Maitrejean
Biographie
Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il adressa, le 10 août 1831, la lettre suivante à la Commission : « Je n’ai pas demandé à la Commission des récompenses la décoration de Juillet. Je pensais que les deux rapports que j’ai eu l’honneur d’adresser à M. le général Fabvier [président de la Commission des récompenses nationales, N.D.A.] auraient mis la Commission à même d’apprécier ma conduite dans notre mémorable révolution. Ami de la liberté, je me suis associé à toutes les réunions qui se sont formées pour l’établir. Aussitôt l’apparition des fameuses ordonnances, j’ai été un des premiers à organiser la résistance. Le mardi 27 juillet, j’ai écrit à M. Casimir Perier (voir ce nom) pour lui offrir mes services contre l’oppression et ceux de vingt-cinq à trente de ma camarades. Le même jour, j’ai aidé le désarmement des gendarmes du corps de garde de la Bourse. Le 28 à 9 heures du matin, j’ai voulu désarmer un poste de six Suisses qui allait relever aux Menus-Plaisirs. J’en fus empêché par M. Marie-Duplan (voir ce nom), qui depuis a été décoré de Juillet. Ces mêmes Suisses ont tué un citoyen à trente pas de moi, courant avec des amis pour leur faire mettre bas les armes. A 10 heures du matin, M. le capitaine Desasard vint me dire de la part du général Fabvier qu’on comptait sur moi pour organiser la défense du faubourg Montmartre. Je n’hésitais pas à accepter de cœur. Il me donna alors un mot d’ordre et un signe de ralliement. Dès cet instant, je m’occupais avec mes nombreux voisins à établir des barricades, faire porter des pavés sur les toits, armer les fenêtres, enfin tout ce que la prudence me suggérait pour une vigoureuse défense. Je m’entourais de plusieurs amis dévoués et dont j’ai envoyé les noms à M. le général Fabvier dans mon premier rapport. Nous formâmes chez moi une espèce de corps de garde afin de ne pas être surpris. Le 29, je sus allé le matin avec plusieurs de mes camarades à l’attaque de la rue de Rohan. Rentré à mon poste, j’ai aidé l’organisation de détachements qui se rendaient à la Bourse, notamment celui commandé par le capitaine Servatius (voir Servatius, Mathias). M. Delaborde (voir Delaborde, Alexandre, Louis, Joseph) étant venu établir son quartier général rue Cadet, je me mis sous son commandement et fus prendre ses ordres. Le soir, on fit courir le bruit que des pièces d’artillerie étaient placées sur Montmartre et que nous devions être bombardés pendant la nuit. Je fus reconnaître Montmartre et trouvais tout tranquille. Le 3 août, lors de l’expédition de Rambouillet, notre brave général Lafayette me chargea du commandement de tous les gardes nationaux de service à l’Hôtel de ville. Je n’ai pris, messieurs, aucun certificat. J’en ai moi-même donné à plusieurs des braves citoyens qui ont servi avec moi et que vous avez honorés de la décoration. Ce que j’ai fait, je l’ai fait pour la patrie. Jamais aucune ambition n’a dirigé ma conduite. J’ai adressé une réclamation pour plusieurs de mes amis qu’elle a oubliés. Je lui ai demandé pour moi une part dans la responsabilité qui pèse sur ceux qui ont pris part à notre révolution. C’est à vous, messieurs, d’apprécier si je dois recevoir l’honneur accordé à beaucoup de mes camarades. Si vous avez besoin d’attestations, demandez-les à MM. Delaborde (voir Delaborde, Alexandre, Louis, Joseph), Laffitte (voir Laffitte, Jacques), Chatelain (voir Chatelain, René, Théophile) du Courrier, Degousée (voir Degousée, François, Joseph), à notre général et enfin à M. Desasars, qui m’a transmis les ordres du général Fabvier. Quelle que soit votre décision, je vous prie de toujours me regarder comme de votre famille car je serai jusqu’à la mort défenseur de nos libertés. » Il signa, le 25 mai 1831, le certificat suivant en faveur d’Olivieri, François, quand ce dernier tenta de faire valoir d’abord devant la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, habitants du faubourg Montmartre et quartier du Palais-Royal, certifions à tous qu’il appartiendra que le sieur François Oliviery (sic), garçon tailleur, demeurant cité Bergère n° 6, âgé de vingt-cinq ans, s’est comporté en bon Français lors des trois mémorables journées de juillet dernier, pour la défense des libertés publiques, qu’il n’a cessé d’avoir les armes à la main ces trois jours ; qu’il a assisté à la prise de la caserne de la Nouvelle-France, où il s’empara de deux cents cartouches, qu’il assista à la prise du Louvre, où il distribua à ses camarades une partie de ses cartouches, au coin de la rue du Coq-Saint-Honoré, et ensuite à celle des Tuileries ; qu’enfin sa conduite dans cette circonstance mérite les plus grands éloges sous le rapport du courage et de l’exemple qu’il donna continuellement à ses autres frères d’armes. » Il demeurait 6, cité Bergère en 1831. Archives de la préfecture de police AA 400 ; Archives de la préfecture de police AA 405 in dossier Olivieri, François. Sur Internet, sans doute s’agirait-il de Maitrejean, Isidore, demeurant 3, rue Richepanse en 1823, administrateur avec Degousée de la Tontine perpétuelle d’amortissement, selon le Bulletin des lois 7e série, tome seizième n° 594 bis p 39 ? Aussi dans internet ancien trésorier-payeur à l’armée ?