Magino, Pierre, Antoine
Biographie
Né le 7 juillet 1795 à Biasca (Suisse), non naturalisé. Limonadier. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet la lettre suivante à la Commission : « Le soussigné Pierre, Antoine, Magino […], ouvrier des barricades de 1830 et 1848, établi cafetier rue de la Madeleine n° 1, au café de la Ire légion de la garde nationale, obligé de quitter son établissement pour fin de bail au bout de cinq ans, a ouvert un autre établissement rue Royale-Madeleine n° 17, où il est resté encore cinq ans mais le gouvernement de la charte-vérité, croyant que le soussigné recevait les réfugiés italiens, l’a précipité dans la chute de son établissement. Cependant il a rempli toutes ses obligations, en faisant le sacrifice de son avoir, pour conserver son nom et éviter même d’avoir un protêt. Il a servi depuis comme glacier illisible à la Société des commerçant d’Elbeuf. Puis, de retour à Paris, il est entré au café de Foy et enfin au café d’Orsay. Il a pensé avoir droit à la demande qu’il vous fait, par sa conduite à l’hôtel des Affaires étrangères, plus tard en procurant des armes, en faisant ensuite des barricades, enfin en assistant et coopérant dans les endroits où il y avait du danger. Sans place maintenant, à la charge d’un de ses amis, il s’adresse avec confiance à vous, pour lui venir en aide. Son âge, du reste un peu avancé pour sa profession, lui fait espérer que vous pourriez lui faire donner une place de garçon de bureau ou tout autre dans ce genre. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare avoir accompagné le citoyen Magino dans la nuit du 23 au 24 février, de l’avoir vu travailler aux barricades à la bastille et aux boulevards, où il a cherché à rétablir l’ordre. » Signé le 3 avril 1848 : Augé Joly, demeurant à Charenton-le-Pont. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je déclare avoir vu le citoyen Magino à la construction des barricades à la prise de la Bastille et aux Tuileries car il m’a aidé à mettre de l’ordre avec d’autres citoyens. » Signé, à Bercy, le 26 avril 1848 : Mercier, demeurant 22, rue de Reuilly à Bercy. Il fut recommandé par la Commission pour une mention honorable à paraître dans le Moniteur. Il était célibataire en 1848. Il demeurait à Paris depuis octobre 1813 ; 10, rue Zacharie en 1848. Archives de la préfecture de police AA 400.