Maillard, Adolphe, Jacques

Biographie


Né le 16 décembre 1809 à Louviers (Eure), fils de Maillard, Jacques, Denis, journalier, et de Chatel, Françoise, Elisabeth, Scholastique, son épouse. Coiffeur. Sur le point d’être incorporé, il fut gravement blessé d’un coup de feu reçu dans la poitrine le 28 juillet, boulevard du Temple. Hospitalisé à l’Hôtel-Dieu, il mourut du tétanos, le 9 août suivant. Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Son père, Maillard, Jacques, Denis, né le 9 octobre 1781 à Arnières (Eure), sabotier, ancien militaire blessé et pensionné de cent trente-quatre francs, veuf de Chatel, Françoise, Elisabeth, Scholastique, décédée le 8 juin 1823 à Louviers, non remarié, père de deux autres enfants plus jeunes et encore à charge, demeurait à Louviers ; il avait de plus à charge une sœur aveugle depuis quatre années « qui a perdu un débit de tabac qu’il avait obtenu par suite de ses services militaires et ce par une dénonciation mal fondée ». Il produisit un certificat délivré par la mairie de Louviers, en date du 9 mars 1831, attestant qu’il n’avait « pour moyen d’existence que le produit de son travail, peu productif à cause de ses blessures et une faible pension de retraite et qu’il a en outre à sa charge deux autres enfants plus jeunes que celui qu’il vient de perdre ». Le père fut pensionné de deux cents francs et il lui fut accordé (sous le nom de Maillard, Jacques, Denis), par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. On trouve dans son dossier une lettre de Latouche, demeurant 1, rue de la Huchette et chez lequel logeait Maillard, en date du 3 mars 1841, adressée au médecin Dupuytren, pour obtenir un certificat constatant les causes du décès afin d’obtenir l’exemption du service militaire du second fils de la famille, appelé à faire partie du contingent de la commune ; Latouche donnait les explications suivantes : « […] Cependant tel ne devrait pas être son sort puisque son frère aîné devait faire partie de l’armée à l’époque de son décès et qu’il n’attendait qu’un ordre de départ pour se ranger sous les drapeaux ; on devrait le considérer comme appartenant dès lors au service de l’Etat au mois de juillet et par conséquent le frère puîné doit pouvoir invoquer le bénéfice du cas d’exemption que la loi prononce en sa faveur. D’un autre côté la position peu aisée du père Maillard comme l’intérêt […]. » Les parents s’étaient mariés le 24 juillet 1809 à Louviers ; sur l’acte de mariage, Maillard, Jacques, Denis est indiqué comme le fils de Maillard, Etienne, journalier, et de feue Anteneuve, Marie, son épouse ; Chatel, Françoise, Elisabeth, Scholastique est indiquée comme née le 9 février 1784 à Louviers, fille de Chatel, Alexandre, Samuel, siamoisier, et de Aubert, Marie, Madeleine, et comme étant couturière. Maillard, Jacques, Denis avait reçu son congé le 29 août 1807, comme fusilier à la 1re compagnie du 3e bataillon du 33e régiment d’infanterie depuis le 13 ventôse an XII ; son congé certifiait qu’il s’était comporté comme « honnête homme et brave militaire » pendant son service militaire et qu’il avait participé aux campagnes des années XII et XIII sur les côtes de l’Océan et à celles de 1806 et 1807 à la Grande Armée, qu’il avait été blessé le 6 février 1807 à l’affaire de Lunsberg d’un coup de feu qui lui avait traversé la partie intérieure du tibia gauche. Le père mourut en 1841, remarié, et sa veuve demanda à toucher la pension. Le 24 juillet 1840, les restes de Maillard (sous le nom de Maillard, Antoine dans le procès-verbal dexhumation in Archives de la préfecture de police AA 420) furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, place de la Bastille. Le nom de Maillard (A. Maillard) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Il demeurait chez Latouche, 1, rue de la Huchette (17, rue des Fossés-du-Temple dans son certificat de décès délivré par lHôtel-Dieu) ; son père, à Louviers en 1831. Histoire de ce qui sest passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 290 ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 101 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 103 (sous le nom de Maillard, Jacques, Denis) ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (35 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/51 in dossier Crozel, Jean ; Archives nationales F/1dIII/64 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, ascendants (sous le nom de Maillard, Jacques, Denis) ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.

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