Louvet, Joseph, Augustin

Biographie


Né vers 1784 à Agde (Hérault). Capitaine de vaisseau au long cours. Il s’illustra à la Grève, au Louvre et rue Saint-Honoré. Il alla ensuite au château de Saint-Cloud, avec une centaine d’hommes qu’il commandait. Conjointement avec les élèves de l’Ecole polytechnique, il contribua à rétablir et maintenir l’ordre pendant vingt-quatre heures et ne quitta le service du château qu’après en avoir reçu les ordres. Ses pièces furent égarées par la Commission des récompenses nationales et, en conséquence, il ne put être donné suite à ses droits. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Le 2 juillet 1831, il faisait parvenir la lettre suivante à la Commission : « Deux copies de mes certificats ayant été égarées dans les bureaux de la première commission, le jury lorsque j’ai été appelé ne m’ayant accordé que cinq minutes d’audience pour m’expliquer, j’ai pu présumer que de tels inconvénients ont contribué à ce que je n’ai figuré sur aucune liste. Je me vois donc dans la nécessité de joindre à ma demande l’original de mes certificats, sur lesquels figurent trois décorés de Juillet. M. Fort (voir Fort, Isidore) a obtenu la croix ; on verra sur mes certificats que j’ai combattu pendant les trois jours dans les rangs où il se trouvait. J’observe de plus qu’à Saint-Cloud il fut sous mes ordres, en qualité de lieutenant dans le peloton que j’y commandais : les autorités qui m’ont délivré les certificats lui en ont délivré de même quelques jours après. M. Hulin (voir Hulin, Henri, Joseph) a la médaille, à laquelle il va renoncer, m’a-t-il assuré (ses papiers sont à la Commission). J’étais à ses côtés le 28 à la Grève, comme il l’a attesté sur mes certificats. M. Laurent (voir Laurent, Laurent), qui s’était réuni avec d’autres citoyens à mon détachement à Saint-Cloud (voir mes certificats) a aussi la médaille, ainsi que plusieurs autres qui se trouvaient avec lui, ces faits sont exacts. Si messieurs les commissaires de la banlieue daignent prendre des renseignements au château de Saint-Cloud ou à la mairie, qu’ils veuillent bien s’informer aussi aux gardes nationaux qui avaient établi un poste dans la dernière grille, qui lui diront que sans le secours d’aucune autorité nous avons dû faire évacuer les appartements remplis d’hommes ivres, armés de fusils chargés, qu’il a fallu les désarmer et chasser avec précaution. Ces détails seraient trop longs au fait. Le pillage en aurait été la solution sans notre arrivée. Nous avions marché dans tout autre but : celui d’attaquer nos ennemis qui avaient quitté le château quelques heures auparavant ; nous n’avions pas encore oublié de nous battre s’il l’avait fallu. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, gouverneur provisoire du château de Saint-Cloud, certifie qu’il est à ma connaissance que M. Louvet, dénommé ci-contre, a réellement contribué à rétablir l’ordre au château et je me fais un devoir de dire qu’il s’est conduit avec la plus grande loyauté. » Signé, le 15 août 1830 : Marchal. Suivait l’apostille suivante : « Je certifie la sincérité de la signature de M. Maréchal, gouverneur provisoire du château de Saint-Cloud, et joins avec plaisir mon témoignage au sien sur l’excellente conduite tenue par M. le capitaine Louvet à Saint-Cloud dans la journée du 31 juillet dernier. » Signé : Fournel, maire de Saint-Cloud. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le capitaine Louvet s’est présenté des premiers à la porte de la grille du château de Saint-Cloud, où j’étais en faction, le 31 juillet, à la tête d’un détachement de Parisiens armés, qu’il commandait et qu’il est entré pour mettre de l’ordre. » Signé à Paris le 4 septembre 1830 : Rullo (voir Roullo), demeurant 2, rue Neuve à la barrière de la Chapelle. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, domiciliés à Paris, rue Baillet n° 3, certifions avoir vu le capitaine Louvet dans les journées des 27, 28 et 29, armé et combattant vaillamment dans nos rangs, rue Saint-Honoré et au Louvre. » Signé, le 4 septembre 1830 : Fort, Isidore (voir ce nom), négociant en vins ; Lafargue, négociant. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le 31 juillet, me trouvant à Saint-Cloud avec plusieurs citoyens, que nous avons tous pris rang dans le peloton que commandait le capitaine Louvet, ancien office de navire, du même grade, qu’il a fait rétablir l’ordre par la sévérité qu’il a mis dans le service dans tous les environs du château et même dans l’intérieur. » Signé, le 5 septembre 1830 : Laurent, L. (voir Laurent, Laurent), demeurant 46, rue Villeneuve. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « J’atteste avoir vu le sieur Louvet, le 28 juillet, lorsque nous chargions sur les pièces de canon et que sa contenance ne paraissait point affectée. Nous sommes ensemble arrivés à la Grève. » Signé le 5 septembre 1830 : Hulin (voir Hulin, Henri, Joseph), demeurant 6, rue Lafayette. Il demeurait 40, rue de Montmorency en 1831. Archives de la préfecture de police AA 399.

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