Marié-Duplan, Gaspard, Etienne, Guillaume

Biographie


Né le 10 octobre 1778 à Montpellier (Hérault), fils de Marié-Duplan, François, bourgeois, et de Poujol, Marie, Anne, son épouse. Hussard au 10e régiment le 11 thermidor an VI, sous-lieutenant à la légion de l’Oise, devenue légion du Cap le 1er vendémiaire an VI, passé à Saint-Domingue, adjudant de place à Jérémie (colonies) le 19 vendémiaire an XI, sous-lieutenant au 2e bataillon étranger le 12 avril 1807, lieutenant de carabiniers le 25 février 1808, lieutenant de carabiniers le 25 février 1808, lieutenant de grenadiers au 15e régiment de ligne le 26 juin 1809, capitaine le 3 août 1811 ; il fit les campagnes des années VII, VIII, IX, X, XI, XII, 1809, 1810, 1811, 1812, fait prisonnier de guerre à Saint-Domingue le 22 juillet 1812, rentré en France le 24 janvier 1813 ; le 4 floréal an XI « à la tête de trois dragons à Jérémie, il enleva aux Nègres sur le plateau de l’Anse à Veaux deux pièces de canon », le 8 octobre 1810, à la tête de cinquante grenadiers, il fut par ordre du général Cacola Monforte à neuf lieues de Rodrigo, où il fit prisonniers vingt soldats et un sergent du régiment de Valladolid, sept lanciers de Don Julian et leur prit 104 bœufs, le 12 avril 1811 il sortit avec quarante grenadiers par ordre du général Renault de la place de Rodrigo, alors bloquée par l’armée anglaise et fut sur leurs derrières enlever un convoi de vivres et 600 bêtes à cornes, le 20 mars 1812 avec cinquante grenadiers il fut par ordre du général Micune à huit lieues de l’armée à Pena-Major (Portugal) enlever aux Anglais 2000 bestiaux qu’il ramena au quartier général à Sabougal ; à Salamanque le 22 juillet 1812, il fut blessé d’un coup de sabre et amputé de la jambe droite par suite d’un coup de feu ; ll fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 15 mars 1813, admis à la retraite le 22 mai 1813, officier le 29 mai 1815. Le 16 août 1830, commandant le dépôt de la caserne de la rue Verte, il écrivait dans ces termes au maire du (ancien) Ier arrondissement : « J’ai l’honneur de vous informer que je viens de recevoir l’ordre de monsieur le général Fabvier, commandant la place, de céder la caserne de la rue Verte au 5e régiment de ligne et de me transporter avec les hommes de mon dépôt à l’Ecole militaire. En quittant votre arrondissement, je vous prie, monsieur, d’agréer ma vive reconnaissance de toutes les bontés que vous avez eues pour les hommes qui sont sous mes ordres depuis le 30 juillet dernier. Persuadé qu’aucune plainte ne vous a été adressée, ayant maintenu le bon ordre et la discipline, je crois être autorisé à solliciter de votre bienveillance une attestation en faveur des hommes dont monsieur le lieutenant général Roguet m’a confié le commandement. » Le procès-verbal, en date du 26 avril 1831, et sans doute de la Commission des récompenses nationales, était ainsi rédigé le concernant : « Les prisonniers de Montaigu (prison militaire, N.D.A.) s’étant échappés pendant les trois journées, M. Marié-Duplan, capitaine en retraite, qui a perdu une jambe dans la première guerre d’Espagne, ayant été témoin des désordres que commettaient ces gens-là et craignant les excès auxquels ils pouvaient se porter dans des moments où ils n’avaient aucun frein, parvint à les rassembler et à les enfermer dans la grande caserne de la rue Pépinière, où lui seul il établit parmi eux une discipline régulière. Il les contint ainsi pendant plusieurs jours, au risque de sa vie, qui fut souvent en danger car ces hommes, comme on sait, étaient la lie de la troupe car si quelques-uns n’étaient détenus à Montaigu que pour crime d’insubordination, tout le reste l’était pour des délits honteux tels que vol. Le général Fabvier fut frappé de la fermeté et de la prudence que M. Marié-Duplan montra dans cette occasion et il le porta sur la liste des récompenses nationales mais ce M. Marié-Duplan reçut donc à son domicile, cité Bergère, n° 5, faubourg Montmartre, un billet qui l’invitait à se rendre à la Commission. Mais comme depuis la révolution on lui avait confié le commandement d’une des îles d’Hyères et qu’il s’est rendu de suite à son poste, il ne peut pas faire valoir lui-même ses titres. En outre, M. Marié-Duplan, pendant les trois journées, malgré sa jambe de bois, se posta sur plusieurs points où il encouragea le peuple et lui servit comme de chef. C’est lui aussi qui fit tenir ouverte la grille de la cité Bergère pendant que le peuple cherchait des asiles contre la fureur des Suisses. Il protégea ainsi la vie de beaucoup de ses concitoyens en se tenant lui-même à la porte pour favoriser leur retraite. M. Marié est rentré au service dans sa première jeunesse. Il fut de l’expédition du général Leclerc en Amérique (à Haïti, N.D.A.). Il fit glorieusement depuis la guerre d’Espagne, où il fut décoré sur le champ de bataille de la croix de la Légion d’honneur et de suite pour de hauts faits d’arme officier le la même légion et où illisible (enfin ?) il perdit une jambe et fut fait prisonnier et conduit en Angleterre. » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le seul nom de Marié-Duplan). Le dossier d’examen de ses droits fut aussi instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Ce jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 26 avril 1831, à deux voix pour la croix, quatre voix pour la médaille, deux voix pour une mention et une voix pour rien. Dans l’exposé que fit Maitrejean, le 10 août 1831, auprès de la Commission des Réclamants, et relatif à la conduite qu’il avait lui-même tenue pendant les combats, le passage suivant concernait Marié-Duplan : « […] Le 28 à 9 heures du matin, j’ai voulu désarmer un poste de six Suisses qui allait relever aux Menus-Plaisirs. J’en fus empêché par M. Marie-Duplan, qui depuis a été décoré de Juillet. Ces mêmes Suisses ont tué un citoyen à trente pas de moi, courant avec des amis pour leur faire mettre bas les armes […]. » En 1831, il était chef de bataillon commandant les îles d’Hyères et de Porquerolles. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Marin-Duplan, Gaspard, Etienne, Guillaume), auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 279, rue Saint-Jacques en 1813 ; 314, rue Saint-Jacques sans doute vers 1815 ; 5, cité Bergère en 1830 ; aux îles d’Hyères en 1830-1831 ; 5, cité Bergère en 1833. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 92 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 26 avril 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/65 ; Archives de la préfecture de police AA 399 in dossier Maitrejean ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1741/36.

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