Marie, François, Magloire

Biographie


Né le 31 mai 1793 à Poissy (mais à Polly in Archives de la préfecture de police AA 401) (Yonne). Confiseur. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, déclarons que le 26 juillet dernier, M. Marie, confiseur, demeurant 2, rue de la Paix, a lui-même conduit ses ouvriers au rassemblement place Vendôme ; le mercredi 27 au matin, est allé dans grand nombre d’ateliers engager les maîtres à envoyer leurs ouvriers au combat et à distribuer toutes les armes possible et fut chaque jour prendre conseil de M. Lefort (voir Lefort, Antoine), actuellement maire, qu’il connut dans les élections, pour savoir ce qu’il avait à faire et où diriger les mouvements, fit différents efforts pour réunir des gardes nationaux dans les mairies et contribua pour beaucoup à ce que le 53e et 5e de ligne surtout se rangeât du côté de la nation, en recevant chez lui bon nombre d’officiers des susdits régiments, en obtint la permission de donner conjointement avec ses voisins de donner aux soldats ce qui pouvait leur être nécessaire, en les engageant avec instance en faveur du peuple. Au moment où il fut ordonné au 53e (en ligne directe de sa porte) de faire feu, il ne cessa de les engager à ne pas tirer, ils n’en firent effectivement rien. Le commandant ayant témoigné des craintes que les braves Parisiens ne tirassent sur lui, il fut, ainsi que M. Noblet, en parlementaire et parvinrent, après différents pourparlers non seulement à empêcher un engagement mais encore à faire cesser le feu qui se continuait entre les grenadiers de la garde et les Parisiens, en se mettant entre les deux feux, au bout de la rue de la Paix sur le boulevard. M. Marie ne fit pas moins d’efforts pour engager les sapeurs-pompiers de la rue de la Paix à se joindre au peuple ou à donner leurs armes au moment du plus grand besoin. Il fit ensuite, malgré la présence de la troupe, aidé de M. Belonni et de plusieurs de ses voisins des barricades dans les rues de la Paix, des Petits-Champs, place Vendôme, et rue des Capucines, aidé des passants, à qui ils donnèrent du vin et argent à ceux qui voulaient l’accepter. Croyant décider plus vite la question en faisant porter les couleurs nationales, le 29 au matin M. Marie employa quatre ou cinq personnes à faire des cocardes tricolores, au nombre de trois à quatre mille, continuellement jusqu’à la fin distribuées gratis en pleine rue. Le jeudi, entre 11 heures et midi, une personne à cheval, se disant parlementaire de Charles X, voulait haranguer le peuple place Vendôme, en déclarant les ordonnances, retirées, et les ministres, renvoyés, courut le plus grand danger. Ce n’est qu’avec beaucoup d’efforts que M. Marie obtint, tout en l’engageant à s’adresser au gouvernement provisoire, obtint qu’il ne fût pas maltraité. Le 30 au matin, portant son offrande aux malheureux blessés, M. Marie se fit inscrire par M. Lefort pour faire partie de la garde nationale. Ne trouvant pas dans la compagnie dont il faisait partie assez de désir de bien faire son service, se fit autoriser par son lieutenant-colonel pour former une compagnie de voltigeurs (maintenant réputée pour son assiduité, son activité et sa belle tenue, Ire légion, 1er bataillon). Après un travail de plus de vingt jours consécutifs et de grandes difficultés, il obtint de M. le chef de sa légion autorisé par M. Lefort, maire, à présider la réunion des signataires et faire former le cadre. M. Marie fut volontairement de l’expédition de Rambouillet. » Signé : Lefort, A., maire, qui ajoutait vouloir « rendre hommage au patriotisme » de Marie ; Johier de Ville…, illisible ; Lavouynal illisible, fabricant de bijoux, demeurant 2, rue de la Paix ; Poissy, illisible, confiseur, demeurant 41, rue Saint-Merri ; Murin illisible ; Maunier, demeurant 2, rue de la Paix ; Girard, confiseur, demeurant 2, rue de la Paix ; Voisin ; Marie, F., orfèvre-bijoutier, demeurant 2, rue de la Paix. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut sa médaille le 2 juillet 1831, et son brevet le 18 août de la même année. