Mallet, Jacques, Denis

Biographie


Ancien militaire « ayant fait toutes les campagnes de la première révolution ». Il aida, dans la nuit du 28 au 29 juillet, à déménager les meubles et effets de la barrière de l’octroi, afin de les soustraire au pillage. De la même manière, il prêta des vêtements aux employés afin qu’ils pussent se soustraire aux mouvements de colère s’il s’en présentait. Le lendemain, il fut un des premiers à former un poste de gardes nationaux à la barrière, afin d’empêcher qu’on y mît le feu et pour maintenir l’ordre et la sûreté publique. Convoqué devant un jury de la Commission des récompenses nationales, il eut à répondre à « plusieurs questions insignifiantes » et se retira persuadé qu’il obtiendrait la croix ou au moins la médaille. N’ayant obtenu ni la croix ni la médaille, il s’en plaignit, par une lettre en date du 19 juillet 1831, auprès du président du Conseil, dénonçant les abus et les protections particulières qui avaient permis à beaucoup d’obtenir ce à quoi ils n’avaient pas droit. Il donnait par exemple les explications suivantes : « […] Il est vrai que je n’avais à présenter que des faits non équivoques et pas de protection (la faveur l’avait emporté). Je n’avance rien que je ne puisse démontrer à Votre Excellence. Je la prie de voir le Constitutionnel du 8 mai. M. le ministre y verra une lettre de M. Teste (voir Teste, Charles, Antoine), qui dit qu’il n’a pas sollicité la décoration de Juillet, que même monsieur Mianné Saint-Firmin (voir Mianné Saint-Firmin, Jules, François), secrétaire de la Commission, lui avait écrit pour connaître ses noms, qu’il n’avait pas répondu, et se trouve étonné d’être porté sur la liste. Autre fait, au petit Charonne, le sieur Duret (voir Duret, Antoine, Silvain, Philippe), officier en retraite, a la décoration pour avoir fait abattre des arbres le lendemain de l’affaire de Rambouillet, ce qui a mis toute la commune en émoi. Il n’a pas quitté la commune et n’a pu être exposé. Le maire de la même commune (voir Chareau, Paul, Benjamin), magistrat respectable sous tous les rapports, mais ne fut exposé à aucun danger […]. » Il était porteur de deux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, employés de l’octroi de la ville de Paris, certifions à qui il appartient que dans la nuit du 28 au 29 juillet le sieur Mallet, Jacques, Denis, demeurant rue de Montreuil n° 96, nous a aidé durant toute une nuit à déménager des meubles et effets à nous appartenant, qu’il a prêté des vêtements pour soustraire des employés dont l’existence se trouvait en danger par l’uniforme qu’ils portaient. D’après ces faits il fut un des premiers à se réunir pour former un poste de garde nationale à la barrière et à coopérer à ce que ce bâtiment ne fût pas brûlé. Ledit sieur Mallet, en s’exposant au plus grand danger, s’est conduit de la manière la plus loyale, en remettant à chacun ce qui lui appartenait. » Signé, le 11 novembre 1830 : Fournier ; Halliard ; Fuchon ; Chevalier ; Vinistinit illisible ; Lucy ; Fortin ; Huet. Le second certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, propriétaires, demeurant rue de Montreuil près la barrière de ce nom, certifions que le sieur Jacques, Denis Mallet est un de ceux qui a formé le premier poste de garde nationale à la barrière, ce qui a maintenu l’ordre et la sûreté publique et par ce moyen a empêché de brûler ladite barrière et autres lieux. » Signé, le 14 novembre 1830 : veuve Kerllave, demeurant 147, rue de Montreuil ; Dusson, demeurant 143, rue de Montreuil ; Larue, demeurant 88, rue de Montreuil ; Bourdignon, demeurant 149, rue de Montreuil ; Dulac, demeurant 87, rue de Montreuil ; Alavant. Il demeurait 96, rue de Montreuil en 1830. Archives nationales F/1dIII/65.

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