Lepeut, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 25 février 1793 à Paris. Marchand de bois et propriétaire au Pré-Saint-Gervais. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Saint-Denis (sous le nom de Lepeux, Jean-Baptiste sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 faire le changement ?). Le 6 mai 1831, il réclama auprès du ministre de l’intérieur, la croix en échange de sa simple médaille, expliquant : « C’est avec peine que je me vois forcé de réclamer auprès de vous et de vous prier d’engager la Commission des récompenses nationales à prendre un peu plus en considération les hommes qui se sont dévoués à la cause de la liberté. Je vous prie d’examiner si un homme qui s’est battu dans les mémorables journées de Juillet, qui le premier de la banlieue (malgré les menaces d’être fusillé) arbora, le 29 dans la commune du Pré-Saint-Gervais, le drapeau tricolore, qui le 1er août avait organisé la garde nationale et fait l’élection de ses chefs, qui, sacrifiant toutes les nuits de la fameuse semaine à maintenir l’ordre et exercer la plus grande surveillance sur toutes les voitures et diligences obligées de passer par cette commune par cause des barricades de Paris, fit procéder à trois élections pour remplacer un maire qui entravait la marche de cette commune et l’avait divisée en deux partis armés ; qui, le 9 août manqua d’être de nouveau assassiné pour avoir reposé le drapeau qui avait été enlevé. […] ». Sa médaille lui fut délivrée le 25 juin 1831. Le 20 mai 1848 de nouveau, auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, il rappelait sa conduite politique : « Voilà mes faits d’armes et ma vie politique. En 1814, j’ai reçu deux blessures et tué onze cosaques, je fus obligé de me sauver avec l’armée de la Loire pour ne pas être fusillé. En 1830, je me battis pendant les trois jours. J’organisai le premier la garde nationale et plantai le premier drapeau tricolore dans la banlieue. Je fus décoré de Juillet. Vous savez le mépris que l’on fit de nous. Electeur, j’usais de mon droit pour faire nommer des députés patriotes. En février 1848, toujours vedette avancée, je fis sonner le tocsin, battre le rappel. Je pris le commandement de la garde nationale et du peuple de la commune de Belleville et marchai sur le poste du Palais-Royal, que nous prîmes avec la Ve légion […]. Rendu à Belleville, j’en chassai le maire, qui avait fait démonter les batteries de deux cents fusils et les avait cachées. Je restai en possession de la mairie et fut nommé premier adjoint (au nouveau maire) par le gouvernement provisoire. Par une supercherie, dont le citoyen Ledru-Rollin ne s’aperçut pas, il nomma un maire, honnête homme mais sans énergie. Vous savez citoyen ce que j’ai fait pour l’ordre, tous les désagréments que j’ai endurés avec les ouvriers, sans ceux que j’aurai encore. J’ai été bien des fois menacé d’être pendu, chassé, pillé, brûlé, failli être assassiné et j’ai heureusement détourné le coup. J’avais encore à lutter contre le conseil municipal, où je lutte toujours ; en fait je peux dire que je suis presque seul républicain dans cette administration. C’est à mon courage et à mon énergie que je dois la vie. Ce que je vous marque est de notoriété publique. Je crois avoir fait mon devoir, en concourant de toute mon âme et sans arrière-pensée à l’établissement de la république, en ayant fait abnégation de ma vie, de ma famille et de ma petite fortune. J’attends maintenant de la république la reconnaissance qu’elle doit aux hommes dévoués qui sont tout à elle. » En juin 1848, il semblerait qu’il réprima « des désordres commis par des ouvriers des ateliers nationaux ». Le comité d’enquête auprès de la Commission des récompenses nationales donna, à son sujet, l’avis suivant : « Le citoyen Lepeut, Jean-Baptiste, maire adjoint de la commune de Belleville, y exerce la profession de marchand de bois. Sa position de fortune est très satisfaisante. Les avis sont partagés dans la commune sur l’éminence des services qu’il a pu rendre en février. Il paraît en avoir rendu de réels et au péril de sa personne, en réprimant des désordres commis par des ouvriers des ateliers nationaux, mais le citoyen Lepeut vient d’obtenir la croix d’honneur. Sa fortune le met au-dessus d’une récompense pécuniaire. On ne voit donc pas ce que la Commission pourrait faire pour ce citoyen. » Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VK3 39, département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Saint-Denis (on trouve aussi ces mêmes listes deux fois in Archives de Paris VK3 39) ; Archives nationales F/1dIII/63.