Lemoine, Guillaume, Désiré
Biographie
Né le 5 février 1809 à Morlaix. Tailleur, contremaître dans la maison de commerce Blanchard 24, rue Saint-Marc-Feydeau en 1848. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet, le 18 mars 1848, la lettre suivante à cette Commission : « J’étais un de ceux qui, en 1830, prirent le canon de la rue de Rohan pour le conduire à la place de la Bourse. J’étais un de ceux qui transportèrent l’argenterie des Tuileries au bureau du journal de l’Etoile, rue Richelieu. J’ai porté les dépêches de l’hôtel Laffitte à la maison de ville, j’ai risqué vingt fois ma vie pour la liberté. J’étais un des voltigeurs qui volèrent à la défense de leurs frères place du Palais-Royal dans les journées de février dernier 1848. Fouillon, mon compagnon, aussi voltigeur du 4e bataillon, IIe légion, est mort percé de trois balles. J’ai retenu, tant que j’ai pu la fureur des citoyens aux Tuileries. Je n’ai point été blessé mais je donnerai tout mon sang à la république si elle le demande. Mes certificats sont restés, en 1830, entre les mains du citoyen Lafayette, qui a cru, dans l’intérêt de mon père, employé à la Chambre des députés, ne point devoir les faire valoir. Je ne demande rien à la république. Je suis contremaître de la maison de commerce Blanchard, 24, rue Saint-Marc-Feydeau, et suis de plus intéressé dans les opérations commerciales de cette maison. Mais je demande à la république l’honneur de porter la marque de récompense que, devant Dieu, j’atteste avoir gagnée et m’en réfère à votre justice. » Il joignait à sa demande un certificat signé de Buchez, représentant du peuple, capitaine de la garde nationale, et qui attestait avoir vu Lemoine, le 24 février 1848 à l’attaque du château d’eau près le Palais-Royal et la rue Saint-Honoré. Il fut recommandé par la Commission pour une mention honorable à paraître dans le Moniteur. Il était marié et père de trois enfants en 1848. Il demeurait 14, rue du Port-Mahon en 1848. Archives de la préfecture de police AA 398.