Marcq, Jean-Louis

Biographie


Né le 22 germinal an VIII (bien le 22 germinal an VIII dans son acte de naissance ; par erreur le 24 germinal an VIII in Archives nationales F/1dIII/41 et in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), fils de Marcq, Jean-François, Marie, cordonnier, et de Dutertre, Marie, Caroline, Thérèse, son épouse. Compositeur d’imprimerie ou imprimeur en lettres. Il fut blessé d’un coup de sabre reçu dans la poitrine, en s’opposant au passage de la garde royale dans la rue Saint-Antoine près de la rue de Jouy. Marié et père de quatre enfants, il reçut un secours de quatre-vingt-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Son nom est sur une liste alphabétique du (ancien) XIIe arrondissement de blessés qui comparurent devant le jury médical. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 19 février 1831, devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Parratte, Guillaume, lieutenant de cavalerie retraité, demeurant 16, rue Saint-Jean-de-Beauvais ; Trouillebert, Jean-Pierre, né vers 1793, boulanger, demeurant 17, rue des Noyers ; Engel, Bernard, marchand limonadier, demeurant 1, rue Saint-Jean-de-Beauvais ; Poirson, Claude, Antoine (voir ce nom), imprimeur, demeurant à Paris, 24, rue des Carmes. Ils attestèrent que Marcq, Jean-Louis « était au nombre des combattants qui ont combattu pour la cause de la liberté dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier ; que dans la journée du 28 il reçut un coup de sabre dans la poitrine, en s’opposant au passage de la garde royale dans la rue Saint-Antoine, près de la rue de Jouy. Les comparants affirment que cette blessure a mis M. Marcq dans l’impossibilité de travailler pendant près de deux mois et que c’est positivement en combattant qu’il l’a reçue ». Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 6 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 27, à la résistance des journaux au Palais-Royal et environs. Le 28, à la poudrière un peu tard, raconte mal la place Maubert. Armé à la caserne des sous-officiers sédentaires, blessé à la rue Saint-Antoine. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 6 janvier 1831, à aucune voix pour la croix, aucune voix pour la médaille, aucune voix pour une mention et cinq voix pour rien. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 17 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme blanche (coup de sabre) au côté externe de la poitrine du côté gauche, guérie sans infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut effectivement rangé dans la première classe de la deuxième catégorie des blessés. Il signa le certificat suivant en faveur de Douillet femme Cohade, Marie, Marguerite, Flavie (voir ce nom) : « Nous nous faisons un plaisir d’attester que pendant les jours et les nuits des 27, 28, 29 et 30 juillet 1830, la dame Cohade, marchande de vins, traiteur, rue de la Ferronnerie n° 31 à Paris, pendant que son mari, chevalier de la Légion d’honneur, était allé combattre pour la liberté de la patrie, a eu le courage de conserver toujours sa boutique ouverte, alors que toutes les autres étaient fermées. Restée constamment seule avec sa domestique et pendant la durée des combats de la rue Saint-Denis, de la Halle et du marché des Innocents, elle n’avait d’autre but que d’administrer des secours aux blessés et à ceux qui enlevaient les morts, et tous trouvaient dans sa maison quelque adoucissement à leurs travaux et à leurs douleurs. Le pain, le vin étaient distribués par elle gratuitement à tous et son unique salaire était la satisfaction d’être utile à ses généreux concitoyens. Il fallait du courage pour rester ainsi en butte aux coups de l’ennemi et cela dans une rue qui formait alors le passage naturel de toutes les communications militaires et pouvait à chaque instant devenir le champ de bataille. » Il comparut, le 23 février 1831, devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester savoir que Poirson, Claude, Antoine « était au nombre des citoyens qui ont combattu pour la liberté dans les journées de juillet dernier ; que le 28 dudit mois il s’est trouvé sur le pont d’Arcole, du côté de la Cité, et qu’il y reçut un coup de baïonnette à la main droite, qui le mit dans l’impossibilité de travailler pendant six semaines environ ». En 1836, suite à une demande de secours qu’il présentait, la préfecture de police donna sur son compte les renseignements suivants : « Marié et a un enfant à sa charge. Il est ouvrier imprimeur, mais sa position n’est pas heureuse, attendu qu’il est depuis fort longtemps sans ouvrage ainsi que sa femme, qui