Marchand, Jean, Charles
Biographie
Né vers 1798 ou 1799 à Versailles (Yvelines). Cordonnier-bottier et portier 1, rue de Vannes ou plutôt 1, rue de Viarmes. Il fut blessé d’un coup de baïonnette au bras droit et d’un coup de crosse de fusil au pouce. Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, médecin du bureau de charité pour le (ancien) IVe arrondissement, certifie que j’ai donné mes soins à M. Marchand, Jean, Charles, concierge rue de Viarmes n° 1, pour un coup de baïonnette qu’il a reçu le 28 juillet au bras droit, directement au quart supérieur de l’os cubitus. Il est suivi un énorme dépôt, qui indique que le cubitus est malade. Tout porte à croire que d’un mois il ne pourra se servir de son bras. » Signé, le 1er septembre 1830 : Favrot, médecin, demeurant 19, rue de la Monnaie. Un autre certificat attestait qu’il « la vue endommagée par suite d’une amorce brûlée dans cette partie ». Marié et père de trois enfants, il reçut un secours de quatre-vingt-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme combattant, un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. En décembre 1830, il sollicita que son habit de garde national lui fût payé. Il avait demandé au général Lafayette que ses enfants fussent placés dans un collège militaire ; par une réponse en date du 19 novembre 1830, il lui fut fait savoir que sa demande devait être présentée devant la Commission des récompenses nationales. Il fut convoqué le 27 novembre 1830 par de Lanoy, commissaire à la Commission des récompenses nationales, à l’effet de statuer sur la pétition qu’il avait présentée. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IVe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et une place de concierge. Il était porteur de la lettre suivante : « Marchand, Jean, Charles, rue de Viarmes n° 1, marié et père de famille de trois enfants, s’est battu avec courage. Le 28 juillet, dans les rangs de la garde nationale, qui, le matin, s’était réunie à cette mairie et s’était portée au-devant nos frères de l’armée, plutôt pour s’entendre avec eux que pour se battre. Mais il fallait du sang et le 15e de ligne eut ordre de tirer sur la garde nationale. Marchand, atteint au bras d’un coup de baïonnette, a continué à se battre le 28 et le 29. Ce brave ne demande qu’à travailler pour soutenir sa famille, une place de concierge dans une bonne maison l’aiderait à élever ses enfants. Tous les bons citoyens doivent s’intéresser à lui et il a droit à obtenir la préférence pour tout autre comme un de ces braves de nos grandes journées. » Signé, le 9 septembre 1830 : Viguier, Auguste (voir ce nom), adjoint. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans ouvrage, père de trois enfants et sans fortune. Il mourut le 5 avril 1835 à l’hospice de la clinique de l’Ecole de médecine, laissant trois enfants en bas âge. La veuve sollicita un secours, avançant que son époux était mort « par suite de ses blessures reçues en juillet 1830, après dix-huit mois de souffrance ». Le préfet de police donna sur la veuve les renseignements suivants : « Le sieur Marchand exerçait la profession d’ouvrier cordonnier. Il avait été blessé grièvement à un bras en juillet 1830 ; cette blessure le gênait dans son travail, toutefois ce n’est point elle qui a causé sa mort. La pétitionnaire jouit d’une bonne réputation. » Et aussi : « Sa position est des plus malheureuses attendu qu’elle a deux enfants à sa charge et que ses moyens d’existence ne consistent que dans le peu qu’elle gagne en faisant des ménages. Elle est très estimée pour sa bonne conduite. » Sa demande de secours était ainsi apostillée : « Le soussigné, chef de bataillon de la XIe légion, prend la liberté de recommander la présente pétition à l’attention et à la bienveillance de M. le ministre de l’Intérieur ; le sieur Marchand, décédé le 5 de ce mois et blessé de Juillet, laisse un frère, grenadier dans le 3e bataillon de la XIe légion, qui par sa conduite, son zèle et son dévouement dans les circonstances où le 3e bataillon a eu occasion de donner et notamment au 6 juin 1832, a bien mérité du gouvernement du roi. Mais M. Marchand, chargé lui-même de famille, ne peut pas faire pour sa malheureuse belle-sœur tout ce qu’il désirerait. » Signé : Dobignie (voir ce nom ?), chef de bataillon de la XIe légion. Desgranges, maire du (ancien) XIe arrondissement, appuyait aussi la demande de secours présentée par la veuve. Elle reçut soixante-quinze francs en 1835 et cinquante francs en 1836. Il était peut-être le frère de l’autre Marchand, Jean, Charles, grenadier dans le 3e bataillon de la XIe légion de la garde nationale, qui avait « bien mérité du gouvernement du roi » dans les événements des 5 et 6 juin 1832. Il demeurait 1, rue de Vannes ou plutôt 1, rue de Viarmes en 1830 ; 30, rue Hautefeuille en 1833 ; sa veuve toujours à la même adresse en 1837. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 72 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/65 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1156 ; Archives de la préfecture de police AA 401.