Maillard
Biographie
Chef de bataillon au 5e de ligne. On peut lire dans le manuscrit de Victor Crochon le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : « [Le 27 juillet dans la soirée] Les 1er et 3e bataillons du 15e léger se réunirent près le Pont-Neuf, où l’on chargea les armes ; de là, ils se rendirent aux boulevards qu’ils parcoururent jusqu’à la rue Saint-Antoine, puis, descendant cette rue, ils arrivèrent sur la place de Grève, précédés d’un peloton de gendarmes et de commissaires de police, revêtus de leurs écharpes blanches : ils prirent ensuite position sur le quai Pelletier jusqu’au Pont-Neuf, et ne regagnèrent leurs casernes qu’à 1 heure du matin. Ils ne tirèrent pas sur le peuple, qui était assez calme, même dans la grande rue Saint-Antoine ; car le mouvement, si animé aux environs du Palais-Royal, ne s’était pas encore étendu jusqu’aux extrémités de la capitale. [Le 28 juillet] Le 3e bataillon du 15e léger, qui faisait partie de la colonne Talon, s’était arrêté sur le quai aux Fleurs. Le commandant Maillard ne devait y laisser que deux compagnies et soutenir, avec le reste, les mouvements du général ; mais ce généreux officier, cet excellent citoyen, vivement ému de tant de massacres, prit la résolution d’observer une stricte neutralité et refusa formellement de seconder la garde royale. Ayant jugé convenable d’envoyer un lieutenant avec trente voltigeurs sur le quai de la Cité, à une soixantaine de pas du pont d’Arcole, il lui recommanda de ne pas tirer sur le peuple ; il est presque inutile d’ajouter que cet ordre fut ponctuellement exécuté ; ce détachement fut jusqu’à la nuit témoin impassible de la vive fusillade que les tirailleurs patriotes dirigèrent de ce point sur les troupes qui occupaient la place de l’Hôtel de ville. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Maillart), auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1831, il était chef de bataillon au 5e de ligne. Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 151, 240-241 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement.