Lemonnier, Pierre, François
Biographie
Né vers 1790 à Paris. Peintre en décors. Il fut blessé d’un coup de feu reçu à la cuisse le 29 juillet au Palais-Royal, et mourut des suites de cette blessure le 13 septembre suivant à l’hospice de la Charité. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement mais aussi par celle du (ancien) IXe arrondissement puisque le père y est pensionné. Le 26 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Delepine, Pierre, Joseph (voir ce nom), carreleur, demeurant 45, rue Galande ; Bonneau, Jacques, Charles (voir ce nom), journalier, demeurant 45, rue Galande ; Levavasseur, Clément (voir ce nom), marchand cordonnier, demeurant 32, rue de la Vannerie. Ils attestèrent que « […] Le 29 juillet dernier sur les 2 heures de relevé, se trouvant dans la mêlée, comme beaucoup d’autres, et étant sur la place du Palais-Royal, ils ont vu étendu parterre un citoyen, qu’ils ne connaissaient point, qu’ils ont vu qu’il était blessé à la cuisse droite par une balle, qu’ils lui ont donné sur les lieux et sans le connaître tous les secours qui ont dépendu d’eux, qu’ils l’ont, eux trois, porté à l’hospice de la Charité et qu’il a été déposé, en leur présence, salle de la Vierge, et que c’est lorsqu’on a mis au pied de son lit l’écritoire d’usage et qu’il a eu décliné son nom qu’ils ont su qu’ils se nommait Pierre, François Lemonnier, que le dimanche suivant, l’un des déclarants est allé le voir, qu’il a causé avec lui et a appris à quelle famille il appartenait, qu’ensuite il a été transporté à la salle Saint-Jean n° 22 où il est décédé ses suites de sa blessure. » Le 15 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Delamarre, Auguste, né vers 1802, mécanicien, demeurant 10, rue de Pontoise-Saint-Victor ; Carlot, François, né vers 1794, entrepreneur de peintures, demeurant 22, rue des Grands-Degrés ; Larmey, Joseph, né vers 1789, fabricant de cartes, demeurant 10, rue de Pontoise. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Lemonnier, Pierre, François et savoir qu’il avait « concouru activement à la défense de la liberté dans les mémorables journées de juillet 1830 et qu’il a été victime de son dévouement ; qu’en effet, le 29 dudit mois, il a été en combattant sur le pont des Arts en face de l’Institut, atteint d’une balle à la cuisse ; que gravement blessé il a été transporté à l’hospice de la Charité, où il est mort des suites de sa blessure le 13 septembre suivant ». Il laissait une veuve, Buisson, Marie, Louise, Antoinette, née le 24 avril 1788 à Paris, domestique, qui reçut (sous le nom de Lemonier) un secours de deux cents francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, qui fut pensionnée de cinq cents francs et à qui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait aussi un père, Lemonnier, Pierre, né le 28 mai 1750 (mais le 27 mai 1750 in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet et aussi dans une lettre qu’il fait parvenir à la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/63) à Paris, peintre en décors, veuf en premières noces de Boucher, Michelle, Charlotte. Le 24 février 1831, devant le maire du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Ortion, Pierre, Jean-Marie (voir ce nom), teinturier, demeurant 6, rue du Cygne ; Bonneau, Jacques, Charles (voir ce nom), journalier, demeurant 45, rue Galande ; Browarniouck, Auguste, Victor (voir ce nom), peintre-décorateur, demeurant 34, rue de la Cordonnerie. Ils attestèrent que Lemonnier, Pierre, âgé de quatre-vingt-un ans, ancien peintre en décors, était « dans un état complet d’indigence ; que par son grand âge il ne peut plus vaquer à aucun travaux et qu’il recevait beaucoup de soulagement de son fils, avant l’événement qui l’en a privé ». Le père souffrait de deux hernies inguinales, dont la droite était très volumineuse ; de varices très grosses à la cuisse et à la jambe gauche ; d’une cataracte de l’œil gauche et de taies dans les deux yeux. Il était porteur du certificat suivant, à en-tête de la maison Cartulat-Simon et cie, gendre et successeurs de Simon père, et ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que M. Lemonnier père a travaillé dans notre maison depuis plus de trente ans ; qu’il s’est toujours conduit en honnête homme. Son grand âge l’ayant obligé à céder sa clientèle à son fils, tué dans les mémorables journées de Juillet, il se trouve aujourd’hui dans un dénuement absolu et reste incapable de reprendre un travail que son fils seul pouvait suivre. » Signé, le 6 février 1831 : Cartulat-Simon. Un autre certificat signé des Orientaux, entrepôt de la manufacture de papiers peints de Benoist, 15, bd des Italiens, entre le Café anglais et la rue de Gramont, attestait qu’il avait travaillé pour cette entreprise et s’y était « toujours conduit en honnête homme ». De même l’entrepreneur Massias, tenant une manufacture de papiers peints, 14, bd Montmartre, attestait que Lemonnier père avait travaillé pour lui pendant de nombreuses années et s’était « toujours comporté en parfait honnête homme ». Le père fut pensionné de trois cents francs et il lui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. En 1832, sa veuve envisageait de se remarier et prit des renseignements sur la continuation du versement de sa pension ; il lui fut répondu par l’administration que sa pension continuerait à lui être versée. Le nom de Lemonnier (P.-F. Lemonnier) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Il demeurait 184, rue du Faubourg-Saint-Denis ; sa veuve, à la même adresse en 1831 mais une fois 184, rue du Faubourg-Saint-Denis et une autre fois 10, rue de Pontoise in Archives nationales F/1dIII/35 B ; bien 184, rue du Faubourg-Saint-Denis in Archives de Paris VK3 42 (couverture du dossier Castel, Joseph, Hippolyte, Maurice) et aussi in Archives nationales F/1dIII/38 B ; son père, 4, rue Lesdiguières, chez M. Thiery, peintre-vitrier, en 1830-1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve p. 99, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement p. 107, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 21, p. 87 pour le père ; Archives de Paris VK3 42 (couverture du dossier Castel, Joseph, Hippolyte, Maurice) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/60 in dossier Lafond, Charles, Louis ; Archives nationales F/1dIII/63 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ve arrondissement, veuves et ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.