Maës, Nicolas, Joseph
Biographie
Né le 4 avril 1796 à Robecq (Pas-de-Calais). Brasseur. La Copie du rapport au roi sur Maës, d’après le conseil que lui en a donné le général Lafayette est ainsi rédigée : « Je me rendais le 26 juillet au bureau de l’octroi pour payer mes droits du mois de juin lorsque j’appris la publication des ordonnances. Je passais aussitôt chez M. Bavoux, député de mon arrondissement, et lui déclarai qu’étant signataire de l’acte d’association parisienne, je regardais comme un devoir de ne plus payer d’impôt à un roi qui, par son parjure, venait de perdre tous ses titres. J’ajoutai que, suivant moi, nous n’avions d’autre parti à prendre que de défendre, les armes à la main, nos droits de citoyens français. M. Bavoux approuva mes dispositions. Je me rendis ensuite à la Bourse, où je cherchai à exciter tous les négociants à se mettre à la tête de ceux sur lesquels ils avaient quelque influence. De là, je vins au Palais-Royal, où je fis jusqu’à 10 heures du soir partie des groupes qui s’y étaient réunis. Le lendemain 27, j’assistai à 9 heures du matin à une réunion d’électeurs présidée par M. Chardel, dans laquelle je déclarai que j’étais tellement convaincu que tous les bons citoyens devaient repousser l’injustice par la force que j’allais, dès le lendemain, marcher à la tête de tous mes garçons et d’une partie du faubourg Saint-Marceau si je parvenais à le révolutionner. Je tins parole car, après avoir depuis 11 heures du matin jusqu’à minuit parcouru tous les lieux où il y avait des rassemblements, en recommandant de barricader les rues avec les voitures et en cherchant à détacher du parti du despote tous les soldats de la ligne que je rencontrais, je parvins à réunir chez moi dès le 28 juillet à 7 heures du matin, un assez grand nombre de personnes armées, toutes disposées comme moi à verser jusqu’à la dernière goutte de leur sang pour le triomphe de la liberté. Cette petite troupe, qui m’avait choisi pour chef, se sépara pour procéder au soulèvement du quartier et nous convînmes de nous réunir à 11 heures sur la place Cambrai. Je me rendis aussitôt après leur départ, en uniforme de la garde nationale à cheval, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, dont j’ai trouvé la cour ainsi que la rue Saint-Jacques encombrées par une foule de citoyens qui demandaient des armes. Apercevant l’hésitation des autorités municipales, le peuple enfonça les portes des magasins et pilla l’arsenal de cette mairie, non sans un grand désordre et quelques effusions de sang. Alors je me précipitai au milieu d’eux en leur disant Où courez-vous citoyens dans un tel désordre ? Vous allez vous faire massacrer sans utilité pour la patrie. N’y a-t-il par parmi vous d’anciens militaires qui puissent vous guider et mettre à profit pour la cause de la liberté le noble courage que vous faites éclater ? Nous ne reconnaissons point d’autre chef que vous s’écrièrent-ils d’un commun accord. C’est vous seul qui nous commanderez. J’observais que je n’entendais rien au commandement. N’importe nous vous suivrons partout, répondirent-ils. Dans ce cas, messieurs, nous serons vainqueurs car je ne reculerai pas et je vous autorise tous à tirer sur moi si l’on me voit faire mine de fuir. Vous avez des fusils mais les munitions vous manquent, marchons à la poudrière, nous nous porterons ensuite dans tous les lieux où l’on combat et notre présence décidera la victoire. Après avoir dit ces mots, je les fis mettre en ordre et je les dirigeai au son du tambour, vers la place Cambrai pour nous réunir à ceux qui m’y attendaient. Arrivés devant le Panthéon, nous trouvâmes, rangé en bataille sur la place, un bataillon du 15e léger, commandé par M. Barrès, auquel je fis jurer qu’il ne tirerait pas sur le peuple. En passant à la place Cambrai, manque un mot manifesta l’intention de faire sortir les prisonniers de Montaigu mais je lui fis observer qu’il ne convenait pas d’admettre des déserteurs dans nos rangs et que chacun de nous méprisait Bourmont et ses semblables. Cet avis leur fit quelque impression mais ils s’obstinèrent à vouloir désarmer le poste qui gardait la prison, ce que je parvins encore à éviter en faisant prêter le serment de fidélité aux officiers et soldats qui le composaient et auxquels s’était joint le bataillon du commandant Barrès. Je les conduisis ensuite à la poudrière du boulevard de l’Hôpital, en évitant de passer devant Sainte-Pélagie. Aussitôt que le magasin à poudre fut pris, j’en fis expédier sur tous les points où l’on se battait et j’envoyai le reste aux Gobelins. Quelques citoyens en conduisirent chez moi une partie, que ma femme distribua elle-même par petites portions à tous les citoyens armés. Nous gagnâmes ensuite le Jardin des plantes. Je fis faire halte sur le boulevard en face de La Salpêtrière et députai trois jeunes gens aux cuirassiers qui occupaient