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. Il adressa en effet, le 22 avril 1848, la lettre suivante à la Commission : « Comme vous recueillez les faits patriotiques personnels depuis 1830 et comme je tiens à l’honneur de rester dans les rangs républicains desquels je fais partie depuis la révolution de Juillet et même depuis Waterloo, 1815, car on trouvera toujours plus de fraternité et d’égalité chez les anciens républicains que dans les nouveaux convertis, je viens, citoyens, vous soumettre ma conduite depuis cette époque et vous reconnaître juges de mon droit. En voyant la révolution de Juillet, escamotée et sans bons résultats pour le peuple, je m’affiliais à la Société des droits de l’homme. Je fus alors le président de la section du Contrat-Social, n° 362, que j’avais formée en grande partie d’officiers de la garde nationale, qui a été visitée par les citoyens feu Voyer d’Argenson, feu Cavaignac, Fortin, Thiriou et autres. Comme cette section avait formé le projet de livrer les Tuileries un jour de garde de l’un d’eux, nous fûmes découverts. Je n’ai que soupçonné le dénonciateur. Je fus instruit de cette dénonciation par le colonel de la légion à laquelle j’appartenais. Comme j’étais un de ceux qui avaient le plus contribué à la formation de la garde nationale, le colonel me proposa une place et la croix si je voulais quitter ce qu’il appelait les anarchistes. Dans mon indignation, je lui répondis que ce parti était le seul juste et que je le préférerai toujours à tout autre, que je ne voulais rien accepter de son gouvernement. Le maire me fit les mêmes propositions et obtint de moi le même refus. Je croyais en être quitte lorsque m’arrive le commissaire de police, qui, après sa visite domiciliaire ayant tout bouleversé chez moi, s’en est retourné comme il était venu sans avoir rien saisi. A la suite de tant d’autres violations de nos libertés, vinrent les lois de septembre, qui furent ensuite présentées et dont les députés ne nous ménagèrent pas les calomnies. Il en est plus d’un qui a pu prendre des exemples en lui ou dans sa famille pour prononcer tous les discours calomniateurs qui ont été prononcés contre nous et que la police de cette époque n’a que trop bien réussi à propager et à faire adopter par les personnes en grand nombre qui jugent le plus souvent sans la moindre preuve. Mais tous les calomnies n’ont fait sur moi que de me rendre plus véhément à attaquer ce pouvoir, dont le langage, toujours insultant pour la nation et surtout pour le parti républicain (sic manque un mot). Comme tous ses actes de corruption et de pillage en donnaient tous les moyens nécessaires pour l’attaquer avec preuve, je n’ai jamais manqué de saisir l’occasion de le divulguer (sic). C’est ainsi que j’arrivais aux journées de Février, en excitant partout à la résistance et en aidant aux obstacles à opposer pour le 22. Le 23, je ne quittais la rue Saint-Martin et Rambuteau que le soir. Lorsqu’est arrivée l’extermination des citoyens au boulevard des Capucines, me trouvant près, j’accourus aux cris, stupéfait, indigné et épouvanté tout en même temps. J’aidais de tout mon pouvoir à transporter plusieurs blessés à l’hôpital Beaujon. Nous en eûmes jusqu’à 2 heures du matin. Je vins dans les environs du Palais aujourd’hui National (lire Palais-Royal, N.D.A.) élever à l’élévation des barricades et ne cédais qu’à l’épuisement de mes forces. Après un peu de repos, je repris comme tant d’autres présents le service et illisible des barricades. Comme tous les enfants de la république doivent contribuer par le travail à son bien-être et que depuis dix ans, malgré mon faible avoir, je suis sans occupation, je me mets à la disposition du gouvernement provisoire, s’il juge à propos de m’utiliser. N’ayant jamais fait ni tort ni mal à qui que ce soit, ayant toujours payé au moins ce que je devais, je soutiens que nos calomniateurs ne pourraient pas tous produire de semblables preuves, ce que je puis faire. » Le 4 septembre 1848, il transmettait des certificats qui attestaient de son affiliation à la Société des droits de l’homme et de sa participation aux soulèvements républicains de juin 1832 et d’avril 1834 (absents de son dossier). Cette dernière lettre était apostillée des signatures de : Durand, L., demeurant 18, rue du Petit-Carreau ; Bailly, P. ; Chauvin, A, demeurant 47, rue de Flandres ; Durand, élève en médecine ; manquaient expliquait-il les signatures de Fortin et de Thiroux, absents de Paris. Marie fut proposé par la Commission pour être nommé sous-préfet et pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était veuf et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 2, rue de la Paix en 1830-1831 ; 14, rue de l’Arc-de-Triomphe à la barrière de l’Etoile en 1848. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives de Paris VD6 91 ; Archives de Paris VD6 92, liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 401.

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