Leterrier, Nicolas, Léonard, dit Desjardins
Biographie
Né vers 1802 ou 1803 à Paris (ancien) XIIe arrondissement. Peintre doreur. Il s’illustra dans la rue Saint-Antoine et au pont d’Arcole. Il est inscrit sur les listes de la mairie du (ancien) IXe arrondissement comme n’ayant reçu aucun secours de la part de cette même mairie. Il ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés déclarent connaître et certifier à qui de droit que le sieur Leterrier (dit Desjardins), ex-caporal au 6e léger, demeurant passage Saint-Pierre n° 11, (ancien) IXe arrondissement, s’est porté en armes pour la défense publique dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier. Il a fait en outre partie de l’expédition sur Rambouillet, où il était affecté au service de l’artillerie et qu’il s’est distingué aux affaires de la ville [lire de l’Hôtel de ville, N.D.A.] et de la rue Saint-Antoine. » Signé, le 31 août 1830 : Vigot ; Baron ; Mercier, doreur sur bois, demeurant 13, passage Saint-Pierre ; Lemaire, demeurant 32, rue Saint-Paul. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le sieur Leterrier dit Desjardins s’est trouvé avec moi au pont d’Arcole le 27 au soir et le 28. Le 29, les premiers nous avons avec le capitaine Poulliote mis sur pied la 9e légion ; de là nous avons été, accompagné de M. Cronier, maire du (ancien) IXe arrondissement à la ville (lire à l’Hôtel de ville, N.D.A.), où nous l’avons abandonné pour aller à la défense du Louvre puis à l’Archevêché sous les ordres du capitaine Lesieur. » Signé : Folleville illisible. Suivait l’attestation suivante : « Devant nous, commissaire de police de la ville de Paris, quartier de l’Arsenal, sont comparus les sieurs Boulard, Edme, Joseph, serrurier, passage Saint-Pierre n° 8, et Mercier, Louis, Parfait, doreur sur bois, demeurant même passage n° 13, lesquels nous ont déclaré et attesté sur leur responsabilité personnelle que les faits énoncés des autres parts étaient sincères et véritables, comme aussi le domicile et la moralité dudit sieur Leterrier, passage Saint-Pierre n° 11. » Signé, le 31 août 1830 : Boulard, Edme, Joseph, serrurier, demeurant 8, passage Saint-Pierre ; Mercier, Louis, Parfait, doreur sur bois, demeurant 13, passage Saint-Pierre. Leterrier était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Il fut arrêté, le 25 février 1834, avec plusieurs autres personnes, toutes sur la place de la Bourse et dans les rues adjacentes. La liste des personnes arrêtées, les charges retenues à leur encontre et les explications que celles-ci donnèrent pour se défendre des accusations portées contre elles furent ainsi établies selon le procès-verbal rédigé suite à cette affaire : Maigrot, Laurent (ou Maigrant, Laurent), né vers 1809 à Dijon (Côte-d’Or), compositeur d’imprimerie, demeurant 65, rue de la Harpe : a refusé de se retirer de la place de la Bourse après les sommations et a fait résistance à la garde ; il a allégué qu’il était en ribote. De Beaumont, Henry, Lucain, né vers 1816 à Chaillot, garçon épicier, demeurant 17, rue Bergère : même motif que les précédents et injures envers la garde municipale, en disant qu’elle était dégoûtante à voir ; il a dit qu’il avait cédé à un mouvement de vivacité. De Doyen, Albert, Théodore (aussi sous le nom de Doïen, Albert, Théodore en 1848), né vers 1801 à Donnemarie (Seine-et-Oise), serrurier, demeurant 33, rue des Saints-Pères [indiqué en 1848 comme demeurant 5, rue Saint-Guillaume, et alors arrêté sans papiers] : injures envers des sergents de ville, qu’il a traités de mouchards, brigands ; il a prétendu que ceux-ci lui avaient porté un violent coup de canne. De Brizard, Théodore, né vers 1796 à Viroflay, blanchisseur, demeurant à Chaillot : a forcé la consigne d’un garde municipal, qu’il a injurié ; il n’a