avec une compagnie du 50e de ligne la tête du pont d’Austerlitz pour les prévenir que j’étais à la tête d’une troupe nombreuse et bien armée, enflammée du désir de combattre mais que, voulant éviter l’effusion de sang, je les engageai à nous céder le passage, leur promettant de faire tous mes efforts pour empêcher les citoyens qui m’avaient choisi pour chef de les provoquer. Aussitôt l’escadron tourna bride et fut se ranger avec l’infanterie à l’autre bout du pont. Les citoyens les voyant reculer voulurent leur enlever cette position mais je leur fis remarquer que tout le 1er régiment des cuirassiers de la garde était échelonné par escadron depuis le pont jusqu’au Grenier d’abondance sur un terrain où la cavalerie pouvait aisément se développer et où toute retraite devenait impossible en cas de défaite ; que cette cavalerie était en outre appuyée par quelques compagnies d’infanterie qui auraient beaucoup d’avantages sur nous dans un endroit aussi découvert. Marchons, ajoutais-je, sur l’entrepôt, là, nous serons dans une place forte et si la cavalerie veut nous en débusquer nous lui ferons payer cher son audace. Quelques obstinés tirèrent malgré mes ordres et furent cause qu’après avoir démonté plusieurs cuirassiers qui ne ripostèrent pas nous perdîmes deux hommes par les feux de l’infanterie, malgré que j’avais soin de les faire coucher par terre à chaque feu de peloton, me tenant seul debout au milieu du pont. Alors je saisis un tambour par le bras et le forçai de battre la charge en marchant vers l’entrepôt au milieu des balles qui sifflèrent autour de nous. Lorsque nous fûmes arrivés devant la grille de l’entrepôt des vins, je fis former le cercle et leur dis que puisqu’ils avaient tiré malgré ma défense je les engageai à choisir un autre chef, promettant de me ranger le premier sous ses lois et de leur donner à tous l’exemple de la soumission. Ils s’y refusèrent. Jurez donc, leur dis-je, de m’obéir en tous points ; ce qu’ils promirent. Nous sommes tous, repris-je, d’honnêtes citoyens qui combattons pour la défense de notre liberté, le commerce des vins s’est toujours distingué par le patriotisme le plus pur, honte à celui qui voudrait le ruiner ! Vous m’avez tous promis obéissance voici le moment de me le prouver. Je fis ouvrir les grilles, demandai un verre d’eau et jurai de passer mon sabre au travers du corps de celui qui boirait une seule goutte de vin. Tous suivirent mon exemple. Voyant au bout de quelque temps que les troupes ne faisaient aucun mouvement pour suivre nos traces, je ne voulus pas soumettre la mienne à une plus longue épreuve et la conduisit à 5 heures à la place aux Veaux. Là, je décidai tous ceux qui m’avaient suivi à aller prendre la nourriture dont chacun avait besoin et leur assignai un rendez-vous pour 7 heures à La Pitié. A l’heure dite, cent cinquante hommes, à la tête desquels figuraient un garçon brasseur, s’y trouvaient réunis. Je les dirigeai sur-le-champ vers la préfecture de police mais des forces trop imposantes nous forcèrent à rétrograder et je disséminai une partie de mon monde dans tous les postes du quartier, en les engageant à se trouver tous le lendemain à 8 heures du matin sur la place du Panthéon. Le 29, à 8 heures du matin, je fus de nouveau reconnu pour chef par douze ou quinze cents hommes qui étaient rassemblés sur la place Sainte-Geneviève. On désarma le poste des sous-officiers sédentaires et je donnai à celui du 15e léger, qui gardait la prison de Montaigu, vingt hommes de la garde bourgeoise pour le soutenir et veiller sur les prisonniers. Je fis aussitôt après former les pelotons que je mis sous le commandement des élèves de l’Ecole polytechnique qui s’étaient réunis à nous. Je ne conservai à mes côtés que l’élève Lannois (voir Lannoy Raignault de, Camille, François), qui était comme moi à cheval et qui consentit à transmettre les ordres que je donnais. Après avoir pris ces dispositions, nous nous rendîmes à l’Odéon où une partie du faubourg Saint-Germain et des volontaires de Vaugirard et d’Issy vint augmenter notre petite armée, que je fis aussitôt marcher vers la caserne de Babylone par la rue de Grenelle. Au coin de la rue Bellechasse, je fis faire halte et j’envoyai des éclaireurs dans toutes les rues adjacentes pour reconnaître les lieux. Je fus en outre placer des vedettes à diverses distances afin de pourvoir être promptement informé s’il survenait quelque alerte. Lorsque je fus bien assuré qu’aucune troupe ne pouvait nous tomber à l’improviste sur les derrières, je fis avancer la mienne par la rue Mademoiselle et j’envoyai en parlementaire à la caserne un jeune élève de l’Ecole polytechnique que j’avais chargé d’engager les Suisses à se rendre et ne pas soutenir une lutte inutile contre toute une population qui n’avait pris les armes que pour recouvrer la liberté à l’exemple des anciens Helvétiens et