Marchal, Alexandre

Biographie


Fils du colonel Marchal, Jean-Baptiste, qui fut décoré de la Croix de Juillet. Il participa avec son père aux combats. Il nous reste le témoignage de Le Roux, Jacques, Nicolas (voir ce nom) en sa faveur. Il participa à l’attaque de la caserne des Célestins : « […] A peine avions-nous franchi le Pont-Marie, que j’entends des coups de fusil dans les environs de la caserne des Célestins, qui se trouvait en effet attaquée par des braves. J’obtins de ma troupe de faire halte et je m’avançais en éclaireur dans la rue Saint-Paul. Les assaillants de la caserne, repoussés en ce moment par une charge de cuirassiers, faisaient retraite en tirailleurs, beaucoup d’eux étaient armés de fusils brillants qu’ils venaient d’enlever au 50e de ligne, dont ils avaient envahi la caserne à l’Ave Maria. Dans le tumulte de cette retraite, j’entends une forte voix qui m’était connue, rappeler le peuple à la charge. Je vois, l’épée haute et couvert d’une blouse grise, le brave colonel Marchal, que sa haute stature, son courage et sa mine martiale avaient improvisé général du peuple. Je cours à lui, quatre mots d’explication, une course vers mes hommes et leur arrivée dans la rue Saint-Paul, tout cela fut l’affaire de deux minutes. Le commandant Marchal ordonne à son fils de me suivre avec vingt-cinq à trente hommes armés. Les miens avaient quelques bâtons et outils. On se procure quelque pioches et je file le long du quai pour attaquer la porte de la caserne donnant sur l’arsenal. Un détachement de cuirassiers vient pour protéger ce point menacé mais, après quelques coups de carabine et de sabres dont je ne vis pas un grand effet, ces militaires, abandonnés de leurs officiers, rentrent dans la rue de la Mule et se renferment dans la caserne. Le commandant Marchal, en bon ordre, continue son attaque et après une lutte de trois quarts d’heure entre en vainqueur dans la première cour pendant que, de mon côté, je parviens à introduire mes braves par la porte du quai. Les cuirassiers en bataille dans la deuxième cour capitulent et nous fournissent des casques, des cuirasses, sabres et mousquetons. […] Alexandre Marchal, son fils, s’était battu comme un lion. Il avait débarrassé un sergent suisse de sa giberne et de son fusil et c’était un de nos meilleurs officiers. » Ainsi que celui de son propre père : « [Le soir du 28, après les combats de la rue Saint-Antoine] Je retins auprès de moi les plus intelligents de mes braves, dont j’avais fait autant de chefs, je crois devoir les nommer ici pour les signaler à la reconnaissance publique, car ils ont puissamment coopéré aux succès extraordinaires que j’ai obtenus dans cette brillante journée. Je dois placer en tête le citoyen Leroux, dont j’ai déjà eu occasion de parler, ensuite les intrépides Hersent, Fleury, Antoine Roux, ces trois derniers sont morts pour la patrie ; Ritoux, je ne dois pas oublier mon fils Marchal, qui m’a parfaitement secondé. Nous passâmes ensemble toute la nuit, occupés à parcourir la majeure partie de la capitale, afin de bien reconnaître la position de l’ennemi pour diriger en conséquence mes plans d’attaque du lendemain. […] (Le 29 juillet) Aux alentours de Montmartre. Alexandre Marchal, mon fils, dut explorer La Villette et La Chapelle et tous les aboutissants à ces deux points principaux. L’intrépide Hersant fut chargé de la barrière de l’Etoile et de ses affluents jusqu’à la porte Maillot, en se dirigeant par le chemin de la Révolte jusqu’à Saint-Ouen ; d’autres braves inspectèrent les points les plus importants de la capitale, où je présumais qu’il pouvait se trouver encore des troupes, nous devions nous rejoindre tous à Clignancourt, où j’avais fixé notre point de réunion, dans la soirée, pour y recueillir tous les renseignements obtenus. […] J’allai aussitôt rejoindre mes éclaireurs au lieu du rendez-vous où ils devaient tous être arrivés : ils m’y attendaient en effet, pour me faire part des résultats de leur tournée, et, d’après leurs divers rapports, je reconnus de la manière la plus positive que l’ennemi avait formé le dessein de s’emparer de la position de Montmartre. En effet, Hersant avait vu de la cavalerie aux environs de Clichy : Le Roux en avait également vu à Saint-Ouen et aux environs : il avait, en outre aperçu de l’artillerie qui stationnait sur la route de Saint-Denis. Mon fils avait également fait une semblable reconnaissance, et remarqué surtout un grand nombre de troupes près Saint-Denis. […] Dans la même soirée, je me rendis près de M. de Laborde, qui occupait le manège, rue Cadet, avec un poste de garde nationale, je lui demandai un détachement de 200 hommes pour la défense de Montmartre, ainsi que je l’ai expliqué : mais le général me fit observer qu’il ne pouvait, sans inconvénient, dégarnir un poste aussi essentiel, il crut donc devoir m’inviter à me rendre de suite au siège du gouvernement à l’Hôtel de Ville, où je pourrais bien plus facilement trouver les moyens de remplir l’objet important que je me proposais. Il était déjà onze heures du soir, il n’y avait pas de temps à perdre. Arrivé à l’Hôtel de Ville, il était près de minuit : j’y trouvai le colonel Carbonnel, aide de camp du général Lafayette, qui communiqua ma demande au général Gérard ; pénétré de l’importance des explications que j’avais données au colonel Carbonnel, ce général me fit témoigner tous ses regrets de ne pouvoir mettre de suite à ma disposition les forces dont j’avais besoin ; chose impossible dans ce moment, puisque l’Hôtel de Ville lui-même se trouvait entièrement dégarni : chacun s’était retiré pour aller se reposer ; le général me recommanda d’ailleurs de faire tout ce qui dépendrait de moi pour me procurer du monde, afin de remplir l’objet important que j’avais en vue, et le colonel Carbonnel me donna, par ordre du général Lafayette, une passe pour que je pusse circuler librement et sans obstacle pendant toute la nuit, partout où je croirais utile de me transporter. Je reçus en même temps les mots d’ordre et de ralliement, pour pouvoir être reconnu par tous les postes amis. Je partis de l’Hôtel de Ville, accompagné de deux braves anciens militaires, dont je regrette de n’avoir pu retenir les noms, car leur zèle et leur dévouement mérite bien que je les mentionne honorablement, pour les recommander à l’estime publique. Arrivé dans la rue Cadet, j’entrai au manège pour y voir M. de Laborde ; j’y trouvai mon chef de poste de Montmartre, le citoyen Leroux, ainsi que mon fils, qui m’annoncèrent la pleine réussite de la mesure que j’avais prise ; trompé, me dirent-ils, par cette fausse démonstration, l’ennemi s’est retiré vers les deux heures du matin et il y a eu un grand mouvement de troupes presque toute la nuit, depuis Saint-Denis jusqu’au bois de Boulogne. » Histoire populaire de la révolution de juillet, récit des combats qui eurent lieu sous le commandement du colonel Marchal pendant les trois journées, Marchal, Colonel, impr. de Mme de Lacombe (Paris), 1834, p. 60-61, 79, 85 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Le Roux, Jacques, Nicolas.

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