Mallet, Louis

Biographie


Le 4 décembre 1831, il adressa la lettre suivante au baron Méchin, préfet du Nord : « Excité par plusieurs personnes et surtout par le jeune Fossard dont vous avez si favorablement accueilli la demande qu’il vient d’adresser à la Commission des récompenses nationales j’imite son exemple et prends la confiance de vous remettre ci-inclus l’exposé fidèle de ma conduite lors des événements de notre glorieuse révolution : cité déjà dans la pétition de celui dont j’ai partagé les dangers, les apostilles dont elle est revêtue me sont également favorables. Je regrette, Monsieur le baron, qu’une maladie dont je relève à peine me prive de vous remettre moi-même ces pièces et de solliciter de vive voix votre puissante intervention mais veuillez en prendre connaissance et père des habitants du Nord vous intéresser à ma position. Certain de votre sollicitude, je vous en exprime ici ma sincère reconnaissance. J’ai l’honneur d’être avec le plus profond respect etc. » La lettre qu’il adressait à la Commission des récompenses nationales était ainsi rédigée : « Par ordonnance en date du 10 novembre dernier, Sa Majesté le roi des Français fait un dernier appel aux citoyens des départements qui, par leur conduite au lieu de leur domicile réel lors des événements de juillet 1830, s’opposèrent à l’exécution des ordonnances liberticides, embrassèrent avec enthousiasme le nouveau gouvernement que le peuple de Paris venait de créer et contribuèrent par leur énergie à maintenir l’ordre et à comprimer les derniers efforts que les partisans de la dynastie expirante étaient à tout moment sur le point de tenter. Déjà depuis longtemps, Messieurs, j’aurais dû porter à votre connaissance les faits auxquels j’ai pris part dans ces mémorables journées mais, infatigable quand il s’agit d’obliger les autres, il m’en coûte tant lorsque je dois écrire pour moi-même, que j’ai toujours hésité ; et si aujourd’hui je cède à ce besoin de mon cœur ce n’est point l’ambition qui me guide mais bien le désir de voir ma conduite appréciée par des juges dont l’impartialité égale les lumières. On n’avait à Lille aucune connaissance de ce qui se passait à Paris lorsque la police saisi les presses des rédacteurs de l’Echo du Nord. C’est alors que l’insurrection commença. J’étais du nombre des citoyens qui, sans arme, bravèrent les charges d’un escadron de cuirassiers arrivé sur la grande place à 5 heures du matin pour protéger cette saisie. Voyant que la troupe de ligne prenait les armes et craignant qu’elle ne se joignît aux cuirassiers dont les dispositions étaient hostiles, sans perdre de temps, je cours chez tous les canonniers de ma compagnie, je les prévins de se tenir prêts et, au premier signal, de se réunir à l’hôtel du corps. Avec mes camarades, je parcours les rangs de la ligne déjà en bataille dans presque toutes les rues ; je m’assure des dispositions des soldats et, à peu près certain qu’elles sympathisaient avec les nôtres, j’organise les premières patrouilles composées de canonniers et de citoyens. Elles parcoururent la ville en tout sens et observèrent attentivement l’attitude des militaires. Pendant quatre jours et autant de nuits, ce service ne fut point interrompu et j’y pris toujours une part active. C’est sur mes représentations énergiques que le commandant des canonniers permit l’établissement d’une garde à l’hôtel du corps pour mettre à l’abri d’un coup de main cet établissement qui renfermait alors plus de cinq cents fusils, deux pièces de campagne et des munitions. En effet, le lendemain vers 6 heures du matin, un attroupement composé de cinq à six cents individus, dont les dispositions étaient plus que suspectes, envahit toutes les issues de l’hôtel, voulant s’emparer du matériel et des armes qu’il contenait. Les canonniers de garde résistèrent bravement et parvinrent non sans peine à dissiper les groupes qui, refoulés sur divers points, firent plusieurs tentatives de pillage, qui furent bientôt réprimées. C’est moi qui ai, le 1er août, conjointement avec le jeune Fossard, sapeur-pompier, arboré le drapeau national au sommet du clocher du corps de garde de la place d’armes. C’est encore moi qui, le 13 décembre suivant, prononça le discours d’inauguration du buste du roi des Français en présence de détachements de tous les corps de la garde nationale, discours inséré en entier dans le numéro de l’Echo du Nord du 15 dudit mois, où le rédacteur confirme les faits qui précèdent. Lors de leur séjour à Lille en octobre dernier Leurs Altesses Royales les ducs d’Orléans de Nemours demandèrent à M. Leleux un rapport circonstancié de ce qui s’était passé dans cette ville à l’époque de la révolution ; j’y suis cité d’une manière honorable. Tel est, messieurs, l’exposé de ma conduite. Chargé d’une famille de six enfants, sans fortune et n’ayant pour les élever que les faibles ressources d’un travail pénible dans une teinturerie où je suis employé depuis seize ans au bureau et au magasin, la stagnation du commerce ayant été cause d’une grande réduction dans mes appointements, je me trouve dans une situation très malheureuse : j’en supporte les conséquences avec résignation et fais des vœux bien sincères pour la prospérité de ma patrie et la stabilité du trône que la nation a élevé. Que ne puis-je, Messieurs, borner mes désirs à attendre de vous une simple approbation de ma conduite et des sentiments qui m’animent ! C’est vers ce but que tendraient toutes mes intentions si la nécessité, cette loi impérieuse qui de jour en jour s’appesantit de plus en plus sur moi, ne m’imposait l’obligation bien coûteuse à un cœur délicat et désintéressé de solliciter, si vous m’en jugez digne, un secours que je réclame au nom de ma nombreuse famille ! Doué de quelques connaissances qui me mettent à même d’être employé dans toutes les administrations, serai-je assez heureux pour espérer qu’un jour je pourrais obtenir une place quelconque où en élevant ma famille je me plairai à consacrer mes veilles au bonheur de mon pays ! quelle que soit votre décision à mon égard, daigniez Messieurs, me la faire connaître c’est une satisfaction que j’espère vous ne me refuserez pas. J’ai l’honneur etc. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Les membres du conseil d’administration du corps des canonniers sédentaires de la ville de Lille certifient que M. Mallet Louis sergent major de la 2e compagnie, est entré au corps le 17 juin 1823, qu’il a rempli les fonctions de secrétaire dudit conseil d’administration et de secrétaire du conseil de discipline dudit corps, que, dans toutes les occasions il a donné des preuves de patriotisme et qu’il a toujours fait son service avec honneur, zèle et distinction. En foi de quoi nous lui avons délivré le présent certificat pour lui servir au besoin. Fait à Lille, le 27 novembre 1831. » Signé : Brame, chef de bataillon, commandant ; Periez-Faviez, capitaine ; Saint-Léger, capitaine en second. Il était sergent-major à la 2e compagnie du corps des canonniers sédentaires de la ville de Lille en 1831. Il demeurait 16, rue du Sec-Arembault en 1831. Archives nationales F/1dIII/81, dossier Nord.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Un instant ...

Serveur occupé, tentative de reconnexion dans secondes.

Veuillez recharger la page.

Session mise en pause par le serveur.

Veuillez recharger la page.