pour abattre la tyrannie d’un nouveau Gessler. Ils répondirent qu’ils se défendraient jusqu’à la mort. Alors j’ordonnai l’attaque. Elle fut des plus vives et dura une heure et demie. Je reçus plusieurs balles dans mon casque et eus une partie de ma jugulaire, enlevée. J’avais placé différents postes dans les maisons qui avaient vue sur la caserne et chargé M. Lannois de donner l’ordre à une partie de l’arrière-garde de la tourner, afin d’occasionner une diversion. J’eus le bonheur de sauver la vie à quelques Suisses qu’on voulait massacrer et qui s’étaient échappés de leur caserne sans arme et presque sans vêtements. Je les confia à la garde de quelques gardes nationaux qui s’étaient montrés trop braves pour être cruels. Un instant après, on enfonça la porte à laquelle on avait préalablement mis le feu. La plupart des Suisses profitèrent du moment où nous entrions par la rue de Babylone pour sortir par la rue Plumet et se firent jour à la baïonnette au travers de ceux que je leur avais opposés de ce côté et dont une terreur panique s’empara tout à coup. Je fis aussitôt prévenir les pompiers qui, avec l’aide des gardes nationaux, furent bientôt maîtres du feu et je fis retirer la foule, en manifestant la crainte que quelques tonneaux de poudre ne vinssent à sauter. Ne pouvant rétablir l’ordre après la victoire dans une troupe qui s’était disséminée, je me retirai avec quelques gardes nationaux que j’engageai à aller ainsi que moi rassurer leurs familles et j’assignai à tous ceux que je rencontra la place de l’Odéon pour rendez-vous dans une heure. Alors, à la tête de cinq cents hommes environ, je me rendis à l’Hôtel de ville, où je reçus du colonel Zimmer, alors chef d’état-major, l’ordre de me rendre aux Tuileries. Je parvins non sans peine à y faire cesser le pillage et la dévastation et fis deux fois évacuer la salle des Maréchaux, en rappelant la belle conduite qu’avaient tenue les anciens républicains, disant que la France n’était pas dégénérée, qu’ils venaient de s’élever par leur courage et leur patriotisme au-dessus de tous les peuples anciens et modernes, qu’il ne fallait pas flétrir les lauriers que nous venions de cueillir en nous comportant comme de vils pillards et que j’engageai tous les honnêtes gens à se retirer sur mes pas afin de ne pas servir de prétexte aux voleurs. Au bas de l’escalier, je fis fouiller tous ceux qui sortaient sans armes du château et déposer les objets volés dans deux guérites placées à l’entrée du jardin du côté du pont Royal, que je laissai à la garde de huit gardes nationaux. Je partis trois heures après, ayant déposé le commandement entre les mains d’un officier que le chef d’état-major avait envoyé pour me remplacer et je passai une partie de la nuit à visiter les différents postes du faubourg Saint-Marceau dont le colonel Zimmer m’avait nommé commandant. Le 30, je m’occupai d’abord à renforcer les postes de la poudrière, du pont d’Austerlitz et de l’entrepôt et me rendis ensuite au conseil municipal dont on m’avait nommé membre. Ayant appris, le soir, que des armes étaient cachées à l’Ecole militaire, j’envoyai à minuit à l’Hôtel de ville deux de mes garçons qui, par ordre du colonel Zimmer, s’y rendirent et parvinrent à l’aide de quelques gardes nationaux à s’emparer d’un grand nombre de fusils, qu’ils ont fidèlement déposés à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le 31 juillet, je reçus l’ordre du colonel Zimmer de me rendre à Bicêtre à la tête de cent quinze gardes nationaux pour prêter main forte à la garnison par suite d’une dépêche dont j’avais été porteur à 3 heures du matin qui annonçait qu’une troupe de gens mal intentionnés voulait se rendre de Montrouge à Bicêtre pour y favoriser l’évasion des cinq cents détenus que ce château renfermait. Je pris avec le capitaine des vétérans qui y commandait les mesures nécessaires pour comprimer l’émeute. Le 3 août à 3 heures du soir je reçus du colonel Festhamel l’ordre de partir pour Rambouillet et à 4 heures je marchais, à la tête de cent soixante gardes nationaux, sur la route de Versailles, suivi d’une ambulance fort bien organisée, qui a rendu de grands services en soignant les blessés, dont le nombre fut considérable à cause de l’imprudence de ceux qui, n’ayant pas l’habitude de porter des armes, les déchargeaient sans précaution. Je revins, le 4 au soir, me faire saigner et me mettre au lit parce que j’avais failli être écrasé la veille en sortant de Paris, par un cheval rétif qui s’était cabré sur moi, ce qui ne m’a pas empêché d’accompagner ma troupe jusqu’à une lieue et demie de Rambouillet malgré que ma chute m’avait valu une ecchymose au bras droit et de fortes contusions à la tête et à la jambe droite. Pendant tout ce temps jusqu’au 6 août, j’ai non seulement fermé mon établissement et cessé de fournir ma clientèle mais j’ai encore distribué gratuitement