Loiret département du
Biographie
Les circonstances dont s’entoura la révolution de Juillet, dans le département du Loiret, fit l’objet d’un courrier, en date du 7 décembre 1831, du ministre de la Guerre adressé au ministre de l’Intérieur : le premier faisait parvenir au second une lettre du général Roche, commandant le département du Loiret et à laquelle se trouvaient joints un rapport historique sur les journées de juillet 1830 à Orléans et un état nominatif des citoyens qui, dans cette circonstance, s’étaient distingués par leur patriotisme [ces deux pièces sont absentes du dossier] En date du 12 janvier 1832, le préfet du Loiret faisait savoir au président du Conseil et ministre de l’Intérieur que la Commission n’avait eu à examiner que deux demandes [sans qu’il en reste de trace dans le dossier] et ajoutait : « Elle a rendu hommage à la conduite de la population orléanaise, au courage de la garde nationale du département mais elle a décidé avec sagesse que tous ayant rempli les devoirs de bons citoyens, il n’y a pas lieu de décerner de récompense spéciale à quelques-uns seulement. » Le procès-verbal des décisions prises par la Commission des récompenses nationales pour le département du Loiret était ainsi rédigé : « Le 24 décembre 1831, sur la convocation de M. Saulnier, préfet du Loiret président, se sont réunis en l’hôtel de la préfecture : MM. Hême, maire d’Orléans ; Hubert Grignon, négociant ; Marchand, procureur du roi ; Janse, négociant ; Légier, avocat, adjoint à la mairie ; Courtois, notaire ; Dupuis fils, avocat ; tous membres du Conseil municipal d’Orléans. Monsieur le préfet les a prévenus qu’il les appelait auprès de lui afin de former une Commission dont il allait leur indiquer le motif, et il leur a exposé qu’une ordonnance du roi en date du 10 novembre 1831 a étendu les dispositions de la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales aux communes qui se seraient distinguées par des actes de résistance aux ordres arbitraires du gouvernement déchu lors des événements de Juillet ; que plusieurs citoyens du département du Loiret avaient adressé des réclamations tendant à obtenir ces récompenses. Qu’il avait en conséquence été autorisé par M. le président du Conseil, ministre de l’Intérieur, à former, dans le sein du conseil municipal d’Orléans, une Commission des récompenses nationales chargée de statuer sur les titres des réclamants. Qu’il avait donc, par arrêté du 20 décembre dernier, nommé pour faire partie de cette Commission les membres du Conseil municipal d’Orléans, en cet instant rassemblés. Il les a invités à prendre sous sa présidence séance à ce titre et leur a sur-le-champ donné communication d’une liste contenant les noms de 24 citoyens d’Orléans, liste envoyée par M. le général, commandant le département du Loiret, à M. le ministre de la Guerre, et à laquelle était jointe la demande d’une récompense nationale pour ces 24 personnes. A ce moment, M. le maire a remis à M. le président des lettres à lui adressées par plusieurs des citoyens dont le nom est porté sur cette liste, lettre par lesquelles ils déclarent que c’est à leur insu et sans aucune participation de leur part qu’ils se trouvent ainsi présentés pour obtenir une récompense, qu’ils n’ont jamais eu l’idée de réclamer et dont ils ne croient pas qu’aucun danger réel, aucun service éminent les aient rendus plus dignes que tant d’autres citoyens orléanais. Ces réclamations ont conduit la Commission à penser que la présentation faite par M. le général n’était pas la suite de demandes à lui adressées par les personnes dont il a transmis le nom au ministre mais était due à sa propre sollicitude et à son mouvement spontané. La Commission, examen fait des lois et règlements sur la matière, après avoir pris communication des pièces, et chaque membre consulté individuellement par M. le Président, considérant que lors de la révolution de Juillet il n’y a pas eu de troubles à Orléans ; que nulle résistance n’a été apportée par l’autorité civile et militaire à l’élan manifesté par la population ; que la garde nationale s’est d’elle-même et au premier mouvement trouvée organisée et n’a jamais eu le sujet de faire usage de sa force ; que si quelques personnes ont déployé plus de zèle que d’autres il n’y a eu de la part de qui que ce soit de danger réel de couru ni de périls actuels d’affrontés ; est d’avis qu’à cette époque le patriotisme et le dévouement ayant été les sentiments de la masse des citoyens d’Orléans, il n’y a point lieu d’accorder de récompense spéciale à quelques-uns d’entre eux seulement. La Commission toutefois, saisit avec empressement cette occasion de rendre hommage au bon esprit et au patriotisme qu’a déployés à ce moment la population orléanaise et d’applaudir au zèle courageux dont s’est montrée animée la garde nationale de cette ville ainsi que celle des autres communes de ce département. » Archives nationales F/1dIII/80, Loiret