Luquet, Jean
Biographie
Né vers 1810 à Maisonneuve (Ardèche). Corroyeur (mais cambreur in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II). Il fut blessé en même temps par une balle morte reçue à la cuisse droite, et, à la tête ou au front, par un éclat d’un angle de boutique, qui venait de recevoir un coup de biscayen, le 29 juillet aux Tuileries. Il entra le 1er août à l’ambulance établie dans les locaux de l’ancien tribunal de commerce, rue Saint-Merry. Déjà épileptique, Luquet vit ses crises survenir plus fréquemment depuis sa blessure. Il resta à la charge de son frère, François, qui soutenait déjà sa mère « âgée, accablée de douleurs, veuve d’un ancien militaire » Le docteur Dormier, 5, rue d’Orléans au Marais, lui délivra, le 10 octobre 1830, le certificat suivant : « […] Certifie avoir donné des soins au sieur Luquet, Jean, ouvrier tanneur, demeurant rue de la Huchette, n° 32, depuis le 10 août dernier jusqu’à ce jour pour une suite de blessure par éclat d’un angle de boutique par un coup de biscayen qui, ayant porté sur le côté droit du front, sur l’orbite, la tempe et l’os de la pommette, a violemment ébranlé le cerveau et lui a laissé des douleurs dans toute la moitié droite de la tête, avec des vertiges et des étourdissements, qui l’empêchent de travailler ainsi qu’à des attaques de défaillance qui simulent l’épilepsie, qui se renouvellent souvent et sont l’effet de la vive frayeur qu’il a éprouvée lors de sa blessure. Il reçut en même temps une balle morte au milieu de la cuisse droite, qui n’a eu aucune suite fâcheuse. Cet ouvrier n’ayant pu travailler jusqu’à présent et ne pouvant le faire encore de quelque temps, est sans ressource et à la charge d’un frère, également ouvrier, qui fait tous ses efforts pour subvenir à ses besoins mais qui ne le peut plus maintenant parce qu’il est lui-même sans ouvrage. […] Sa maladie exige un traitement suivi et longtemps prolongé : on lui a établi un téton au cou, qui, joint aux antispasmodiques, a déjà opéré une diminution dans la fréquence et la force des douleurs de la tête et des accès nerveux. » Les voisins de Luquet certifièrent aussi la fréquence de ses attaques et l’impossibilité dans laquelle il se trouvait de travailler : Delettre, Félix, Pamphile, propriétaire, demeurant 32, rue de la Huchette ; Queyron, Philbert, marchand boulanger, demeurant 38, rue de la Huchette ; Morat, Jean, Philibert, marchand charcutier, demeurant 37, rue de la Huchette ; Nicolas, François, marchand épicier, demeurant 35, rue de la Huchette. Juillerat-Chasseur, pasteur de l’Eglise réformée, demeurant 18, rue des Mathurins-Saint-Jacques, lui délivra, le 10 janvier 1831, le certificat suivant pour appuyer sa demande d’entrée aux Invalides : « […] Certifie que le nommé Luquet lui est connu depuis longtemps ; qu’il appartient à une veuve de militaire, très pauvre ; qu’il est assisté ainsi qu’elle par le Consistoire ; qu’il est hors d’état, depuis les glorieuses journées de Juillet où il a été blessé, de pourvoir à ses besoins et de travailler avec suite et sécurité à cause des suites des combats auxquels il a pris part ; qu’il est d’ailleurs bon fils et plein de moralité. […]. » Luquet reçut un secours de cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut un secours de soixante francs, le 18 octobre 1830, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il reçut de la part de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à titre de blessé non décoré, un habillement (soit une redingote, un gilet, un pantalon de coutil gris avec ses guêtres, un chapeau et des souliers). Le 19 août 1831, une demande dans laquelle il s’enquérait du progrès de ses démarches auprès de la Commission de la souscription nationale était apostillée ainsi par Habert, Albert, Louis (voir ce nom) : « Je recommande de toutes mes forces à la Commission de la souscription nationale la demande ci-contre. Je connais depuis très longtemps la famille Luquet ; elle est digne, par sa conduite, sa moralité et sa misère, de tout intérêt. Il m’est particulièrement démontré que l’état épileptique du réclamant, état encore empiré par suite des événements de Juillet, le rend tout à fait incapable d’aucun travail continu. La famille Luquet est inscrite au contrôle des indigents du bureau de charité. » La mère gagnait à peine quatre ou cinq sous par jour à filer, et les deux frères étaient « tous deux presque sans ressources », selon une lettre adressée en faveur de Luquet par Juillerat née Chabeau, femme d’un pasteur et demeurant 8, rue des Mathurins-Saint-Jacques. Il demeurait 32, rue de la Huchette en 1830-1831. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités p. 86 et liste nominative du XIe arrondissement des blessés de la 1re classe au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 118 (sous le nom de Lorquet, Jean), lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement, liste des citoyens blessés non décorés à habiller ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (sous le nom de Lorquet, Jean) ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, un gros cahier vert de récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement, idem son dossier individuel ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, fourniture d’habillements faites aux blessés non décorés domiciliés dans le XIe arrondissement de Paris, idem liste des citoyens blessés non décorés du XIe arrondissement, qui viennent d’être habillés, idem bulletin des blessés non décorés, idem cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 ; Archives de Paris VK3 19, (ancien) XIe arrondissement de Paris, quartier de la Sorbonne, Souscription nationale, séance du 20 octobre 1831 ; Archives de Paris VK3 47 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, dossier indemnitaires 1re classe à 120 francs, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées aux combattants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement et état nominatif des sommes payées par la (ancienne) onzième mairie de Paris pour fournitures d’habillement aux blessés de Juillet, non décorés et domiciliés dans cet arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIe arrondissement, blessés de 1re classe et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) XIe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le seul nom de Lorquet).