est ouvrière brodeuse. Sa conduite est régulière. » En 1838, les mêmes sources rapportaient à son sujet : « Il est marié, il a trois enfants et sa femme est sur le point d’accoucher d’un quatrième. Cet ouvrier travaille comme compositeur dans une imprimerie où il gagne quatre francs cinquante par jour. Sa position ne serait donc pas précaire s’il ne fût resté sans ouvrage pendant près de deux ans et n’eût contracté des dettes par suite de son inaction. Au reste, il fait honneur à ses engagements ; l’exactitude même qu’il met à les remplir est la seule cause de la gêne qui pèse en ce moment sur son ménage. La réputation du sieur Marcq est établie sous des rapports favorables. C’est un bon père de famille, qui jouit du titre d’honnête homme et ne prend aucune part aux affaires politiques. » Il reçut un secours de quarante francs en 1838. En 1841, la même administration ajoutait : « Cet individu vit honorablement de son travail. Cependant on lui reproche de boire quelquefois outre mesure. » En 1850, les mêmes sources le décrivaient comme « un honnête homme dont la position n’est pas heureuse par suite du manque d’ouvrage ». Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, deux secours de cinquante francs en 1851, un secours de cinquante francs en 1853, de quarante en 1854 et 1855. En 1856, les mêmes sources de police rapportaient sur son compte : « Il est imprimeur, ses journées, l’une dans l’autre, compensation faite des pertes de temps que ses maladies lui font supporter, s’élèvent à deux francs cinquante. Il est actuellement malade et garde le lit depuis huit jours. Il est marié, sa femme est âgée de cinquante-neuf ans. Elle est brodeuse, elle ne peut guère gagner que soixante-quinze centimes par jour ; elle n’est pas malade mais elle a souvent des douleurs. Marcq a deux enfants à sa charge, un de quatorze ans et l’autre de dix-huit ans, plus une petite-fille de huit ans qui est la fille d’un fils aîné. La sœur de la femme de Marcq habite avec eux mais n’est pas entièrement à leur charge. Depuis neuf mois, Marcq demeure faubourg du Temple 92, où il occupe un logement de deux cent quarante francs, que la sœur de sa femme, qui habite avec eux, l’aide à payer. Ils demeuraient précédemment boulevard du Temple, 8. Les renseignements obtenus sont en faveur de cette famille. » Marcq reçut un secours de quarante francs en 1856, 1857, 1858, trente francs en 1859. Il mourut en janvier 1860. Sa veuve, née Parratte, Antigone le 24 germinal an VII à Paris, et qu’il avait épousée le 21 juin 1824 à Paris, reçut un secours de trente francs en 1860. Sur l’acte de mariage, Parratte, Antigone est indiquée comme la fille de Parratte, Guillaume (voir plus haut) et de Meunier, Françoise, Louise et comme demeurant chez son père, 11, rue de Jouy. Ils avaient pour enfant, Louis né le 2 mai 1824 à Paris, Henry, Emile, né le 6 septembre 1825 à Paris, Ernest, Charles, François, née le 8 juillet 1827 à Paris, Nicolas, Amédée, né le 14 mars 1830. Il demeurait 10, rue de Juiverie chez son père puis 10, rue des Grands-Degrés en 1824 ; 12, quai de la Grève en 1825 ; 3, rue de la Sorbonne en 1827 ; 16, rue Jean-de-Beauvais en 1830-1831 ; 9, quai de l’Hôpital en 1831 ; 8, rue des Blancs-Manteaux en 1836 ; 7, rue des Trois-Pavillons en 1838 et 1839 ; 6, rue Neuve-Saint-François puis 137 (anciennement 145) rue Vieille-du-Temple en 1850 ; 37, rue de Ménilmontant en 1851 ; 17, rue Saint-Laurent à Belleville en 1853 ; 26, rue des Fossés-du-Temple en 1855 ; 8, rue Vincent à Belleville en 1857 ; 133, rue du Faubourg-du-Temple en 1858 ; 21, rue de Paris à Belleville en 1859 et 1860 ; sa veuve, 17, rue Saint-Laurent à Belleville en 1860. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Douillet femme Cohade, Marie, Marguerite, Flavie ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la deuxième sous le numéro 439) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 17 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 6 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 35, liste des blessés du (ancien) XIIe arrondissement qui se sont présentés devant le jury d’habillement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/65 ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Poirson, Claude, Antoine ; Archives de la préfecture de police AA 369, Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem Etat de répartition de secours imputables sue le chapitre 25 bis du budget de 1850 (secours à divers titres), minutes 148-149, idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209.

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