pu se justifier convenablement. De Leterrier, Nicolas, Léonard, né vers 1802 à Paris, doreur sur bois, demeurant 1, rue du Marché-Sainte-Catherine : a refusé de se retirer après les sommations ; il a dit qu’il ne les avait pas entendues. De Segrestin, Adolphe, né vers 1811 à Saumur, commis, demeurant rue et hôtel Montesquieu : a insulté un garde municipal qui lui avait marché sur le pied ; a avoué ses torts. De Lecaër, Jean-Louis, né vers 1806, à Dijon (Côte-d’Or), demeurant 13, rue du Four-Saint-Honoré : faisait partie d’un groupe et était porteur d’un instrument long semblable à un bout de fleuret emmanché dans un bois de hêtre ; il a répondu qu’il avait été attiré par un sentiment de curiosité et que l’instrument est un outil de son état. De Gérard, Marie, Etienne, né vers 1814 à Paris, serrurier, demeurant 82, rue de Lourcine : faisait partie d’un attroupement d’où l’on lançait des pierres sur la troupe après que les sommations ont été faites ; il tenait une pierre dans sa main quand il a été arrêté ; il a nié le jet et prétend qu’il se retirait. De Boulvin, François, Denis, né vers 1808 à Marizy-Sainte-Geneviève (Aisne), garçon marchand de vin, demeurant 44, rue Notre-Dame-des-Victoires : arrêté dans la boutique de son maître (le sieur Quillié) pour avoir souffleter un sergent de ville ; il a allégué qu’il s’était porté à cet excès parce que ces sergents de ville étaient venus maltraiter le sieur Quillié dans sa boutique parce que ce dernier n’avait pas voulu les laisser se réfugier dans sa boutique. De Baye, François, Nicolas, né vers 1813 à Paris, fabricant de chapeaux, demeurant 53, rue Beaubourg : faisait partie d’un rassemblement ; il a dit qu’il avait été entraîné par le torrent. De Lazare, Léon, né vers 1815 à Lunéville (Meurthe), gantier, demeurant 259, rue Saint-Martin : arrêté sur le boulevard avant le théâtre des Variétés pour violation de consigne ; il a nié ce fait. De Leroy, Auguste, Constant, né vers 1816 aux Andelys (Eure), bijoutier, demeurant 34, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie : a refusé de se retirer après les sommations ; il a dit que l’affluence de monde l’empêchait de se retirer ainsi qu’il le voulait. De Lorentz, Léon, Eugène, né vers 1816 à Mancey ou Nancy, commis négociant, demeurant 1, rue du Sentier : insulte envers la garde municipale et refus de se retirer après les sommations ; il prétend qu’il n’a dit qu’une observation. Gérard, Guillaume, François (voir ce nom), né vers 1804 à Foville-en-Caux (Seine-Maritime), menuisier, demeurant 2, rue du Puits : même motif que le précédent ; il a nié les faits. De Pequet, Victor, né vers 1816 à Paris, bijoutier, demeurant 68, rue Saint-Lazare : même motif que le précédent ; il a nié les faits. De Bastien, Antoine, François, né vers 1795 à Paris, charron, demeurant 15, rue de Bréda : déjà condamné à dix jours de prison le 3 janvier 1821 (ou 1831 ?) pour voies de fait ; a tenté de désarmer un garde municipal et porté un coup de couteau à un inspecteur ; il a dit qu’il avait seulement détourné la baïonnette d’un fusil qui était dirigé sur lui sans en savoir le motif puisqu’il n’avait eu aucune altercation avec aucun agent ni garde et a nié avoir tenu un couteau. De Clémency, Charles, François, né vers 1809 à Thionville (Moselle), peintre, demeurant 77, rue du Faubourg-Montmartre ; déjà arrêté le 17 juin 1831 pour violence envers les agents de la force publique et condamné à cinq jours de prison le 23 juin ; signalé par deux rapports comme un des principaux perturbateurs et comme s’étant mis à la tête d’un rassemblement qu’il excitait à la rébellion contre la garde municipale afin de faire évader un individu qu’elle conduisait au poste de la Bourse et ayant lancé une grosse pierre qui est tombée sur la croupe du cheval