Dieu, pour y prendre une consultation. Le chirurgien jugea qu’il était nécessaire qu’il entrât à l’hospice, pour y être traité. Mais, présumant que sa guérison ne pouvait beaucoup tarder, il aima mieux se faire soigner à ses frais à son auberge, et il se contenta de recevoir la consultation par écrit dudit médecin. Le chef de cuisine de son auberge, allée d’Antin 15, peut attester tous les faits susmentionnés. Il est résulté des faits exposés que le sieur Boudin a été forcé de s’abstenir de tout travail pendant deux mois et demi, étant obligé de tenir son bras gauche en écharpe pendant ce temps. Il espère que la Commission aura égard à sa fâcheuse position actuelle, se trouvant dans un grand dénuement puisqu’il a fallu, n’ayant point d’économies, qu’il empruntât pour se faire traiter et pour vivre. »

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