aux combattants et aux soldats désarmés des casernes voisines toute la bière que j’avais en magasin. Par suite de la fermeture de mon établissement depuis le 27 juillet jusqu’au 6 août, j’ai perdu une grande partie de ma clientèle. » Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Dès le 26, il déclara qu’il se refusait de payer les impôts à un roi parjure. Il se rendit ensuite à la Bourse, où il demeura jusqu’à 10 heures du soir, faisant partie des groupes. Le 27, au rassemblement chez M. Chardel, il dit que l’on devait repousser l’injustice par la force et que dès le lendemain il marcherait en tête. Le 28 au matin, il fut nommé commandant par les citoyens assemblés à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il les dirigea à la poudrière, en empêchant de délivrer les prisonniers de Montaigu et évitant de passer par Sainte-Pélagie. Il fit transporter de la poudre à tous les endroits où l’on se battait et en envoya aux Gobelins. Il commandait et paya de sa personne au combat du pont d’Austerlitz. Le 29, il dirigea la colonne sur la caserne de Babylone et commanda l’attaque après avoir inutilement envoyé un parlementaire. Il sauva la vie à plusieurs Suisses prisonniers. Nommé commandant du faubourg Saint-Marcel, il fit la campagne de Rambouillet à la tête de cent cinquante hommes de la garde nationale, qu’il avait réunis. » Cuvillon, Jean-Baptiste, Philémon adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, qui donne des indications sur la participation de Maës à la révolution de Juillet : « Je partis le 27, sous le commandement de M. Maës, comme simple volontaire et me trouvai jusqu’au 28 dans la nuit partout où les dangers les plus éminents pouvaient satisfaire le courage du chef sous les ordres de qui je m’étais rangé, ce qui est constaté par un certificat de ce commandant, en date du 7 de ce mois. Le 29, je vis de nouveaux dangers, qui n’étaient pas moins glorieux et aussitôt je me joignis à quelques hommes que commandait le lieutenant Duruy. Nous nous emparâmes du poste de Sainte-Pélagie. A peine l’occupions-nous que les détenus pour vol et autre faits de cette nature se révoltèrent. Quoiqu’en fort petit nombre, nous employâmes la force pour réprimer cette révolte, qui fut dès lors entièrement dissipée. Je restai à ce poste pendant soixante heures et ne demandai de permission de m’absenter que pour le temps absolument nécessaire au pansement des malheureuses victimes de la cause sacrée, ce qu’affirme un certificat du lieutenant Duruy, en date du 22 août. A peine avais-je pris quelques heures de repos que le lieutenant Duruy vint me demander pour le suivre au poste de la poudrière, et qui n’était plus gardé que par quelques hommes. Aussitôt je le suivis et restai à ce poste trente heures. Aussitôt je suivis et reste à ce poste trente heures. M. Chaumont, élève de l’Ecole polytechnique, commandant en chef de ce poste, a bien voulu mettre dans son rapport du 1er au 2 août une note particulière sur le zèle et l’activité que j’ai déployés dans son service, comme le dit ce même certificat du lieutenant Duruy en date du 22. Le lendemain 3 août, vers les 2 heures de l’après-midi, M. Maës, commandant, me dit que je pouvais encore être utile à la nation en formant une ambulance et en me dirigeant sur Rambouillet. Aussitôt je me joignis à M. de Sainte-Marie, médecin. Après nous être procuré tout ce qui pouvait compléter une ambulance, nous fûmes suivis de plusieurs chirurgiens de nos amis et nous eûmes la douleur de devoir exercer notre art sur un assez grand nombre de malheureux blessés par imprudence. » A cette lettre, Maës ajouta l’apostille suivante, comme chef du 4e bataillon de la XIIe légion : « Le zèle, le courage et le patriotisme dont M. Cuvillon a donné les preuves les plus éclatantes me semblent mériter toute la bienveillance de messieurs les membres de la Commission. » Il joignit aussi le certificat suivant : « Je, soussigné, commandant du 4e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale, certifie que M. Cuvillon, chirurgien attaché à l’hôpital de la Pitié, s’est trouvé les 27 et 28 juillet dernier, constamment à mes côtés, que les jours suivants je l’ai trouvé sous les ordres de M. le lieutenant Duruy, et que le courage et le patriotisme dont il a donné des preuves non équivoques méritent de ma part les plus grands éloges, qu’enfin il a fait partie de l’ambulance que j’ai dirigée sur Rambouillet le 3 août. » Dans le récit que fit Tardieu, Pierre, Antoine de sa propre participation aux combats, on trouve les indications suivantes concernant Maës : « […] Etant sorti le matin du mercredi 28 juillet, j’engageai à prendre les armes toutes les personnes que je vis réunies en groupes. Comme je rentrai chez moi, vers les 10 heures, M. Thorin, ancien capitaine de la garde nationale, me pria de venir avec lui à la mairie pour tâcher de la