Lestrille dit Perroud, Jean-Baptiste
Biographie
Artiste dramatique. Il sollicita, en 1834, la Croix de Juillet parce qu’il avait « comme ami de l’ordre et des libertés, pris les armes pendant les journées des 27 et 28, et que le 28 à 6 heures du soir, il fut blessé à la main gauche ». Il écrivait être l’auteur de ces – très mauvais – vers, les premiers qu’il avait composés et chantés dans Tony, un vaudeville du Théâtre des variétés :
»On m’a dit aussi qu’à Paris,
»Un roi qui n’est point un génie,
»Fit des jésuites ses amis :
»Est-ce donc aimer sa patrie ?
»Son peuple il a fait mitrailler
»Voulant qu’on tremble à son approche ;
»Ce roi sans être pâtissier,
»A fait une fière brioche. »
Les seconds, qu’il avait ajoutés, le 16 août 1830, en jouant le rôle du vicomte de la Morlière :
(Air de Turène)
»Oui, j’en conviens il faut que je le dise,
»Rien n’est plus louable je crois,
»Que le régime où règne la franchise,
« La charte avec ces belles lois,
»Elle fut aux Français donnée
»Par un Louis le modèle des grands
»Et de nos jours un Louis-Orléans
»Du tombeau l’a ressuscitée. »
« La mémoire d’un savant, le bonheur d’être gouverné par un sage et l’amour de ma patrie, m’ont inspiré ces vers », ajoutait-il. On trouve dans Petite biographie dramatique, silhouette des acteurs, actrices, chanteurs, […] des théâtres de la capitale, par Guillaume Le Flaneur (pseudonyme de Vilain de Saint-Hilaire), paru chez Lemonnier à Paris en 1821, p. 198 ce jugement à son égard : « PERROUD, Artiste du Théâtre de l’Odéon. – Equum solve senescentem. Perroud n’entend peut-être pas Horace ; je lui dirai donc en sa langue naturelle : Demandez votre retraite ; vous pouvez vous retirer encore avec les honneurs de la guerre, bientôt il ne sera plus temps. Allons, Perroud, du courage, de la fermeté. Obtenez un emploi à la caisse. On dit que vous entendez le maniement des finances. MM. les sociétaires y gagneront, nous aussi. » Il demeurait 14, rue des Arcis en 1830 ; 14, rue de la Désirade à Bordeaux (Gironde) en 1834. Archives nationales F/1dIII/63.