Louessard, Jean aîné
Biographie
Né vers 1799. Ancien sous-officier de cavalerie. Propriétaire et cocher d’un cabriolet de place. Il fut blessé à l’œil gauche, d’un coup de pointe de sabre, le 29 juillet dans la rue Saint-Honoré. Il fut soigné à l’ambulance qu’avait ouverte les élèves en médecine Bachot, Jean, Antoine et Penasse, à la cité d’Orléans près du boulevard Saint-Denis. Il reçut (sous le nom de Loussard, Jean) un secours de cinquante francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement mais il fut classé dans les blessés auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1831, il était maréchal des logis au 6e dragons. En novembre 1834, dans une demande de secours, il récapitulait ainsi sa participation aux combats de Juillet et sa situation actuelle : « […] Ancien militaire, se trouvait depuis quelques années rendu à la vie civile et père de famille lorsque les événements de Juillet 1830 arrivèrent. Il n’hésita pas à prouver à son pays tout son dévouement : deux graves blessures en furent le résultat. Quelques gratifications qui furent accordées au postulant, en conséquence de sa position vinrent le soulager dans les premiers moments qui suivirent la mémorable semaine. Depuis, il est demeuré avec les seules ressources de son seul travail. Aujourd’hui, son modeste état de cocher de cabriolet de remise ne pouvant suffire aux besoins domestiques, surtout se trouvant sur le point d’être encore rendu père par son épouse, le postulant a osé espérer que ses services ne seraient pas tout à fait oubliés. » Le maire de son arrondissement lui délivra un certificat comme quoi il était effectivement décoré auprès de son arrondissement, ajoutant : « C’est un homme courageux et de disposition favorables au gouvernement actuel, qu’il se plaît à lui rendre cette justice et qu’il désirerait qu’il pût en obtenir la récompense. La Commission des récompenses nationales l’avait porté sur la liste de présentation au grade de maréchal des logis et qu’en effet il obtint ce grade. » Le préfet de police donna sur son compte les renseignement suivants : « Louessard est un ancien militaire. Il a en effet combattu en juillet et a reçu deux blessures, l’une à la jambe gauche et l’autre, très grave, à la tête. MM. Prat et Montalembert, loueurs de cabriolets, chez qui il travaille comme cocher, n’ont qu’à se louer de sa conduite et de sa moralité. Sa position est fort gênée. Il est père de deux enfants et sa femme est sur le point d’accoucher. C’est avec peine qu’il a acquitté son loyer. On assure que ce pétitionnaire est de bonnes vie et mœurs et qu’il est dévoué au gouvernement. » Le préfet de la Seine confirmait, quant à lui, la mauvaise situation pécuniaire du ménage, dont les époux étaient « de bonnes vie et mœurs » et recommanda Louessard comme « digne de la bienveillance du gouvernement ». En janvier 1835, comme il n’avait pas encore de réponse à sa première demande, il en fit une nouvelle auprès du ministère du Commerce et des Travaux publics, qui nous donne des indications biographiques supplémentaires : « Le nommé Louessard, ex-sous-officier de cavalerie, décoré de Juillet, blessé, sans pension, sans emploi, a l’honneur de vous exposer que son zèle et son dévouement au gouvernement actuel, dans toutes les occasions où le trône fondé par la glorieuse révolution de Juillet a eu à lutter contre les factieux et les ennemis de l’ordre établi le recommandent à votre bienveillance. […] Sa conduite irréprochable, sa probité intègre et les certificats les plus honorables qui attestent sa conduite courageuse et digne d’éloges pendant les événements de juin [1832, N.D.A.] et les fatales journées d’avril [1834, N.D.A.], où il a été blessé, lui assurent votre puissante protection en même temps que sa malheureuse position puisqu’il est sans appui, sans ressources et manquant du premier besoin, lui font espérer que votre justice et votre générosité ne lui manqueront pas pour obtenir un faible secours qui puisse adoucir sa cruelle position et lui permette de satisfaire aux besoins de première nécessité auxquels il est en butte. » Il reçut, à titre de combattant de Juillet non pensionné, un secours de cent francs. En 1840, sa veuve, à titre de veuve d’un décoré de Juillet, reçut un secours de quarante francs, qu’elle ne toucha pas puisque Partie on ne sait où, selon la poste. Il était l’un des frères de Louessard, Joseph. Il demeurait 202, rue Saint-Denis en août 1830 (à La Chapelle in Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Bachot, Jean, Antoine dans le Tableau général des blessés qui reçoivent les secours distribués à l’ambulance située cité d’Orléans et les soins de MM. Penasse et Bachot ; 202, rue du Faubourg-Saint-Denis sur les listes de Boulland) ; 10, rue du Faubourg-Poissonnière en 1834-1835 ; 4, rue du Harlay dans la Cité en 1835 ; sa veuve, 11, rue Boucherat en 1840. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 33 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 36 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Ve arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 74 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, VII Répartition des fonds de la souscription nationale (listes sur lesquelles il est indiqué comme recevant son indemnité de cent vingt francs auprès du (ancien) Ve arrondissement, et comme demeurant 37, rue du Vert-Bois mais l’adresse est rayée) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/64 in dossier Louessard, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ve arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet, 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1156 ; Archives nationales F/1dIV/L/20 ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Bachot, Jean, Antoine cité dans le Tableau général des blessés qui reçoivent les secours distribués à l’ambulance située cité d’Orléans et les soins de MM. Penasse et Bachot.