Lemonnier, Jacques
Biographie
Né le 13 prairial an II au Fresne-Camilly (Calvados). Ancien militaire, licencié en 1814, devenu tailleur de pierres, travaillant depuis sept ans à l’arc de triomphe de la place de l’Etoile et ayant travaillé sept autres années avant pour le duc d’Orléans, qui allait devenir roi. Une dépêche indiquait à son sujet : « Demande une récompense nationale et un emploi dans les administrations du gouvernement pour prix de ses services en juillet. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il ne réussit pas à faire valoir ses droits. Il retira le 17 juin 1831 les pièces qu’il avait confiées à la Commission. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ier arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir un secours, un emploi auprès du gouvernement et la Croix de Juillet. Il était indiqué comme s’étant illustré à la porte Saint-Denis, rue Montorgueil, au Louvre et au Palais-Royal. Il adressa la lettre suivante à cette Commission (signée Le Mounier, Jacques, mais ce n’est pas lui qui signait, sans doute ne savait-il pas signer donc) : « […] A l’honneur d’exposer que dans les trois journées mémorables de juillet dernier, il aurait manifesté son zèle et dévouement de patriotisme en quittant ses travaux, pour aller combattre en exposant dangereusement sa vie, tant au Louvre et aux écuries du Roule. Etant sorti hors la barrière du Roule, sur la vieille route, il s’adressa à lui un aide de camp, le premier qui sortait de Paris depuis ce tumulte ; il lui demanda s’il n’y avait du danger à passer pour aller à Neuilly chez l’auguste monarque qui gouverne la France aujourd’hui. Il lui répondit que oui, qu’à quelques pas de là il y avait cinq hommes de tués et que le trouble y existait encore mais que pour sa sûreté il allait le conduire avec son fusil, ce qu’il fit jusqu’à la grille où est M. Chouri, concierge, par où cet aide de camp entra. ensuite il revint aux Champs-Elysées, monta dans une voiture avec son fusil à deux coups pour aller à Rambouillet à la poursuite des rebelles de la liberté, où il fut deux jours parti […]. » Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions à tous qu’il appartiendra qu’il est à notre connaissance que le nommé Jacques Le Mounier (sic) tailleur de pierres, demeurant aux Ternes, rue des Acacias n° 6, s’est [conduit] comme un brave citoyen dans les journées immortelles de Juillet, qu’il a dangereusement exposé sa vie en combattant au Louvre, aux Tuileries et aux écuries du Roule, étant sorti à la barrière du Roule. Sur la vieille route, vint à lui un aide de camp, le premier qui sortait de Paris depuis ce trouble et qui allait en parlementaire à Neuilly. Il lui demanda s’il n’y avait point de danger pour passer. Le Mounier répondit que oui, qu’il y avait cinq hommes de tués près le chemin de la Révolte et que le désordre n’était pas encore cessé mais que par sûreté il allait l’accompagner avec son fusil à deux coups, ce qu’il fit jusqu’à la grille où est M. Chouri, concierge, par où cet aide de camp entra ; ensuite qu’il revint aux Champs-Elysées, monta dans une voiture avec son fusil pour aller à Rambouillet à la poursuite de ceux qui étaient de l’opinion contraire à la liberté et fut deux jours parti. » Signé, aux Ternes, le 25 janvier 1831 : Duval (voir Duval, Louis, Michel), propriétaire ; Germain ; Besnard ; Lebreton ; Gadiffert (peut-être fruitier, et alors le Fruitée n’existerait pas) ; Fruitée ; Bailly ; Fleury (voir Fleury, Jacques ?), fruitier ; Charentais. Il signa, sans doute le 1er juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Duval, Louis, Michel, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions qu’il est à notre connaissance que le nommé Duval, Louis, Michel, maître menuisier, rue des Acacias n° 7, aux Ternes, commune de Neuilly, dans les journées immortelles de Juillet, le 27 à Paris, aurait fait partie de ceux qui ont pris le poste des Suisses de la rue Colbert, de 10 à 11 heures du matin, après avoir désarmé les Suisses et s’être saisi d’un fusil, ils se portèrent rue des Prouvaires, où ils ont eu une forte attaque avec la ligne et les ont affrontés jusqu’à l’Hôtel de ville, de sorte qu’il n’est rentré chez lui qu’à 5 heures du soir. Les 28 et 29, il aurait arrêté plusieurs individus qui volaient des matelas de la gendarmerie de l’Etoile et aurait commandé une quarantaine d’ouvriers pour couper des arbres sur la route de l’Etoile, du Roule et la rue des Acacias, pour faire des barricades. Il a payé du vin aux ouvriers, sans qu’il en ait reçu aucune gratification et finalement le 30 (sic !), il partit armé dans les voitures qui étaient aux Champs-Elysées pour aller à Rambouillet à la poursuite des rebelles à la liberté et il fut deux jours parti. » Il signa (il semble bien signer Lemounier) le certificat suivant en faveur de Lemanissier, Frédéric, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Lemanissier, Frédéric, sculpteur, demeurant aux Ternes dans les journées immortelles de Juillet, aurait beaucoup travaillé à faire des barricades dans la rue Saint-Honoré, qu’à la barrière de l’Etoile il fit l’arrestation du duc de Bellune, fit la perquisition de sa voiture et de ses poches pour savoir s’il ne portait point des ordonnances contre la liberté. Il lui fit crier Vive la charte, vive la liberté ! Il fit ensuite rendre dix gardes royaux qui remirent leurs fusils et leurs cartouches. Il les conduisit par la barrière Longchamp, où ils passèrent par la croisée du bureau des employés pour entrer dans Paris et leur paya du vin. » Il faisait partie de la 5e compagnie des voltigeurs de la garde nationale des Ternes en 1831. Il demeurait depuis 1815 aux Ternes ; 6, rue des Acacias aux Ternes à Neuilly en 1830 ; 14, barrière des Ternes en 1831. Archives de Paris VK3 47 (sous le seul nom de Lemonnier, Jacques) ; Archives nationales F/1dIII/63 (sous le seul nom de Lemonnier) ; Archives de la préfecture de police AA 387 in dossier Duval, Louis, Michel ; Archives de la préfecture de police AA 398.