réorganiser. Nous nous trouvâmes réunies environ une vingtaine de personnes et priâmes M. Cochin, maire, de donner des ordres pour que la garde nationale prît les armes pour la protection des personnes et des propriétés. Il nous répondit que le préfet n’était plus à l’Hôtel de ville, que, voulant y aller chercher des ordres, la fusillade l’avait forcé de rebrousser chemin, qu’il était sans direction et ne pouvait autoriser les citoyens à s’armer. On lui fit différentes objections et la conférence s’étant prolongée environ une demi-heure, sans résultat, impatient, je me levai et posant ma main sur la table : “Messieurs, m’écriai-je, je vous attends ici dans une heure, en uniforme et en armes, amenez tous ceux qui voudront vous accompagner.” Je sortis sur-le-champ, l’assemblée se leva et me suivit. Là, étaient présents M. Cochin et ses deux adjoints, M. Louis, Jean et Eugène Falleron ou Salleron, Thorin, Sterlingue, Passy, Gérardin, Jorry (voir Jorry, Sébastien, Louis, Gabriel), Noël Girard, Maës et je crois MM. Houette, Chuquet, Branville, Panis et plusieurs autres électeurs […]. » Dans le récit que fit Schwartz, Laurent, Christophe de sa propre participation aux combats, intitulé Détail de ce que j’ai vu et fait dans les trois journées de Juillet, on trouve les indications suivantes concernant Maës : « […] Je n’ai eu que le temps, arrivant chez moi, de prendre un verre de vin quand on est venu me dire qu’on allait désarmer la caserne des vétérans de la garde, rue du Jardin-du-roi. L’expédition étant faite, nous nous sommes transportés à la poudrière, où nous nous sommes trouvés au moment que le détachement parti de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement venait de désarmer le poste qui s’y trouvait du 15e. Aussitôt nous sommes descendus par le boulevard au pont d’Austerlitz, où les cuirassiers se présentaient avec quelques tirailleurs de la garde qui venaient le long des quais. Pour passer, nous avons fait un feu assez nourri pour les empêcher d’effectuer le passage et nous avons filé le long des quais jusqu’au port aux vins, où nous empêché des malveillants qui voulaient y entrer. Là, on nous a fait prendre à chacun un verre d’eau. Nous sommes remontés par la rue de Seine-Saint-Victor et nous nous sommes rassemblés sur la place de la Pitié, où nous avons pris un tambour qui marchait à notre tête. Nous sommes partis et nous nous sommes dirigés sur la préfecture de police, avec M. Maes à notre tête, qui ne nous avait pas quitté d’un instant. Arrivés au pont Saint-Michel, nous sommes avertis de ne pas aller plus loin, que nous n’étions pas en force pour attaquer la préfecture, vu que toute la gendarmerie s’était jetée en masse dedans et nous n’étions que cent vingt à cent trente. M. Maes s’est enfin rendu aux vives instances qui lui ont été faites, n’a pas passé le pont mais, se promettant bien de revenir le lendemain matin et comme la nuit nous prenait, nous sommes rentrés chacun chez nous mais il a été décidé que le lendemain de 6 à 7 heures nous nous assemblerions sur l’Estrapade pour aviser un moyen de désarmer le dépôt de la garde royale qui s’y trouvait. En effet, nous nous sommes rassemblés le 29, tant du (ancien) XIIe arrondissement que des (anciens) XIe et Xe et nous nous sommes trouvés à peu près mille, ayant notre chef, M. Maes, à notre tête et les autres des jeunes gens de l’Ecole polytechnique. Ayant sommé les officiers de la garde de se rendre de bonne volonté, sur la parole d’honneur de chefs qu’il ne leur serait rien fait, en effet la chose s’est très bien passée, ils se sont rendus sans qu’il y ait eu un seul coup de fusil de tiré. Après ce, nous nous sommes rendus rue Neuve-Sainte-Geneviève, à la caserne, où était le bataillon du 15e. Nous les avons également sommés de rendre les armes. Voulant faire des difficultés, nous leur avons dit que le dépôt de la garde royale s’était rendu. Un officier a demandé à savoir la vérité et, après s’être convaincu du fait par les personnes qui l’y ont conduit, ils ont rendu leurs armes sans aucune difficulté. Après nous nous sommes rendus rue de Lourcine. M. Maes nous a quittés à la rue Sainte-Geneviève pour aller préparer son cheval et devant nous rejoindre à la place de l’Odéon. Et, étant devant la caserne occupée par le 15e et comme nous avions même avec nous un officier de celle de rue Neuve-Sainte-Geneviève, nous n’avons éprouvé aucune résistance. De là, nous avons été place de l’Odéon. Nous nous sommes rencontrés plusieurs détachements des (anciens) Xe, XIe, XIIe. On nous a délivré un drapeau, nos chefs se sont mis à la tête et nous sommes partis pour la caserne de la rue Babylone, en passant par la rue de Varennes. Aussitôt notre arrivée, le feu a commencé vivement. Plusieurs de nous ont succombé ; entre autres un jeune homme de l’Ecole polytechnique a été frappé d’une balle au-dessous de