Lobrot, Antoine

Biographie


Sur la recommandation de la Commission des récompenses nationales, il fut nommé courrier des Postes à Paris. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare que le sieur Antoine Lobrot, ex-conducteur aux Messageries de l’Hirondelle, actuellement courrier aux malles postes, nommé par la Commission des récompenses nationales, a fait preuve de patriotisme et de courage dans les mémorables journées de Juillet, qu’ayant pris une part active sur les champs de carnage tant par sa valeur que par le bon ordre qu’il s’est efforcé de maintenir, il mérite de nouveau l’attention et la bienveillance du gouvernement. J’atteste que sa probité et son courage me sont parfaitement connus. » Signé, le 1er juillet 1831 : Fessard (voir Fessard, Nicolas, Victor), électeur, demeurant 30, rue des Deux-Ecus (quartier de la Banque de France). Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je connais depuis longtemps M. Lobrot, courrier de la malle postes comme un homme dévoué dans toutes circonstances à son pays. Dans les jours de Juillet, il prit une part active au combat. Il mérite sous tous les rapports l’attention et la bienveillance du gouvernement ; sa loyauté, sa probité peuvent être hardiment attestées et me sont parfaitement connues. » Signé, le 30 juin 1831 : Netzer (voir peut-être Netzer, Jacques, Peuplier ?), demeurant 31, rue Bourg-Labbé. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Lobrot, conducteur au Messageries, maintenant courrier aux malles postes, nommé par la Commission des récompenses nationales qu’il a si justement mérité tant sur la place des Victoires où Raguse faisait faire feu, selon sa propre expression, sur l’infâme peuple que je commandais. Il m’a accompagné sur la place des Italiens, où également il a fait preuve de courage. De là, il partit pour se rendre à la place de l’Odéon par mon ordre, où il s’est réuni aux jeunes gens de l’Ecole polytechnique et aux étudiants en droit pour enlever la caserne de Babylone, où il s’est distingué. Ce brave, sous tous les rapports, mérite la décoration de Juillet. » Signé, le 2 juillet 1831 : général Dufour (voir ce nom), commandeur de la Légion d’honneur. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, chirurgien aide-major au 13e régiment de ligne, promu sur la proposition de la Commission des récompenses nationales, certifie que le sieur Lobrot, courrier aux malles postes, nommé sur la proposition de la Commission des récompenses nationales, s’est comporté le 27, le 28 et le 29 juillet 1830 en homme de cœur et surtout a fait preuve d’un dévouement remarquable. Toute la journée du 28, il combattit dans la rue Saint-Honoré et à la Grève. Le 29, nous étions ensemble à la caserne de Babylone ; il fut un de ceux qui en incendièrent la porte. Il était à mes côtés quand je tombai frappé d’une balle et fut un des premiers qui se précipitèrent dans ladite caserne. Il contribua, les jours suivants, au maintien du bon ordre, fit partie de l’expédition qui se porta sur Rambouillet. Sur sa demande, je me plais à lui renouveler ce témoignage d’estime ; son civisme et sa conduite irréprochable me font sincèrement désirer qu’il lui soit utile. » Signé à Besançon, le 21 juillet 1831 : Morin, Léon (voir ce nom). Léon Morin, en lui délivrant ce certificat lui avait cependant adressé la lettre suivante : « Mon cher Lobrot, bien que la lettre que vous m’avez écrite en date du 1er courant n’ait éprouvé aucun retard, je me suis néanmoins trouvé dans l’impossibilité de vous répondre ; une fièvre grave me retient depuis un mois à l’hôpital. Je saisis un jour de mieux pour le faire. J’applaudis au désir que vous manifestez d’obtenir la Croix de Juillet : vous l’avez méritée et je comprendrais difficilement qu’elle pût vous être refusée. La promotion que vous avez obtenue dans les postes, à tire de récompense nationale, comporte de droit la décoration et je me rappelle avoir entendu M. Guyot dire, il y a sept mois, que toutes les personnes appelées par la Commission à remplir tel ou tel emploi la recevraient comme titre justificatif de la récompense qu’ils auraient obtenue. Je ne puis vous envoyer un certificat tel que vous me le demandez. Je ne ferai point pour vous ce à quoi je n’ai pas daigné condescendre pour moi-même. Ma santé me permît-elle d’aller faire des révérences et quêter des apostilles, vous figurerez-vous que ce sont celles de personnes qui ne se trouvaient pas avec nous que j’irais réclamer ? Eux, absents de Paris, comment pourraient-ils garantir la véracité des faits que je mentionnerais dans ce certificat que je vous destine et moi j’irais leur en faire la proposition, n’en parlons plus. Loin de nous l’idée de démarches que ne légitime pas le respect que je professe pour moi-même. Les gens qui vous ont conseillé ces démarches peuvent les trouver fort naturelles mais leur morale facile se trouvera rarement d’accord avec la mienne. Si au mois de septembre dernier ma signature a paru digne de foi à M. Guyot et s’il est vrai que le motif réel pour lequel on vous refuse cette décoration c’est la perte du certificat, vous en trouverez ci-joint un nouveau, il mentionnera les mêmes faits, la bouche qui les exprime est également pure, qu’il soit heureux comme l’autre, il est également digne de confiance. En démentant ses propres actes, la Commission tendrait à les avilir. Je suis extrêmement sensible au souvenir amical que M. Lay et son aimable famille veulent bien conserver de moi. Faites-leur agréer l’assurance de ma sincère affection. » Signé à Besançon, le 21 juillet 1831 : Morin, Léon. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare que le sieur Lobrot, Antoine, courrier aux malles postes (nommé par la Commission des récompenses nationales), s’est distingué d’une manière particulière dans les journées de Juillet, qu’après s’être battu héroïquement il a concouru de toutes ses forces au maintien du bon ordre, tant par son exemple que par ses exhortations. Sa vie privée m’est parfaitement connue, exempte de blâme et digne de louanges sous tous les rapports. Je lui délivre avec plaisir le présent, pour lui servir ce que de raison. » Signé, le 2 juillet 1831 : Hardy (voir ce nom), sapeur à la IVe légion, demeurant 23, rue des Deux-Ecus. Il demeurait 4, rue de Bercy à Bercy (Morin, Léon lui envoya aussi sa lettre au 30, rue des Deux-Ecus chez Fessard) en 1831. Archives nationales F/1dIII/33 état des candidats recommandés par la Commission des récompenses nationales, qui ont obtenu des emplois dépendant du ministère des Finances (sous le seul nom de Lobrot) ; Archives de la préfecture de police AA 399.

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