Marie dit Aumont, Joseph, Bonaventure
Biographie
Né vers 1795 à Paris. Marchand boucher ou propriétaire. Dans le récit que fit Valleray, Narcisse, René de sa propre participation aux combats de Juillet, il donnait sur Marie quelques indications : « Mais le lendemain 29, notre courage s’accrut quand nous apprîmes que le général Lafayette, dont le nom est si cher à la liberté, consentait à prendre le commandement de forces dix fois suffisantes pour vaincre pourvu qu’on sût en régler l’emploi. A 6 heures du matin, j’allai me concerter avec M. Aumont, mon voisin, domicilié rue de Seine, n° 55, et j’appris par lui qu’on attendait des ordres chez M. Brissot-Thivars (voir Brissot-Thivars, Louis, Saturnin), libraire, rue de l’Abbaye. Je m’y rendis de suite et j’y trouvai une dizaine d’honorables patriotes. Notre premier soin fut de faire une collecte pour donner du pain aux ouvriers qui s’étaient battus la veille et devaient se battre encore avec nous dans la journée. Nous fîmes ensuite confectionner des drapeaux aux trois couleurs. Je surveillai la fonderie de balles établie devant le corps de garde de l’Abbaye et qui fournissait la colonne qui se formait sur la place de l’Odéon et celle qui allait se former devant l’église de l’Abbaye. Je fis mettre en réserve des munitions pour cette dernière et je reçus du chef des fondeurs un morceau de plomb coupé de manière à ce que les deux bouts pussent se rejoindre et servir de reconnaissance car il importait de ne pas s’exposer à faire tomber dans des mains infidèles des munitions précieuses. Rentré un instant chez moi je donnai au sieur Ledoux, mon portier, ancien militaire, les moyens de se pourvoir d’armes, afin qu’il pût nous accompagner et il est entré en effet aux Tuileries avec nous. Je partis ensuite à 11 heures et demie avec la colonne de l’Odéon, qui traversa le pont Royal sous les balles et la mitraille et força l’entrée des Tuileries. Ce ne fut qu’à 4 heures, et lorsque la cause du peuple avait triomphé que je me déterminai à rentrer chez moi et à rendre la joie à ma famille, qui m’attendait avec anxiété. » Il fit partie avec Bixio Giacomo Alexandro, Brissot-Thivars Louis Saturnin, Campaignac Jean Joseph Antoine, Delaruelle Jean-Jacques Rousseau, Manteau Louis François, Lallemant dit Mazagrand Julien François, Rufz Paul Etienne, Plocque Jean Alexandre, Constant Georges Jean Louis, Robinet Stéphane, Montègre Horace, Gravier Jean-Baptiste Adolphe, des quatorze membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) Xe. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Aumont, Marie, dit Joseph-Bonaventure sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il apostilla le certificat suivant délivré par Chapron, Victor, en faveur de la mère de Guignet-Emo, Jean-Baptiste, Louis, mort des suites de ses blessures reçues dans les combats : « Je déclare que je ne connaissais à la dame Guignet-Emo que son fils pour soutien ; qu’il a été pendant quatre années apprenti chez moi et qu’il y a travaillé à la suite trois années sans interruption ; qu’il est mort à la suite des blessures qu’il a reçues dans les journées de Juillet. » Sa médaille lui fut délivrée le 25 juin 1831 et son brevet le 27 août de la même année (il signa bien le récépissé de remise de ses médaille et brevet du nom de Marie dit Aumont). Il signa, le 11 octobre 1831, un certificat en faveur de la veuve d’Uscant, Pierre, François, pour tenter de faire valoir les droits de celle-ci et de ses enfants à une pension ; il attesta ainsi la participation d’Uscant, aux combats, les contusions et les secousses qu’il avait subies, l’exaltation et l’état de grande fatigue qui s’étaient ensuivies, provoquant sa mort le 20 octobre 1830. Il comparut (sous l’identité de Marie, Joseph dit Aumont, propriétaire), le 19 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, pour attester savoir que Tessier, Charles, Hippolyte avait « été blessé, en combattant, le 29 juillet 1830, faubourg Saint-Honoré, près de la Madeleine ». En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le seul nom d’Aumont), auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1831, il était capitaine des grenadiers à la 1re compagnie de chasseurs du 4e bataillon de la Xe légion de la garde nationale. Il demeurait 55, rue de Seine en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 91 in dossier Valleray, Narcisse, René ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Tessier, Charles, Hippolyte ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Uscant, Pierre, François ; Archives nationales F 15 2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys.