Liébert, Charles, Firmin, Henry

Biographie


Né le 23 février 1802 à Breteuil (Oise). Ancien sous-officier de cavalerie, venant de quitter son régiment en juillet 1830, il offrit de servir d’ordonnance à Dequevauvillers, colonel provisoire commandant en chef de la Xe légion de la garde nationale, organisée sitôt après la révolution. Il le servit pendant la première quinzaine d’août et Dequenauvillers, le 12 novembre 1839, alors lieutenant- colonel de la Xe légion, devait d’ailleurs lui délivrer le certificat suivant : « Je certifie qu’après les journées de juillet 1830 lorsque je fus colonel provisoire de la Xe légion que j’organisais, M. Liébert, sous-officier de cavalerie, venant de quitter son régiment, m’offrit de me servir d’ordonnance pendant tout le temps que je pourrais avoir besoin de lui. J’acceptai ses offres et je l’employai comme ordonnance pendant la première quinzaine du mois d’août, durant laquelle je conservai le commandement en chef de la légion. Il me fut fort utile, soit dans mes fréquents rapports avec l’état-major général soit pour la prompte transmission de mes ordres aux nombreux postes que j’avais établis dès le 30 juillet dans mon arrondissement. Je n’ai eu qu’à me louer de son intelligence, de son zèle et de son dévouement. » Liébert épousa, le 20 janvier 1834 à Metz (Moselle), Fox, Anne, Claire, veuve de Millon, Louis, Charles, cabaretier, mort du choléra, et déjà mère de quatre enfants, tous nés à Metz : Marie, le 12 juillet 1826, Michel, Charles, le 2 juillet 1828, Antoine, le 6 novembre 1830, et Joseph, né le 22 mars 1833, après la mort de son père. Millon, Louis, Charles et Fox, Anne, Claire s’étaient mariés le 21 décembre 1825 à Metz. En 1842, veuf d’Anne Fox, et élevant ses quatre beaux-enfants, Liébert fit une demande de secours. Au début de 1844, renversé par un omnibus, l’épaule luxée et n’ayant pas pu travailler durant six mois, dépourvu de tout, un seul de ses beaux enfants travaillant, il sollicita de nouveau des secours. En 1843-1844, il était concierge au 2, rue Monsigny et faisait des adresses pour le compte de Serrais, 24, rue du Bouloy, cour des Fermes. Les renseignements de police le disaient « bien représenté sous tous les rapports » mais dans une position peu heureuse. Dans ses demandes de secours, il ne manquait pas de toujours avancer son entier dévouement au roi, précisant parfois comme en 1842 : « […] Je vous suis toujours dévoué, sire, comme je vous l’étais en 1830 ; ma vie est toute à vous ; les quatre jeunes enfants dont je suis le beau-père sont élevés dans les mêmes sentiments que moi. » Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Par une lettre en date du 8 mars 1848, il sollicitait ainsi un emploi : « […] Comme je suis comptable et que je fus quinze ans dans la cavalerie, que j’étais aussi bon écuyer que comptable, m’étant livré aux deux choses, je vous prie, si vous voulez que je sois utile à notre jeune et brillante république, de me nommer où me faire nommer dans la garde urbaine (la cavalerie). Je connais mon métier, j’étais bon sous-officier au 2e régiment de lanciers, j’aurai pu y faire un bon officier mais d’avoir toujours été opposé à ce gouvernement que nous venons de foudroyer cela a empêché mon avancement et je fus renvoyé par décision ministérielle pour mon grade au 3e escadron du train d’artillerie avec recommandation de me surveiller. Je suis encore solide, je puis encore faire quinze ans de bon service pour la patrie, je puis donner des leçons d’équitation à notre jeune garde urbaine […]. » Il était porteur de deux certificats. Le premier certificat, un certificat de Belly, V. (illisible), qui attestait la vérité des faits contenus dans la lettre de Liébert et « qu’un ou plusieurs messieurs sont entrés au bureau de l’état-major et ont demandé les clefs du magasin d’armes. Réponse fut faite qu’elles avaient été emportées par un monsieur chargé de la surveillance desdites armes. C’est alors que des ordres furent donnés pour enfoncer la porte ». Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, déclarons nous être trouvés le 24 février sur la place du Palais-Royal, au moment où les postes occupés par la garde municipale et l’infanterie ont été pris par le peuple, et que nous avons remarqué le citoyen Liébert, en tête d’une trentaine d’hommes qu’il commandait, et de l’avoir vu combattre avec acharnement. Le courage de ce citoyen nous ayant frappés, nous nous sommes ralliés à lui et rangés sous ses ordres, après avoir essuyé la fusillade pendant près d’une demi-heure. Il nous a conduits au poste de l’état-major de la garde nationale (place du Carrousel), où, étant, il est entré dans l’une des salles qu’il a fait enfoncer et a fait lui-même la distribution des armes qui s’y trouvaient à toute la foule qui le suivait, en lui criant : Des armes ! des armes ! » Signé, le 17 mars 1848 : Salvetat, E. ; Lefêvre, Charles. Par une nouvelle lettre, en date du 16 novembre 1848, il sollicitait un secours, « me trouvant avoir épuisé toutes mes ressources, étant sans occupation depuis longtemps, ayant même été plus loin que je n’avais puisque force a été que j’engage le peu que j’avais pour subvenir à vivre ainsi que ma jeune famille », expliquait-il. Il fut recommandé par la Commission pour une mention honorable à paraître dans le Moniteur. Il demeurait 24, rue du Bouloi, cour des Fermes chez M. Serrais en 1842 ; 2, rue Monsigny (aussi le certificat signé de Belly lui fut envoyé rue du Hasard-Richelieu, n° 1 ou 9 illisible) en 1843-1848. Archives nationales F/1dIII/64 ; Archives de la préfecture de police AA 399.

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