Marcé, Hercule

Biographie


Né vers 1806 à Mende (Lozère). Etudiant en médecine. En mai 1831, il sollicita la décoration auprès de la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement : « Soldat de Juillet, je viens, quoiqu’un peu tard, réclamer de votre justice et de votre impartialité la récompense nationale que je crois mériter. Connaissant la multitude et l’importance de vos travaux, je vais tracer le plus succinctement possible les faits qui militent en ma faveur. Je suis un des jeunes gens qui, sans armes, ne consultant que leur patriotisme et non leur nombre et les dangers qu’ils pouvaient courir, forcèrent les gardiens du magasin de la rue Saint-Jean-de-Beauvais à leur ouvrir les portes, pénétrèrent dans l’intérieur des magasins où ils devaient trouver des armes et des munitions d’après le bruit public. Masi notre attente fut trompée, nous nous dirigeâmes alors vers l’Hôtel de ville. Là, réunis au nombre de quarante à cinquante jeunes gens, nous fûmes désarmer un poste de gendarmerie au quartier du Temple (le nom de la rue m’échappe) et immédiatement je me dirigeai vers la place de l’Odéon, où je me joignis aux citoyens qui s’organisaient en compagnie. Bientôt après, nous marchâmes sur la caserne de Babylone. Je remplissais les fonctions de sous-officier dans l’une de ces compagnies. Un jeune élève de l’Ecole polytechnique, près duquel je me trouvais pendant l’affaire, reçut une balle qui lui traversa la cuisse droite ; ce fut moi qui le reçus dans mes bras et qui lui donnai les premiers secours de l’art. C’est encore moi qui aidai à relever un homme d’une quarantaine d’années qui venait de recevoir une balle au milieu du front et auquel je prodiguai mais sans succès toute espèce de soins. […] Après les trois jours, […] je fus me faire inscrire à la mairie de mon arrondissement sur le rôle des gardes mobiles. » Il joignait à sa demande plusieurs certificats, offrant, si ceux-là se révélaient insuffisants, de présenter « une foule de témoignages ». Le premier, de Bonnassies, Jacques, Antoine (voir ce nom), qui attestait que Marcé s’était trouvé à ses côtés à l’attaque de la caserne de Babylone et y avait « montré durant toute l’action le plus grand courage et le plus grand sang-froid » et qu’aux journées précédents on l’avait vu « toujours où était le danger ». Un certificat de Douvrier, élève de l’Ecole polytechnique : […] Certifie avoir reçu des soins de monsieur Hercule Marcé, pour une blessure que j’avais reçue. Il était venu en armes prendre part à l’affaire de Babylone, où je reçus ma blessure. » Un certificat délivré par Gaillard, Michel (voir ce nom), qui attestait l’avoir vu « les armes à la main, à l’attaque de la caserne de Babylone ». La Lettre des archives départementales de Lozère, Histoire et Patrimoine, n° 12, consacre, à l’occasion d’un article intitulé Il y a cent soixante ans une première en Lozère : lanesthésie à léther, quelques lignes au docteur Marcé, médecin à Mende et qui employa le premier l’éther en anesthésie, selon son témoignage paru dans le Bulletin de la société dagriculture dans sa séance du 3 août 1847. Dans ce même Bulletin, il expliqua le remplacement de l’éther par le chloroforme dès février 1849. Marcé aurait donc été, en août 1846 soit deux mois avant même le docteur Morton, le précurseur mondial de l’anesthésie. Il demeurait 19, rue des Fossés-Monsieur-le-Prince en 1830. Archives de Paris, VD6 631 n° 1.

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