Luquet, Amant, Julien
Biographie
Né le 17 mars 1782 (bien le 17 mars 1782 et sous le nom de Luquet, Amand, Julien dans son acte de baptême ; mais à la fois le 15 mars 1782 et le 16 mars 1782 in Archives nationales F/1dIII/35 A ; le 15 mars 1782 in Archives nationales F/1dIII/37 ; le 17 mars 1782 in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Verneuil (Eure), fils de Luquet, Julien, maître d’école et de Fremond, Marie, Madeleine, Nicole, son épouse. Peintre en bâtiments. Il fut blessé d’un coup de feu à travers les chairs (à la cuisse gauche in Archives nationales F/1dIII/37), qui ne laissa ni difformité ni infirmité (d’un coup de feu à l’œil et par une balle qui avait traversé les chairs sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 288 n° 7). Marié et père de trois enfants, il reçut un secours de quatre-vingts francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la sous-préfecture de Sceaux puis par celle de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme blessé, trois cent soixante-quinze francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 5 février 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la cuisse gauche, de sa partie antérieure, supérieure et externe vers sa partie postérieure, à travers les chairs seulement, cicatrisée sans difficulté et sans infirmité. Est affecté en outre de deux hernies inguinales anciennes et d’une division congénitale de la voûte palatine, circonstances dont la réunion doit le faire ranger dans la 2e classe des blessé avec une indemnité. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans (son nom ne semble pas être sur les listes des six cents francs du Bulletin des lois). Il reçut (sous le nom de Luquet, Armand, Julien), à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il fut aussi admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés auprès du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de six cents versée sur deux ans. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il signala ainsi, le 9 juillet 1831, la conduite de De Driesen Lallemand, Alphonse, à de la Commission des Réclamants : « Messieurs, il y a un brave jeune homme, qui s’est bien battu dans les trois jours, qui m’a sauvé la vie entre autres et qui n’a rien dit de ce qu’il a fait puisque nous ne l’avons pas vu inscrit dans les récompenses. Aussi je viens pour vous déclarer et pour que vous n’en ignoriez je vous apporte pour mettre sur vos registres le papier ci-joint signé par des blessés et décorés de Juillet, que nous voulons lui envoyer en bons citoyens reconnaissants et par devoir nous voudrions qu’il ait la croix comme les autres braves car il l’a bien gagné ainsi que toute récompense s’il est justice. » Il avait signé, le 1er juillet 1831 et comme « blessé des trois journées », le certificat suivant en faveur du même De Driesen Lallemand, Alphonse : « N’ayant pas vu sur la liste des citoyens récompensés par la nation M. Alphonse Lallemand de Driesen, n° 13 de la rue Hauteville, qui, dans les journées de Juillet, s’est battu avec nous, nous, soussignés, blessés de Juillet, protestons qu’il y a là un oubli et nous certifions que M. Driesen a fait le coup de feu, pendant tout le temps de la bataille le mercredi 28 à la place de Grève et autres endroits, qu’il nous a donné de la poudre et des munitions et qu’il a relevé et arrangé avec sa chemise et son linge plusieurs de nous, qu’il portait sur son dos pour nous aller panser et nous faire respirer les sels et de l’eau-de-vie, vu qu’il avait le bonheur de n’être pas atteint. C’est un brave jeune homme, qui s’est vaillamment battu avec nous, qui nous a secourus et pansés et qui a bien contribué au succès de nos glorieuses journées. Nous lui envoyons et lui offrons unanimement ce témoignage authentique pour sa bravoure et son honorable conduite. » Dans la lettre que fit parvenir de Driesen à la Commission des Réclamants, on trouve les informations complémentaires suivantes relativement à Luquet : « P.S. J’ai demandé au sieur Luquet pourquoi il ne m’avait pas renvoyé plus tôt ces papiers. Il me répondit qu’il sortait à peine des hôpitaux et puis sans cela qu’il n’osait pas venir les remettre de peur d’avoir l’ai de quêter une récompense. Luquet a même refusé que je rembourse les frais de papier timbré et d’enregistrement de la pièce qui m’a été envoyée. “Vous m’avez sauvé la vie, dit-il, je vous en dois bien d’autres.” » De la même manière, cette lettre, en date du 12 juillet 1831, révèle l’état des sentiments qui unissaient les deux hommes : « Monsieur, quand vous avez déchiré votre chemise pour me panser la cuisse, vous avez fait tomber de votre poche des papiers et une carte, que je pris et que je vous renvoie [une quittance de loyer, une quittance d’imposition et une carte de visite, N.D.A.]