Leroy, Pierre, Joseph
Biographie
Né vers 1796 à Passy, commune qui deviendra un quartier de Paris ou à Boulogne dans le certificat de la mairie. Ancien sous-officier au 1er bataillon de la Guadeloupe, devenu blanchisseur. Il s’illustra au marché des Innocents, à la Grève et au Louvre. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il passa devant le jury le 7 janvier, sous le numéro 229. Il reçut un total de cinquante francs de secours auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Il est inscrit pour un secours définitif de cinquante francs. Il ne réussit pas à faire valoir ses droits auprès de cette Commission. Le 30 juin 1831, il sollicita auprès du ministère de l’Intérieur la Croix de Juillet, dans une lettre qui rappelait les droits qu’il pensait avoir acquis : il « a combattu dans les derniers jours de juillet et dans les premiers jours d’août dernier à Paris, […] il a déposé à la Commission des récompenses nationales les pièces constatant les preuves de courage et de dévouement qu’il avait données dans cette mémorable circonstance. […] Il sait avoir été porté pour la croix spéciale. […] Trompé dans ses espoirs […], outre les pièces déposées à la commission, le sieur Leroy possède plusieurs certificats qui constatent les services qu’il a rendus au château de Saint-Cloud et à la manufacture de porcelaine de Sèvres. L’exposant est un ancien militaire au 1er bataillon de la Guadeloupe ; il y a fait les fonctions de sous-officier ; il y compte sept années de service. Il fait partie de la garde nationale de Boulogne et il en remplit les devoirs comme tout bon citoyen doit le faire ». Il récupéra, le 23 mai 1831, les pièces qu’il avait confiées à la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je soussigné, gouverneur provisoire du château de Saint-Cloud, certifie que lorsque le 31 juillet je me suis présenté au château le sieur Le Roy, Pierre, Joseph, blanchisseur, demeurant à Boulogne, est l’un des premiers que j’ai vus et qu’il s’est conduit d’une manière digne d’éloges pendant cette journée et celles qui ont suivi. » Signé, le 26 novembre 1830 : Maréchal. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions à qui de droit qu’il est à notre connaissance personnelle que le sieur Le Roi, Pierre, Joseph, blanchisseur, demeurant à Boulogne, a coopéré en personne au résultat des glorieuses journées des 28 et 29 juillet 1830. » Signé à Paris, le 25 novembre 1830 : Lhôte, demeurant 34, rue Aubry-le-Boucher ; Barbet, sergent de voltigeurs au 1er bataillon de la VIe légion, demeurant 41, rue Aubry-le-Boucher ; Feilleux (voir ce nom), sous-lieutenant ; Bontemps, sergent de voltigeurs au 1er bataillon de la VIe légion ; Oudart, capitaine des voltigeurs ; Collin, sous-lieutenant. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie et atteste à toutes personnes qui prendront connaissance du présent que, me trouvant à Boulogne lors de notre belle révolution de 1830, j’ai été témoin le 3 août, au moment où les citoyens en colonnes se portaient sur Rambouillet, que M. Pierre, Joseph Leroy a saisi ses armes et est parti à travers champs pour rejoindre l’armée qui suivait la route de Sèvres. Je déclare en outre avoir été témoin de son retour le surlendemain 5 août alors qu’il est rentré chez lui harassé de fatigue. » Signé, le 28 juin 1831 : Lecomte, demeurant 5, rue d’Ulm, chasseur à la 2e compagnie du 2e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je soussigné, agent spécial de la Manufacture de porcelaine de Sèvres, certifie et atteste à tous ceux qu’il appartiendra que le nommé Pierre, Joseph Le Roy a été employé à la garde du château de Saint-Cloud les 30 juillet et 1er août 1830 et qu’ne cette qualité il m’a apporté une ordonnance du gouverneur provisoire des châteaux de Saint-Cloud, Meudon et de la manufacture de Sèvres, ayant pour but de connaître la situation de la manufacture à cette époque. » Signé, à Sèvres, le 27 juin 1831 : ...amin illisible. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « […] concierge du château de Saint-Cloud, certifie que le sieur Leroy, Pierre, Joseph, âgé de trente ans, demeurant à Boulogne, s’est empressé de se rendre au château de Saint-Cloud lors de l’invasion dudit château, le 31 juillet 1830, que le sieur Leroy s’est opposé de tout son pouvoir au pillage, qu’il s’est mis en faction dans les grands appartements dudit château, où il a passé la nuit, qu’il a contribué à rétablir l’ordre en aidant à faire évacuer l’intérieur dudit château par les malveillants qui s’y étaient introduits, qu’enfin dans cette journée le sieur Leroy s’est comporté comme un bon et brave citoyen. » Signé, au château de Saint-Cloud, le 27 juin 1831 : Coquelin ; Percier, capitaine des grenadiers ; illisible, lieutenant ; Dupuis. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Nous, adjoint au maire de Boulogne, département de la Seine, certifions qu’il ne nous est parvenu aucune plainte sur le compte de Leroy, Pierre, Joseph, blanchisseur, né en cette commune et y demeurant avec sa femme et ses trois enfants. » Signé, le 5 août 1831, Legrand, adjoint au maire. Il demeurait 19, Grande-Rue à Boulogne (Seine) en 1831 ; présentement à Alger en 1831 in Archives de la préfecture de police AA 398. Archives de Paris VK3 47 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis (sous le nom de Leroy, Pierre, J.) ; Archives nationales F/1dIII/63 ; Archives de la préfecture de police AA 398.