l’épaule, passant dans la poitrine ; un autre, soi-disant mécanicien, en a reçu une à l’estomac ; un autre a été frappé dans le bas-ventre et est expiré aussitôt. Sans compter ceux que je n’ai pas vu tomber parce que je ne pouvais pas tout voir. Il y a eu plusieurs blessés. Arrivés près de la caserne, où le feu allait toujours très fort, les Suisses avaient mis leurs matelas sur leurs croisées pour mieux ajuster. Nous avons pris parti de bien vite sauter dessous la caserne, ce qui a fait cesser le feu des Suisses, vu qu’ils n’osaient plus se montrer aux croisées et qu’ils ne pouvaient plus tirer sur nous. Quatre ou cinq personnes se sont détachées et ont couru chercher de la paille et nous avons mis le feu à la porte cochère, ce qui les a déterminés à partir. Pendant que la porte brûlait, un individu, armé d’une pioche, a enfoncé une petite porte donnant dans la caserne. C’était l’endroit où ils faisaient la lessive. Nous y avons trouvé beaucoup de linge, encore tout mouillé, sur des tréteaux, et derrière le cuvier, un Suisse qui y était caché, en chemise et sans armes. Nous ne l’avons pas maltraité. Nous l’avons sorti des groupes qui s’y trouvaient afin que rien ne lui arrivât. Nous l’avons remis à quatre bourgeois qui nous ont demandé à le remettre à l’Hôtel de ville et nous ont promis d’en avoir soin. La chose terminée, M. Maes a remis son cheval à son domestique et nous avons été avec Schwartz, Moré Barthélemy (voir Morel, Barthélemy, Michel ?) et M. Maes chercher les pompiers et, en tournant la rue de Bourgogne, nous avons aperçu vingt à trente gendarmes à cheval, qui avaient mis pied à terre, tenant leurs chevaux par la bride mais nous nous sommes mis aussitôt en devoir de nous défendre et M. Maes s’étant aperçu qu’ils étaient désarmés, nous a crié Messieurs ne tirez pas ! Ils se sont arrêtés et M. Maes leur a dit Vous êtes bien imprudents de venir près de la caserne. Si vous vous étiez trouvés, un quart d’heure plus tôt, vous auriez été fusillés. Ils l’ont remercié et ont pris de suite le chemin pour descendre à la caserne rue de Tournon. Nous sommes revenus jusqu’à la place du Panthéon, où l’on a posé un poste à la prison de Montaigu et nous sommes tous rentés chez nous. Le samedi 30, nous sommes partis pour Bicêtre, où on nous avait dit que les prisonniers se révoltaient. M. Maes s’est mis à notre tête. Nous étions à peu près cent vingt à cent trente. En arrivant dans Bicêtre, nous avons fait arborer le drapeau tricolore, qui n’y était pas encore, et le calme a été bientôt rétabli, les vétérans se sont conformés à tout ce qu’on leur a dit et ont reconnu de suite le lieutenant-général du royaume. Le 3 août, ayant appris que l’on partait pour Rambouillet, un ami m’est venu prévenir. Nous avons été trouver M. Maes chez lui. Il était déjà monté à cheval et il avait réuni et fait venir plusieurs personnes. On s’est trouvé environ cent quatre-vingts à deux cents et rendu à l’Hôtel de ville pour prendre des ordres et pour savoir le résultat auprès du général Lafayette. Ensuite, nous nous sommes rendus à la place de la Révolution, où nous avons pris les voitures et nous nous sommes rendus à Versailles. […]. » Dans le récit que fit Lecuyer, Claude, Léonard de sa propre participation aux combats, on trouve les indications suivantes concernant Maës : « […]» Le 28 juillet, je suis parti de chez nous à 7 heures du matin et j’ai rencontré mes amis qui venaient de désarmer les gendarmes de la caserne Mouffetard. De là, nous sommes descendus jusqu’à la barrière de Fontainebleau et avons désarmé tous les postes qui se sont trouvés sur notre passage. De cette barrière, nous sommes venus désarmer les postes de la barrière des Deux-Moulins et de la Gare. Après cette opération, nous nous dirigeâmes sur la poudrière, où nous rencontrâmes des citoyens envoyés par M. Maës (voir Maës, Nicolas, Joseph) pour s’en emparer. Après nous être joints à eux, nous cassâmes la porte à coups de sabres et immédiatement après le concierge de l’établissement nous apporta les clefs du magasin à gauche en entrant. Nous nous munîmes de poudre et fûmes combattre les cuirassiers qui étaient en position au pont d’Austerlitz. Nous éprouvâmes une fusillade assez vive vers 3 heures environ et repoussâmes plusieurs charges, qui ne nous firent perdre qu’un seul homme. Il y eut aussi un enfant de blessé. A 5 heures ou 5 heures et demie, M. Maës, qui nous commandait depuis notre arrivée au pont nous fit diriger sur la place aux Veaux, où, étant arrivés, il nous engagea à aller prendre quelques nourritures (nous n’avions rien pris depuis le matin) et nous fit jurer d’aller le rejoindre au carré de la Pitié à 7 heures du soir, où je me rendis à l’heure indiquée, après avoir employé les trois quarts du temps qui nous avait été accordé à faire des cartouches. M. Maës, qui ne se fit pas attendre, nous conduisit à la préfecture