Leterrier, Louis, Antoine
Biographie
Né vers 1798 à Carentan (Manche). Fils d’un ancien officier militaire sous la Révolution, lui-même négociant représentant diverses maisons de commerce depuis 1820, demeurant souvent à Marseille, il se trouvait à Paris en juillet 1830. Il participa aux combats mais, étant retourné rapidement après à Marseille, il ignora le travail de la Commission des récompenses nationales. Le 1er août 1831, il sollicita auprès d’elle la décoration de Juillet. Il rappelait ainsi sa participation à la révolution : « […] J’arrivai à Paris la veille des ordonnances. Je logeais place des Italiens n° 1, chez M. Desmarais, dentiste, mon ami. Dès que des voies de fait commencèrent au bureau du National, je me hâtai de me procurer de la poudre et des balles et, bientôt, nous fûmes en mesure de contribuer à résister à l’oppression. Nous passâmes comme tout le monde la journée du 27 dans la plus vive anxiété ; dès le 28 au matin, je partis avec mon ami, son frère et quatre autres personnes qui passaient armées ; pendant assez longtemps, nous parcourûmes seuls diverses rues. Ayant tout à craindre par suite de la proclamation de Marmont, à la fin nous formâmes un noyau qui enleva divers postes et sentinelles, et notre première attaque sérieuse eut lieu rue des Prouvaires, où mon ami Desmarais fut tué, sans que je puisse même m’occuper de lui autrement que le venger. Vous savez, messieurs, ce qui s’est passé depuis ce quartier jusqu’à celui de l’hôtel de ville. J’y combattis constamment, le soir j’essayai de rentrer chez moi donner de mes nouvelles et remplir auprès de la famille Desmarais mon pénible devoir. Tout Paris était gardé. La seule place des Italiens ne l’était pas, quoique ouverte de cinq côtés. J’étais harassé de fatigue mais je n’hésitai pas à me mettre en faction et j’y passai la nuit entière. Les employés du National peuvent l’attester car ils élevèrent même leurs lampes pour me procurer un peu de clarté. Ce fut également moi qui fis placer au Théâtre des Italiens le drapeau tricolore. Tout le quartier l’affirmera, ainsi que le zèle avec lequel la place fut gardée. Le 29, j’étais à la rue de Rohan, au Louvre, aux Tuileries. Le 30, j’écrivis au gouvernement provisoire sous le couvert de M. Laffitte que je ne supposais pas ma tâche remplie, que voyageant dans le Midi depuis dix ans et habitant souvent Marseille depuis cinq, j’y étais en relation avec le commerce en général, ce pays pouvait éprouver quelque bouleversement, j’offris de me charger de toute mission dont on me jugerait capable et de partir immédiatement, sans aucun appointement. » Il lui fut répondu par la circulaire faisant valoir que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés et qu’il ne pouvait, en conséquence, pas être donné suite à sa demande. Il demeurait 4, rue Sainte à Marseille (Bouches-du-Rhône) en 1831. Voir Maitron ? Archives nationales F/1dIII/63.