Loiselle, Antoine, Henry
Biographie
Né le 13 fructidor an IV (bien le 13 fructidor an IV dans son acte de naissance ; mai par erreur le 4 fructidor an XIII sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 mais surtout in Archives nationales F/1dIII/39 ; par erreur le 13 fructidor an XIV in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Chevreuse (Seine-et-Oise), fils de Loiselle, Antoine et de Dufour, Julienne, Gabrielle. Garçon mégissier en 1816, tanneur, corroyeur ou marchand de colle en 1830. Il se rendait à Paris, le 29 juillet, avec de la marchandise quand il fut arrêté par les combats devant le Palais de justice. Il combattit avec les Parisiens, travailla à couper les arbres et fut blessé, sur le quai aux Fleurs, d’un éclat de mitraille reçu à l’avant-bras gauche. Il fut soigné à la Maison de convalescence de Saint-Cloud, depuis le 30 octobre jusqu’au 11 novembre 1830, date à laquelle il sortit guéri. Il y reçut un uniforme de garde national. Le certificat médical suivant constatait les blessures qu’il avait reçues : « Je, soussigné, docteur de la faculté de médecine de Paris, certifie que je donne des soins au nommé Loiselle, Henry, Antoine, âgé de trente-quatre ans, père de famille, demeurant à Chevreuse, blessé à la partie supérieure et externe de l’avant-bras gauche par un éclat de mitraille en combattant le 29 juillet avec la garde nationale à Paris. » Signé, le 6 juillet 1830 (sic) : ...ligne, médecin. Un autre certificat médical à en-tête de la Maison de convalescence de Saint-Cloud, attestait qu’il souffrait d’une blessure reçue au coude par une arme à feu et de « trois ou quatre plaies contuses par coups de mitraille » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le 8 août 1830, devant le maire de Chevreuse, comparurent : Noufflard, marchand de vin en gros, demeurant à Chevreuse ; Laimann, Louis, Jean, journalier, demeurant à Chevreuse. Ils déclarèrent « ledit sieur Noufflard que, le 28 juillet dernier environ 7 heures du soir, il a fait rencontre à la barrière d’Enfer ou le petit Montrouge à Paris du sieur Henry, Antoine Loiselle, marchand de colle, demeurant à Chevreuse, qui avait l’intention d’entrer à Paris avec de la marchandise, qu’il n’a vu ledit sieur Loiselle que le 30 dudit mois à Chevreuse, de retour de Paris, que celui-ci lui a déclaré qu’il avait combattu et travaillé à arracher des arbres et qu’il avait été blessé au bras gauche, effectivement il lui montra sa blessure, qu’il avait reçue le jeudi. Et ledit Laimann qu’il a fait le voyage à Paris ledit jour 28 juillet dernier pour ses affaires personnelles, s’occupant de temps à autre de revente d’objets de friperie ; qu’ils ont entré ensemble dans Paris et qu’ils se sont séparés après avoir passé devant le palais de justice vers le marché aux Fleurs ; qu’ils ne se sont vus qu’étant de retour à Chevreuse le 30 dudit mois et que ledit Loiselle lui a fait part de la blessure qu’il avait reçue dans les combats de la journée du jeudi 29 juillet dernier ». Loiselle était porteur du certificat suivant : « Je certifie bien connaître le nommé Henry, Antoine Loiselle, demeurant à Chevreuse, arrondissement de Versailles. Il venait à Paris le 28 juillet dernier, étant arrêté dans la populace et il a pris les armes, il a combattu et a été blessé au bras gauche d’un morceau de mitraille. Il a reçu sa blessure au bas du pont de l’Ecole. » Signé : Mellier, marchand de chanvre et cordier, grenadier à la IVe légion de la garde nationale, demeurant 8, rue de la Cossonnerie. Le maire de la commune de Chevreuse, en date du 28 septembre 1830, lui délivra un certificat pour attester qu’il était « peu aisé, qu’il n’a pu travailler depuis à cause de sa blessure et qu’il n’a reçu aucun secours depuis cette époque de la ville de Chevreuse ». Il reçut (sous le nom de Loisel) un secours de cent francs, le 5 novembre 1830, (sous le nom de Loiselle) un secours de cent francs, le 12 novembre 1830, un secours de cinquante francs, le 29 novembre 1830, un secours de cinquante francs, le 13 décembre 1830, un secours de vingt-cinq francs, le 27 décembre 1830, un secours de quarante francs, le 31 décembre 1830, un secours de cinquante francs, le 17 janvier 1831, un secours de cinquante francs, le 31 janvier 1831, un secours de quarante francs, le 14 février 1831, un secours de quarante francs, le 28 février 1831, un secours de quarante francs, le 14 mars 1831, un secours de quarante francs, le 28 mars 1831, un secours de vingt francs, le 25 avril 1831, un secours de vingt francs, le 9 mai 1831, un secours de vingt francs, le 2 juin 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 1er juillet 1831, un secours de vingt-cinq francs (A Donnemarie, sur l’acquit de sa femme, est-il annoté en face de son nom), le 4 août 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il produisit un certificat d’indigence à la Commission des récompenses nationales. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Loizelle, Antoine, Henri sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Dans sa séance du 11 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demandait l’ajournement de toute décision à son sujet, son domicile n’étant pas indiqué « attendu qu’il devient très difficile, pour ne pas dire impossible, de recueillir sur son compte des renseignements précis ». Le jury médical, chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet, le 30 décembre 1830, les conclusions suivantes : « A été atteint dans les journées de Juillet d’une blessure à la partie intérieure et externe du bras gauche ; blessure faite par des pièces de mitraille, actuellement cicatrisée mais avec difficulté dans le mouvement d’extension de l’avant-bras gauche. En conséquence, nous estimons qu’il a été atteint d’une blessure qui a entraîné une incapacité temporaire (deux ans) et qu’il doit être rangé dans la 2e classe des blessés (sic). » Il fut admis à la fois dans la 1re classe des blessés dans le (ancien) IIe et dans la 2e catégorie de la 2e classe dans le (ancien) VIe arrondissement. Il reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans (et peut-être aussi une indemnité temporaire pour sa 1re classe). Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de six cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830 (et sans doute une autre dans le IIe arrondissement, en tout cas il est sur les listes…). Il reçut, en tant que décoré et blessé, un secours de cinquante francs et un habillement soit bourgeois soit de garde national (pour une valeur de soixante francs), sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet (il est indiqué comme compté dans le [ancien] IIe arrondissement…). Il sollicita d’être placé comme garde forestier surnuméraire à Chevreuse, en attendant d’être nommé pour remplacer Barbel, garde forestier qui devait être mis à la retraite. Loiselle avait épousé, le 30 octobre 1816 à Chevreuse, Courson, Angélique, journalière, née le 1er messidor an IV à Chevreuse ; sur l’acte de mariage, Loiselle, Antoine, Henry est indiqué comme garçon mégissier ; Courson, Angélique est indiquée comme la fille de Courson, Pierre et de Pepin, Reine, Constance, son épouse. Ils eurent plusieurs enfants, tous nés à Chevreuse : Reine, Angélique, le 13 août 1817, Julien, Antoine, le 4 décembre 1821, Louise, Constance, le 28 avril 1827. Sur les listes de la mairie, il avait fait élection de domicile à la mairie et était indiqué comme « connu de M. Guinard ». Il demeurait à Chevreuse (Seine-et-Oise) en 1816-1830 ; à Saint-Cloud en novembre 1830 sur les listes de la mairie ; 95, rue du Plessis à Versailles (Seine-et-Oise) en 1831 ; à Chevreuse en 1831 in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives nationales F/1dIII/38 A ; à Dannemarie (Seine-et-Marne) en 1831-1832 deux fois in Archives de Paris VD6 360 n° 5. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du VIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, pp. 68 (sous le nom de Loiselle, Henry, Antoine), 76 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 91 couverture du dossier Turge, Juste, Nicolas ; Archives de Paris VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, Liste d’incapacité de travail, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (blessés indemnitaires deux ans) (sous le nom de Loiselle, Henri, Antoine), idem même référence VI Extrait du registre contenant les décisions du jury médical à la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Loiselle, Henry, Antoine), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des indemnités définitives, idem Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs ; Archives de Paris VK3 29, séance du 11 avril 1831 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/64 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Loiselle, Henry, Antoine) et liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe (sous le nom de Loiselle, Henry, Antoine),.