de police, où nous restâmes à peu près une heure. Ensuite, notre commandant ayant jugé notre présence inutile dans ce moment, nous renvoya, après nous avoir fait promettre de nous réunir de nouveau le lendemain 29 à 7 heures du matin au carré de la Pitié […]. » Maës signa le certificat suivant en faveur de Pinette, Joseph : « Je certifie que M. Pinette s’est bien comporté à la prise de la caserne de Babylone. » Il signa, le 10 août 1831, comme « propriétaire et décoré », le certificat suivant en faveur de Fournier, Nicolas, Charles : « Je certifie avoir vu le nommé Fournier, Nicolas, Charles combattre près de moi au pont d’Austerlitz et à la Grève dans les mémorables journées de juillet 1830. » Il ajouta l’apostille suivante : « J’atteste que le sieur Fournier a combattu sous mes ordres au pont d’Austerlitz. » Il fit partie avec Delestre (président du jury), Condé Louis-Philippe Antoine, Chanonat Pierre Adolphe, Dufresne Olivier Claude, Grün Sébastien Jacques, Herfort François Joseph, Laugier Adolphe, Leuillier Antoine Pierre, Mercier Célestin Joseph Valentin, Paris Théodore Marie Augustin, Parquet Charles Egalité, Prévost Henry François, Vayron François Benjamin, Vitry Pierre Hippolyte, Vitte Joseph Marie, des seize membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) XIIe. Dans le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 21 janvier 1831, concernant Lyon, Charles, on trouve les informations suivantes concernant Maës : « […] Le 29, à Babylone à l’arrière-garde. A vu un homme en casque de cuivre, qui avait pris le commandement et s’est retiré au fort de l’affaire, est revenu au feu et a répondu à un homme qui lui demandait d’où il venait, qu’il avait été prendre un verre d’eau sucrée. Cet homme est M. Maës. » Alexandre Dumas fut un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet. Il en laissa un récit impartial et bien renseigné. Nous empruntons à ses Mémoires, son témoignage concernant Maës : « […] A la prison Montaigu, on avait trouvé cent cinquante hommes l’arme au pied, et prêts à se défendre. Un brasseur de la rue Saint-Antoine, nommé Maes, était là, nouveau Santerre, avec une soixantaine d’insurgés. Il était à cheval et portait l’ancien uniforme de la garde nationale. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 3 février 1831, à sept voix pour la croix, aucune voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il signa, le 9 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Duruy, Melchior, Arcel : « Je certifie que M. Duruy, Melchior, Arcel, m’a accompagné le 31 juillet 1830 à Bicêtre pour y apaiser la révolte des prisonniers et qu’il a montré un grand courage, en cherchant à réunir les habitants du faubourg Saint-Marceau pour cette expédition. » Il signa, le 12 août 1831, le certificat suivant en faveur de Ducros, Jean-Baptiste, Luglyen, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Ducros, Jean-Baptiste, Luglyen a pris les armes dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, qu’il s’est trouvé à la Grève, rue Saint-Honoré ainsi qu’à la caserne de Babylone, sous les ordres de M. Maës. Par conséquent nous estimons que d’après le courage qu’il a montré pour la défense de nos droits attaqués, il est juste qu’il ait part aux récompenses nationales. » Il ajoutait certifier que Ducros s’était trouvé à l’attaque de la caserne de Babylone. On trouve son nom sur une souscription en faveur du Bon Sens pour payer une amende. Fieschi parlait de lui ainsi : « – Avez-vous connu le sieur Maës ? – Je l’ai vu une fois ; mais je ne lui ai jamais parlé. Il reste rue Censier, il emploie vingt-cinq ou trente ouvriers, il les enverrait bien se battre mais il se cacherait volontiers derrière un pilier ou une pyramide. » En 1830, il était chef du 4e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale. Il demeurait 7, rue du Marché-aux-Chevaux en 1809 ; 7, rue Censier en 1830-1831. Almanach du commerce de Paris et des départements de l’Empire français et des principales villes du monde, par J. de la Tynna, 1809, 12e année, Paris, chez Tynna, propriétaire-rédacteur, rue Jean-Jacques-Rousseau et chez Capelle et Renand, libraire-commissionnaire rue Jean-Jacques-Rousseau et Bailleul, imprimeur-libraire, éditeur du Journal du Commerce, rue Helvétius n° 71, p. 148 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VK3 29, la mention de Chinard, Pierre qui combattit sous ses ordres ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 3 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), in dossier Guilbart, Charles, Edouard, in dossier Blaise, Louis, idem en date du 21 janvier 1831 la mention concernant Lyon, Charles, idem en date du 27 janvier 1831 la mention concernant Armand, Laurent, Antoine, idem en date du 3 février 1831, idem mention pour Nottelet et pour Sibien, Claude, François, Adolphe en date du 10 février 1831, idem