Livernet, Pierre, Nicolas

Biographie


Né le 1er novembre an IV (sic) à Courtry (Seine-et-Marne). Marchand de vin. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il fit en effet parvenir, le 4 avril 1848, la lettre suivante à la Commission : « […] J’ai toujours eu des idées républicaines. En 1830, au 28 juillet aussitôt que le bruit du canon s’est fait entendre, j’ai quitté le travail des champs à Croutry près Montfermeil et suis venu en aide aux Parisiens, avec mon fusil de chasse pour tout arme (fusil à deux coups). Bon tireur, j’ai engagé la fusillade à l’Hôtel de ville contre la garde royale et le 29 j’ai participé à la prise des Tuileries dont je ne suis parti que le 30 pour rentrer dans mes foyers. Je n’ai sollicité aucune récompense. Le 23 février [1848, N.D.A.] à 9 heures et demie, je suis descendu de Montmartre à Paris et me suis dirigé sur le quartier Saint-Martin. Au coin de la rue des Gravilliers, se trouvait une compagnie de gardes municipaux qui faisait feu. Là, j’ai apporté de la porte Saint-Martin cent onze paquets de cartouches dans un sac à blé, lesquelles m’avaient été remises par un citoyen près du boulevard et je les ai distribuées aux trois barricades de la rue des Gravilliers et de celles adjacentes. J’étais alors sans arme et me suis mis à faire des barricades près de la rue Beaubourg. J’ai été fait prisonnier par les municipaux et conduit au poste qu’ils avaient établi au boulevard Saint-Denis. Nous étions environ vingt-cinq. Rendu à la liberté vers 6 heures du soir, je suis rentré chez moi mais à 4 heures du matin, le 24, je suis redescendu à Paris, et je me suis, avec deux de mes amis, dirigé sur la place Cadet où nous avons fait trois barricades. De là, nous sommes allés une centaine et plus à la caserne Poissonnière, où nous fûmes rejoints par une grande quantité de patriotes. On nous remit des fusils. Nous nous sommes portés sur le Palais-Royal. La garde nationale ayant fait demi-tour et nos trouvant commandés par deux élèves de l’Ecole polytechnique, nous avons engagé le feu avec le poste du château d’eau, d’où je suis reparti vers 1 heure pour me diriger sur les Tuileries, où je suis resté jusqu’à 3 heures. Citoyens, si vous jugez que j’ai bien mérité de la patrie et que j’ai droit à une récompense, ce serait justice mais au cas contraire mes sentiments n’en seront pas moins ceux d’un républicain. Les soussignés ci-dessous peuvent attester et justifier les faits ci-dessus mentionnés. » Suivaient les signatures de : Michel, Jean, menuisier, demeurant 5, rue des Vinaigriers à Montmartre ; Parvillée, architecte, demeurant 5, rue des Vinaigriers à Montmartre ; Salle, demeurant rue des Couronnes à La Chapelle-Saint-Denis ; Grenet, demeurant 45, rue Vivienne (pour ce qui concernait la place du Palais-Royal, précisait-il) ; Regnier, Clovis ; Gautier, demeurant 26, chaussée Clignancourt à Montmartre. Il fut recommandé par la Commission pour une place de garde forestier et pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 2, rue des Vinaigriers à Montmartre en 1848. Archives de la préfecture de police AA 399.

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