. Ne soyez pas plus étonné, c’est là-dessus que j’ai lu votre nom et votre adresse. Le bien qu’on fait n’est jamais perdu et j’ai fait mon devoir en divulguant tout ce que nous vous avons vu faire. Votre dévoué reconnaissant : Luquet. » Le même Luquet, pour la certification d’une attestation parlait de De Driesen comme de quelqu’un « qui m’a sauvé la vie au risque de la sienne le 28 juillet 1830 et que je n’oublierai jamais ». Il fut un des décorés de Juillet qui signèrent, en septembre 1831, la pétition envoyée par Arrachart, Louis, Jules, Benoît, pour recouvrer les droits à la décoration, dont il avait été privée par une malveillance de Delanoy, commissaire à la Commission des récompenses nationales, et qui l’accusait d’intempérance. Cette pétition était ainsi rédigée : « […] S’est particulièrement distingué aux mémorables journées, où il fut blessé. […] Le jury a reconnu que par son patriotisme et son courage à combattre il a mérité la médaille ; mais, lui imputant calomnieusement l’habitude de se livrer à un usage immodéré de la boisson, a déclaré n’y avoir lieu à la lui accorder. Pour justifier que cette dernière circonstance est contraire à la vérité, tous les décorés du (ancien) IVe arrondissement et autres attestent ici que l’exposant a droit au signe des braves, l’ayant vu combattre et ayant été blessé, et qu’il n’a pas l’habitude qu’on lui reproche. Daignez, M. le ministre interposer votre autorité et faire opérer au dossier la radiation d’un fait injurieux et préjudiciable, qui n’y a été porté qu’à la suite d’une altercation entre le réclamant et M. Delanoy, alors commissaire à la Commission des récompenses nationales. Cet acte de justice de votre part n’échappera pas plus à la connaissance du roi qu’à l’opinion publique. » En 1832, il était père de trois enfants et concierge des bâtiments militaires de la place d’Alès (Gard), recevant un traitement annuel de deux cents francs, tout à fait insuffisant pour élever ses enfants, et se plaignait auprès du ministre de l’Intérieur de ne pouvoir plus travailler et d’être « estropié pour la vie » selon le médecin de l’intendance militaire, précisait-il. En 1840, sa veuve sollicita un secours. Elle reçut un secours de quarante francs en 1849 et en 1850, un secours de cinquante francs en 1851, à titre de veuve d’un médaillé de Juillet. Il demeurait à Arcueil en 1830 ; 15, rue de la Cordonnerie en 1830 ; 20, rue de la Cossonnerie en 1831 ; à Alès (Gard) en 1832 ; sa veuve, 61, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1849 ; 57, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1850-1851. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives p. 73, liste nominative du IVe arrondissement des blessés de la 2e classe au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 116, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe de l’arrondissement de Sceaux auxquels il a été alloué des indemnités définitives p. 92, liste nominative de l’arrondissement de Sceaux des blessés de la 1re classe au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 119, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 (sous le nom de Lucquet, Armand, Julien) ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830 (sous la profession de bottier), Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre 1831 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux (sous le nom de Luquet, Amand, Julien), comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état des (23) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis à des secours temporaires ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/42 in dossier Arrachart, Louis, Jules, Benoit ; Archives nationales F/1dIII/64 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 2e catégorie de la 2e classe (sous le nom de Luguet, Armand, Julien) et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IVe arrondissement, blessés de 2e catégorie de la 2e classe ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe (sous le nom de Lucquet, Armand, Julien) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, lettre en date du 20 avril 1849, idem lettre en date du 10 mai 1849 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 113 décorés, médaillés, blessés ou combattants de Juillet et veuves de Juillet, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant ensemble à la somme de 6495 francs, budget de l’Intérieur, exercice 1849, minute 63-65, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 ; Archives de la préfecture de police AA 386 in dossier Driesen de, Lallemand, Alphonse.