en date du 12 février 1831 la mention pour Bost, Abel, Thomas, idem en date du 19 février 1831 la mention pour Oradoux, Jean-Baptiste (où il est expliqué que Maës se faisait faire la barbe peu avant le départ de la colonne de combattants pour l’attaque de la caserne de Babylone), idem en date du 22 février 1831 la mention de Sanson, Modeste, Tranquille, idem en date du 18 avril 1831, la mention de Post, Théodore, Joseph ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants (où son nom est cité pour Dauriac), idem sa mention propre ; Archives de Paris VK3 42 in dossier Cuvillon, Jean-Baptiste, Philémon ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lecuyer, Claude, Léonard ; Archives de Paris VK3 48 in dossier Maës ; Archives de Paris VK3 50 in dossier Pinette, Joseph ; Archives de Paris VK3 52 in dossier Schwartz, Laurent, Christophe, classé par erreur in Schwartz, Herman ; Archives de Paris VK3 53 in dossier Tardieu, Pierre, Antoine ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/88 in dossier Fournier, Nicolas, Charles ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives de la préfecture de police AA 386 in dossier Ducros, Jean-Baptiste, Luglyen ; Archives nationales CC 681 dossier Auzias, noms des souscripteurs, sur une liste saisie au cours d’une perquisition chez Auzias ; Archives nationales CC 689, cf. Barthélemy ; Attentat du 28 juillet 1835, Cour des pairs, Paris, 1836, interrogatoire du 19 août 1835 ; Archives de Paris AA 387 in dossier Duruy, Melchior, Arcel ; Voir Sanson, Modeste, Tranquille ? voir Schwartz, Laurent, Christophe ? On peut lire dans Biographie de la ville de Saint-Omer, H. Piers, Saint-Omer, 1835, imprimerie de J.-B. Lemaire, p. 239, l’avis suivant : « Nicolas-Joseph Maes, né à Saint-Venant (près de Robecq, N.D.A.), a aussi des droits certains à la considération des Audomarois. Il était connu avantageusement dans le commerce par sa droiture et sa probité ; ancien membre du district de cet arrondissement, de plusieurs commissions de bienfaisance, et du conseil municipal, il rendit plusieurs services à la commune à des époques difficiles, et employa toute sa vie à faire le bien. Il est mort à Paris à la fin de novembre 1832. » Est-ce le même ? On trouve aussi dans le dossier une lettre signée de Maës (mais différente de celle qui signe le récit) et qui se rapporte à l’obligation pour les décorés de porter le serment de fidélité au roi. Cette lettre est ainsi rédigée, sans qu’on soit sûr qu’il s’agisse de lui ou de l’autre Maës ou d’un autre Maës : « Nos peines sont inutiles. Voulant savoir positivement la détermination des rédacteurs, j’ai attendu jusqu’à 11 heures et demie hier au soir leur arrivée et suis fâché de vous apprendre qu’ils ont refusé l’insertion de notre protestation dans le Courrier comme dans le Constitutionnel. Je me suis servi du nom de la Commission de illisible arrondissement. J’ai expliqué nos sentiments et le motif de leur énonciation publique. J’ai même reproché l’indifférence témoigné à une cause si honorable et si insultée. Les rédacteurs en chef des deux journaux m’ont allégué pour raison de refus « qu’il fallait un terme à tout et que cette affaire avait déjà trop occupé les journaux ». M. Bert, du Constitutionnel, m’a dit que le ministre avait « mis les pouces » que dans le (ancien) Ier arrondissement on n’exigeait pas le serment, qu’il ne fallait signer le registre que pour constat d’identité de la personne. Du reste n’importe les opinions des hommes ce me semble les faits sont incontestables. Que signifient ces lettres cachetées que les maire ne doivent ouvrir que quand les registres seront au complet. Quel est le but de cette supercherie infâme et révoltante ? Pourquoi couvrir du voile du mystère ce qui doit être en évidence palpable. Pourquoi nous insulter en nous traitant comme des imbéciles ou des enfants à qui on offre un joujou caché pour prix de leur obéissance ? Fais cela et tu verras ce que tu auras. Je vous assure, monsieur il faut que la chose soit aussi positive qu’elle l’est pour que je puisse croire en France après le événements de Juillet qu’on ose faire une ordonnance contradictoire à la loi, qui est rendu plus outrageant aujourd’hui par cette conduite mystérieuse et insultante. Je dis j’ai peine à le croire et suis certain que cette malheureuse vérité serait insérée dans un journal anglais on ne la croirait pas. On dirait On s’est trompé de nom c’est à Lisbonne que l’on a voulu dire et non pas à Paris. Nos estimables camarades, MM. Lauger et Mercier seront affligés de voir que les journaux qui doivent être de notre parti refusent d’exposer nos griefs, afin que le gouvernement puisse mieux nous opprimer. Il nous opprime, il nous opprimera davantage mais la fin …illisible l’œuvre ! PS J’irai à 3 heures à l’Ecole polytechnique et tâcherai de me rendre chez vous avant 5 heures. »