Lepesteur, Pierre

Biographie


Né le 8 germinal an VI (28 mars 1798) à Sourdeval-la-Barre (Manche), fils de Lepesteur, Julien, cultivateur, et de Lecarnu, Marie, Françoise, son épouse. Employé à l’établissement des eaux clarifiées, 24, quai des Célestins, ou logeur. Il fut blessé d’un coup de feu reçu à la jambe gauche, le 28 juillet. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Le 21 juillet 1831, le docteur Thierry, demeurant dans le quartier de l’Arsenal, délivra le certificat suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine, chevalier de la Légion d’honneur, certifie que le sieur Lepesteur, Pierre, conducteur aux eaux filtrées, s’est présenté plusieurs fois à ma consultation pour une plaie contuse à la jambe gauche, produite à ce qu’il m’a dit par un coup de feu reçu le 28 juillet 1830. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, employés à l’établissement des eaux clarifiées, quai des Célestins, 24, certifions que le nommé Lepesteur, Pierre, demeurant rue des Barres-Saint-Paul n° 20, ci-devant employé au même établissement, a été blessé le 28 juillet 1830, en combattant, par une balle reçue à la jambe gauche et que nous avons vu la blessure, un instant après. » Signé, le 23 juillet 1831 : Guiot ; Lonniey illisible (voir Launoy, Nicolas, Laurent). Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, propriétaire de l’établissement des eaux clarifiées, quai des Célestins, n° 24, certifie que le nommé Lepesteur, Pierre, demeurant rue des Barres-Saint-Paul n° 20, et maintenant garde municipal, était employé dans mon établissement lors des événements de 1830, qu’il a été obligé de se reposer pour se guérir d’une blessure reçue en combattant, ainsi que l’attestent les nommés Guyot et Launay, tous deux employés à mon établissement. » Signé, le 23 juillet 1831 : Happey. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, Jacques Coubrai, Pierre Coubrai et Jean-Baptiste Le Corneillier, tous trois demeurant à Paris, rue des Barres-Saint-Paul, 20, certifions et attestons à tous qu’il appartiendra que le sieur Pierre Lepesteur, maintenant dans la garde municipale de Paris, a été blessé dans les trois mémorables journées de Juillet pour la défense de notre liberté et qu’il s’y est distingué par le courage et par le dévouement . » Signé, 21 juillet 1831 : Coubrai, Jacques, demeurant 20, rue des Barres-Saint-Paul ; Coubrai, Pierre, demeurant 20, rue des Barres-Saint-Paul ; Le Corneillier, Jean-Baptiste, demeurant 20, rue des Barres-Saint-Paul. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 23 juillet 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu et par balle morte à la partie antérieure de la jambe gauche, blessure guérie sans infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut effectivement rangé dans la première classe de la deuxième catégorie des blessés. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il fut nommé garde municipal à cheval à la 4e compagnie du 1er bataillon de Paris, caserné rue de Tournon en 1831. Il fut ensuite nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 28e de ligne. Il prêta, le 25 juin 1831, son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Le 30 novembre 1830, il reçut de la Commission de souscription nationale, en tant que blessé et décoré, une indemnité de cinquante francs. Il reçut, en juillet 1833 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de vingt-cinq francs, à titre de décoré de Juillet. En 1833, il sollicita des secours. La préfecture de la Seine donna alors sur son compte les renseignements suivants : « […] Excellent sujet, exact et dévoué, […] son zèle à remplir ses devoirs de garde municipal lui a acquis des droits à la bienveillance du gouvernement. » Il reçut un secours de cent francs en 1834. Il reçut, en juillet 1835 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de neuf francs, à titre de décoré de Juillet. Il reçut, en juillet 1836 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de quatre francs, à titre de décoré de Juillet. En 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ou du mariage de la fille du roi, il posa sa candidature pour que son mariage fût doté par la municipalité de Paris. Le 24 janvier 1838, le maire de Sourdeval, délivra un certificat pour attester que Lecarnu, Marie, Françoise, veuve de Lepesteur, Julien était indigente « et incapable à cause de son grand âge et ses infirmités d’assurer sa subsistance et fournir à ses besoins. Il est de toute nécessité que ses enfants viennent à son aide ». Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1838, de vingt francs en 1839, de cinquante francs en 1840, de la même somme en 1844. Le 24 février 1848, sa blessure cicatrisée fut rouverte par la chute d’un énorme pavé, échappé des mains d’un autre combattant qui confectionnait avec lui la barricade de la place Saint-André-des-Arts, dressée pour s’opposer au passage de la troupe qui menaçait d’envahir le quartier. Dans l’impossibilité de continuer à tenir son hôtel garni, dont il s’occupait depuis neuf ans, il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février et sollicita un débit de tabac, un bureau de timbres ou un emploi de concierge dans un château national. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le sieur Lepesteur, Pierre, demeurant rue du Paon-Saint-André n° 4, a pris une part active aux événements de février 1848 et qu’il a été blessé en construisant des barricades, par la chute d’un pavé, place Saint-André-des-Arts. » Signé, le 29 septembre 1848 : Leroux, bottier, demeurant 3, cour de Rohan. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Pierre Lepesteur, demeurant à Paris, rue du Paon-Saint-André n° 4, a pris une part à la manifestation populaire du 24 février 1848, qui a reconquis nos libertés, en construisant des barricades place Saint-André-des-Arts, où je me suis trouvé en ce moment ; il a été blessé en ma présence par un énorme pavé échappé des mains d’un autre citoyen. » Signé, le 28 septembre 1848 : Saint-André, architecte, demeurant 16, carrefour de l’Odéon. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie m’être trouvé le 24 février 1848, avec mon ami Saint-André, place Saint-André-des-Arts et avoir vu l’accident dont a été victime le citoyen Lepesteur en construisant les barricades. » Signé, le 28 septembre 1848 : Fourez, A., architecte, demeurant 30, place Saint-André-des-Arts. Il fut proposé par la Commission pour recevoir une pension de trois cents francs. Il était père de quatre enfants. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait 20, rue des Barres-Saint-Paul en 1830 ; Caserne Tournon, au 10, rue de Tournon, en 1831-1837 (caserne Tournon à une date inconnue mais sans doute comprise entre 1837 et 1840 in Archives de Paris VI1 1, une liste de trois pages de divers décorés de la croix ou de la médaille, dépendant de divers arrondissements) ; 3, Petite-Rue de Taranne en 1839 ; 4, rue du Paon-Saint-André en 1848-1849. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 86 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, convocations des décorés à la mairie, idem cahier vert des prestations de serment ; Archives de Paris VI1 1, liste des décorés de Juillet, qui ont reçu un secours de vingt-cinq francs les 27 et 28 juillet 1833, idem 1835, Etat de répartition de la somme de quatre cents francs mise à la disposition de M. le maire du (ancien) XIe arrondissement par M. le préfet de la Seine pour être distribuée à MM. les décorés de Juillet, idem 1836, Etat de répartition de la somme de deux cents francs affectée par M. le ministre de l’Intérieur à MM. les décorés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement, idem une liste de trois pages de divers décorés de la croix ou de la médaille, dépendant de divers arrondissements ; Archives de Paris VK3 19, Etat des blessés décorés de Juillet auxquels il a été payé par la mairie du (ancien) XIe arrondissement, par décision de la Commission de la souscription nationale la gratification de cinquante francs et l’habillement évalué à soixante francs ; Archives de Paris VK3 47 ; Archives de Paris VI1 1, 1837, mariages de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers (sous le seul nom de Lepesteur) et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état de sous-officiers (sous le seul nom de Lepesteur) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/46 in dossier Bouvier ; Archives nationales F/1dIII/58 in dossier Hamel ; Archives nationales F/1dIII/63 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, supplément à la liste des indemnitaires du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes.

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