du brigadier Prent, qui a failli être renversé ; il a adopté un système de dénégations. De Bertholorme, Jean-Baptiste ou Bertholorne, Jean-Baptiste, né vers 1815 à Gisors (Eure), tailleur, logé en garni 5, rue du Petit-Carreau. Faisait partie d’un groupe qui fuyait en criant A bas les mouchards ! Il a dit qu’il traversait tranquillement la place de la Bourse et qu’il a été entraîné par le torrent. De Chalmandrier, Claude, né vers 1809 à Aubépine (Haute-Marne), employé chez un jurisconsulte, demeurant 16, rue Meslay : a injurié un garde municipal qui refusait de le laisser passer ; il était porteur d’une cravache ; il prétend que l’injure qui lui est imputée est une observation qu’il faisait au garde. De Bragonier, Emile, né vers 1810 à Paris, horloger en chambre, demeurant 39, rue de Montmorency : s’est livré à des voies de fait envers les agents qui, après les sommations, faisaient évacuer la place de la Bourse ; il dit qu’il était très inostensible lorsque des agents lui ont assené des coups de canne. De Legraverend, Pierre, né vers 1787 à Paris, crieur public, demeurant 12, rue Saint-Julien-le-Pauvre ; déjà condamné le 4 octobre 1833 à vingt-quatre heures de prison le 24 octobre 1833 ; surpris rue Montmartre, distribuant le journal le Bon Sens, vingt-huit exemplaires ont été saisis ; a allégué qu’il était ivre et ne se souvient pas de ce qu’il a fait. De Datt, Louis, né vers 1799, de Vaubuen (Aisne), cocher de remise, demeurant 73, rue du Faubourg-Montmartre : même motif que le précédent et même réponse ; cinquante-six exemplaires ont été saisis. De Joseph, Amable (voir Joseph, Amable, Antoine), né vers 1783 à Chappes (Puy-de-Dôme), crieur public, demeurant en garni 10, rue Geoffroy-Lasnier ; il était avec Legraverend et a fait la même réponse. De Houllier, Isidore, Stanislas, né vers 1813 à Paris, ex-crieur, demeurant 3, rue des Vertus ; arrêté sur la place de la Bourse, distribuait le journal le Bon Sens et avait occasionné un attroupement considérable. De Lecomte, Jules, né vers 1812 dans le Pas-de-Calais, rédacteur au journal Le Navigateur, demeurant 4, rue des Pyramides, arrêté pour insultes envers M. Lafontaine dans l’exercice de ses fonctions. Son arrestation fut l’objet du procès-verbal suivant : « Avait été arrêté hier par mes ordres pour insulte envers moi dans l’exercice de mes fonctions lors du service que je faisais sur la place de la Bourse. Je l’ai interrogé aujourd’hui et il résulte de ses explications que les paroles prononcées par lui au moment de son arrestation ne m’étaient pas adressées mais bien à la canne que je portais. Ces explications m’ont paru de bonne foi et j’ai cru devoir le relaxer, avec d’autant plus de raison qu’il était réclamé par un employé du ministère de la Marine et qu’il m’a fait toutes les excuses possibles. » Signé, le 24 février 1834 : Lafontaine, commissaire de police. De Chomeau, Adrien, demeurant hôtel de Suède, rue du Bouloy, relaxé par ordre du préfet. De Maugé, Jean-Baptiste, Vincent, né vers 1816 à Amiens (Somme), formier, demeurant 6, rue des Mauvais-Garçons : arrêté sur la place de la Bourse par l’officier de paix Figat, qu’il suivait depuis une heure ; il a été relaxé par M. le commissaire Bouilhon. Leterrier demeurait 11, passage Saint-Pierre dans la rue Saint-Antoine en 1830-1831 (mais aussi 20, rue de la Vannerie in Archives de la préfecture de police AA 398) ; 1, rue du Marché-Sainte-Catherine en 1834 ; 22-24, rue du Battoir en 1848. Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (sous le seul nom de Leterrier) ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 2e catégorie, pensions ; Archives de la préfecture de police AA 398 ; Archives de la préfecture de police AA 422, année 1834, dossiers collectifs 3 février-27 décembre 1834 (549 à 793.