Maës, Jean
Biographie
Né le 30 mai 1797 à Paris. Ouvrier imprimeur en lettres chez Pinard. Il fut le premier, avec Constant, Lambert (voir ce nom), qui planta le drapeau tricolore sur la tour de l’Horloge pendant la prise des Tuileries. Les journaux de l’époque relatèrent à son sujet : « Les deux citoyens qui ont arboré le drapeau tricolore sur le pavillon de l’Horloge des Tuileries sont MM. Maës, Jean, imprimeur des ateliers de M. Pinard, et Constant Lambert, compositeur de l’imprimerie du Moniteur. Ils faisaient partie de la colonne qui, après s’être emparé du Louvre, s’est portée sur les Tuileries. C’est donc par erreur qu’un journal du 2 août attribue cet acte de dévouement à d’autres citoyens. » Il fut blessé. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça à une voix pour la croix, cinq voix pour la médaille et une voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il signa, le 3 mars 1831, la lettre de recommandation suivante en faveur de Darquet, François, Norbert : « Je recommande très particulièrement à M. Delettre ainsi qu’à Messieurs les membres de notre jury M. Darquet, qui a été blessé le 28 juillet à la Grève, après avoir vaillamment combattu toute la journée. M. Darquet venait de prendre un nouvel établissement, où sa présence était indispensable dans ces moments de trouble. Il n’a pas hésité à tout abandonner et à s’arracher des bras de sa jeune et intéressante épouse, qu’il laissait avec ses deux enfants pour aller combattre pour la liberté. Il est muni de certificats très honorables et a été porté par sa légion comme candidat pour la décoration de la Légion d’honneur. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1844, les renseignements de police disaient sur son compte : « Est depuis dix ans portier de la maison où il demeure, rue du Foin-Saint-Jacques n° 10. Il a les moyens d’existence assurés mais il est parfois dans la gêne, faisant d’assez fortes dépenses au cabaret. Du reste, on a recueilli d’assez bons renseignements sur son compte. » En 1848, il sollicita des secours « attendu que sa femme, infirme, et ses enfants en bas âge lui sont une charge au-dessus de ses forces ». En 1849 de nouveau, « étant sans travaux presque depuis la révolution de Février, sa misère est des plus grande ». A cette époque, les mêmes sources de police relataient : « Bien représenté, sa position est nécessiteuse. » Il reçut quarante francs de secours le 20 juin 1848, la même somme en juin 1849, à titre de médaillé de Juillet, cinquante francs en novembre 1849, en 1850 et en 1851. Il mourut le 6 mars 1851, après une courte maladie. Sa veuve, « dans la plus profonde misère, […] sans cesse malade et accablée d’infirmités, ne peut se livrer à aucun travail fructueux », reçut cinquante francs de secours en 1851. Maës demeurait 21, rue Saint-Jacques en 1830-1831 ; 10, rue du Foin-Saint-Jacques de 1834 à 1844 ; 8, rue de la Parcheminerie en 1849 ; 10, rue de la Parcheminerie à partir en 1850-1851. La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 7 août 1830 ; Le Constitutionnel, 10 août 1830 ; Le Messager des Chambres, 12 août 1830 ; Le Réveil du lion ou Paris dans les immortelles journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; précis des événements, heure par heure… suivi d’un chant triomphal… par un patriote de 89, Paris, Lerosey, 1830, p. 226 ; Les Enfans de Paris ou les Petits Patriotes, scènes de courage, de présence d’esprit, de magnanimité, de grandeur d’âme et de désintéressement de la jeunesse parisienne pendant les journées des 27, 28, 29 juillet 1830, A. de Saintes, chez Nepveu libraire, et Eymery, Fruger et Cie, libraires, Paris, 1831, p. 62 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Darquet, François, Norbert ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la deuxième sous le numéro 409 et le seul nom de Maës) ; Archives de Paris VD6 633 n° 1 in dossier Constant, Lambert ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques adressées à la Commission, pour la décoration spéciale, séance du 10 décembre 1830, M. Maës président ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/64 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 44 et minute 47 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 113 décorés, médaillés, blessés ou combattants de Juillet et veuves de Juillet, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant ensemble à la somme de 6495 francs, budget de l’Intérieur, exercice 1849, minute 63-65, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199.