Lucas, Béatrix, Mathurin
Biographie
Né vers 1808 à Sceaux (Hauts-de-Seine). Elagueur. Il combattit à l’Hôtel de ville et à la prise de la caserne des Suisses rue de Babylone. Il ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il adressa la lettre suivante à la Commission : Il adressa, le 14 mars 1831, la lettre suivante à cette Commission : « Récit d’un des vainqueurs de l’heureuse semaine des trois jours de juillet, 27, 28 29 du combat pour la défense des Parisiens de l’an 1830 et des actions héroïques qu’a faites le nommé Mathurin, Béatrix, Lucas fils, âgé de vingt-deux ans, marié depuis un an et ayant un enfant, demeurant rue Houdan maison de M. Chauveaux, ledit sieur Mathurin est fils de M. Lucas, entrepreneur général pour les élagages des arbres des boulevards et promenades de Paris et jardins Royaux. Le 27 juillet. Etant à travailler au Luxembourg, je voyais les citoyens qui faisaient foule et criaient aux armes, que la troupe assassinait les Parisiens, divers quartiers de Paris qui étaient même en état de siège. J’abandonnais sur-le-champ mon ouvrage et fus de ma propre volonté me joindre aux défenseurs de ma patrie. Tous s’écrièrent C’est à la place du Palais-Royal que la troupe fait feu ! J’y courus. Comme je n’avais pas d’armes, il était tard et l’on se donna parole pour le lendemain à l’Odéon. Je fus à Sceaux trouver ma femme. Le 28. Je me trouvais place de l’Odéon. Nous fûmes au poste de la place Saint-Michel, où nous désarmâmes le corps de garde. Le factionnaire fit résistance et fut blessé par une balle au bras. Le sergent reçut un coup de sabre à la cuisse et sur l’épaule. Nous le fîmes panser chez un marchand chez un marchand de vin, rue d’Enfer près la caserne de recrutement. Nous partîmes ensuite à l’Hôtel de ville. J’ai contribué pour ma part au siège et le soir je me suis rendu à Sceaux auprès de ma femme. Le 29. Je fus à l’Odéon. Là, nous étions guidés par les élèves de l’Ecole polytechnique. Je leur obéis. Nous arrivâmes au dépôt de la garde, où j’ai monté à l’assaut par une croisée au premier étage, là où j’ai eu la maladresse de déchirer mon pantalon, où j’ai saisi deux barils de poudre. Le gardien, je ne sais si c’est un capitaine, quand je fus parti à l’Odéon, me donna un pantalon pour remplacer le mien que j’avais déchiré à l’assaut. Je fus ensuite à la caserne de Babylone, où on a voulu me faire commandant du poste après que les Suisses ont été vaincus. Voilà ce que j’ai fait, qui est la vérité, je n’en fait pas de gloire. » Signé, le 14 mars 1831 : Jehl ; Regnault (voir Regnault, Louis, Denis) ; Anest. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Il apostilla la lettre adressée par Regnault, Louis, Denis, à la Commission des Réclamants pour obtenir la Croix de Juillet et délivra en sa faveur, le 11 août 1831, le certificat suivant : « Je certifie que le sieur Regnault s’est trouvé le 28 juillet à la place Saint-Michel au désarmement du poste, où il s’est emparé d’une arme. De là, nous sommes partis à l’Hôtel de ville, dont il a participé au siège. Le 29 à l’Odéon, il s’est trouvé au rendez-vous. De là, étant commandés par des élèves de l’Ecole polytechnique, nous avons été ensemble à l’Estrapade, où il s’est armé en second lieu d’un fusil que je lui ai donné. De là, il fut conducteur de deux barils de poudre, que j’ai saisis, dont il a fait des cartouches à l’Odéon. De là, je l’ai vu entrer en la caserne de Babylone un des premiers, où il a arraché la décoration d’un Suisse. » Il demeurait 20, rue de Houdan à Sceaux en 1831. Archives de la préfecture de police AA 399 ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Regnault, Louis, Denis.