Lemors, François, Joseph
Biographie
Né le 7 juillet 1809 à Hesdin (Pas-de-Calais). Tailleur. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Le 2 avril 1848, il adressait en effet la lettre suivante à la Commission : « […] A l’honneur de vous exposer que pendant plusieurs années il fut membre de la Société des droits de l’homme, section V, quartier Marie-Stuart, dont faisaient partie les honorables citoyens Grignon et partie du manuscrit brûlée. Qu’en 1830, en combattant pour nos libertés, il a tué un artilleur partie du manuscrit brûlée dont il avait reçu un coup de sabre sur partie du manuscrit brûlée et qu’enfourchant aussitôt le cheval de cet partie du manuscrit brûlée il courut déposer les dépêches qu’elle contenait entre les mains du citoyen Laffitte. Que le 5 juin 1832, en prenant part aux combats qui ont immédiatement suivi le départ du corps de l’illustre général Lamarque il a été frappé d’une balle au-dessous de la clavicule droite. Que la nécessité, citoyen ministre, de se soustraire à l’infâme châtiment dont le gouvernement que vient de renverser le courage de ses frères n’aurait pas manqué de récompenser son ardeur républicaine, ne lui a pas permis de recueillir les certificats qui pussent établir d’une manière irréfragable ce dernier fait, qu’il pourra faire attester par une foule d’honorables citoyens, dans les rangs desquels il combattait et notamment par le citoyen Teinturier, qui quoique haut fonctionnaire au ministère des Finances, se trouvait toujours au milieu de nous lorsque nous devions livrer bataille au despotisme. Qu’aujourd’hui, citoyen ministre, il est sans aucunes ressources, père de quatre enfants en bas âge, qui n’ont d’autre soutien que son très faible travail, auquel ses blessures qui lui occasionnent encore de temps à autre de vives douleurs, ne lui permettent pas toujours de se livrer. Il s’adresse donc à vous, citoyen ministre, avec toute la confiance qu’inspire votre dévouement pour le peuple, dont vous avez toutes les sympathies, pour obtenir d’être classé parmi les citoyens qui seront honorés d’une récompense nationale et vous prier de lui faire accorder un prompt secours qui le mette à même d’attendre le jour où la Commission voudra bien récompenser les efforts qu’il a faits pour le triomphe de notre sainte cause et l’établissement de la république, à laquelle il s’est depuis bien longtemps entièrement dévoué et qu’il servit avec ardeur. » Suivait un certificat médical, signé par le docteur ...-Tripier, qui constatait « sur la poitrine l’existence d’une cicatrice circulaire, plus grande d’un tiers environ que le diamètre d’une balle de calibre vers la partie moyenne inférieure de la clavicule ». Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, chevalier de la Légion d’honneur, certifie avoir donné mes soins le 6 juin 1832, à M. Lemors, rue Marie-Stuart n° 16, qui venait d’être blessé en combattant. J’atteste qu’il a reçu un coup de feu à la partie supérieure de la poitrine du côté droit, qui a traversé, la balle sortie sous l’omoplate du même côté. Ce même blessé à été pendant vingt jours [souffrant] d’hémoptysies, d’oppression et dans état d’autant plus imminente qu’étant sous le poids de poursuites et de persécutions il ne pouvait réclamer de secours. » Signé, le 27 juillet 1848 : Lalourcey, A., médecin. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, maire de la ville d’Hesdin, arrondissement de Montreuil (Pas-de-Calais), certifions que le sieur Lemors, Joseph, tailleur d’habits, âgé de trente-neuf ans, demeurant en cette ville, est de bonnes vie et de bonnes mœurs ; qu’il s’est toujours bien conduit et qu’il n’a jamais été porté de plainte à sa charge. Le sieur Lemors a quatre enfants en bas âge ; il n’a pour ressources que le produit de son travail. Il se rend à Paris, à l’invitation du Comité d’enquête établi près la Commission des récompenses nationales. » Signé, le 24 juin 1848 : Terouanne, maire. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Le citoyen soussigné docteur médecin et maire de la commune de Marconnelle certifie que le citoyen Lemors, tailleur d’habits à Hesdin, est affecté d’une bronchite chronique accompagnée d’une toux sèche et fatigante, ce qui l’empêche de se livrer à un travail assidu. La cause première de cette faiblesse de poitrine me paraît pouvoir être la blessure dont le citoyen Lemors a été atteint. » Signé, le 20 juillet 1848 : ...-Tripier, médecin. Il fut recommandé par la Commission pour une pension de trois cents francs. Il était marié et père de quatre enfants en 1848. Il demeurait 16, rue Marie-Stuart en 1832 ; à Hesdin en 1848. Archives de la préfecture de police AA 398.