Mancel, Michel, Nicolas
Biographie
Né le 21 thermidor an IX (15 juillet 1801) à Colleville (Calvados), fils de Mancel, Jean-Louis et de Bailhache, Marie, Françoise, son épouse. Détenu politique en 1825. Scieur de pierres. Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Le 28, à l’abbaye, a commencé le désarmement du poste vers 7 heures du soir. Il vint combattre à la rue du Mouton et il est demeuré en tirailleur avec M. Thiers (ou Thiery ?) jusqu’à 4 heures du matin aux environs de la Grève. Le 29, au désarmement des casernes Tournon et de la rue de Vaugirard. Il combattit vaillamment à Babylone ; il a brûlé cinquante cartouches. Il fut le 30 à Saint-Cloud. Il mit sa redingote en gage pour se procurer de l’argent pour payer les dépenses du voyage de Rambouillet de six ouvriers qui partirent avec lui, faisant partie de la seconde colonne. Ils s’arrêtèrent à Versailles. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 15 mars 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, à la place de l’Abbaye ; a commencé le désarmement du poste ; vers 7 heures à la Grève, rue du Mouton, avec M. Thiers (sic !) en tirailleur jusqu’à 4 heures du matin. Le 29, au désarmement de la caserne Tournon et de la rue de Vaugirard ; à Babylone, revenu au Louvre mais c’était fini ; il a brûlé cinquante cartouches. Il a mis sa redingote en gage pour avoir de l’argent pour faire avec six ouvriers le voyage à Rambouillet faisant partie de la susdite colonne ; n’a été que jusqu’à Versailles. Avait été à Saint-Cloud. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 15 mars 1831, à six voix pour la croix, deux voix pour la médaille, aucune voix pour une mention et aucune voix pour rien. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1844, marié, père de famille, « réduit à une position malheureuse », il sollicita des secours. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « Marié et père de deux enfants […] sa femme tient un petit commerce de vins. De son côté il est commissionnaire et gagne bien sa vie. Il jouit d’une bonne réputation. Ce ménage est à l’abri du besoin. » En 1849, les mêmes sources administratives rapportèrent : « Sa position n’est pas heureuse et les renseignements recueillis sur son compte lui sont favorables. » En 1854, « très malheureux, ne pouvant payer son terme, sa femme étant malade et ses filles ne gagnant presque rien tout en se tuant de travail jour et nuit pour faire des gilets à soixante-quinze centimes de façon », il sollicita de nouveau des secours, signant sa lettre comme « ex-membre de la société du dix-décembre ». Il reçut vingt-cinq francs de secours en 1845, soixante en 1849, à titre de décoré de la Croix de Juillet, cinquante en 1850 et soixante en 1851. Il recevait sans doute aussi des secours comme condamné politique sous la Restauration. Il demeurait 11, rue des Boucheries au Gros-Caillou en 1831 ; 26, rue de La Rochefoucault (ou 64, rue Notre-Dame-de-Lorette) de 1841 à 1849 ; 60, rue Notre-Dame-de-Lorette en 1849 ; 18, rue Chaptal de 1850 à 1854. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 15 mars 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 15 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/65 ; Archives de la préfecture de police AA 368, Etat des personnes qui sollicitent des secours comme victimes de circonstances politiques et au sujet desquelles des renseignements sont demandés ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199.