Marjollin, Antoine
Biographie
Né le 30 septembre 1793 à Longeville (Meuse). Ancien sergent grenadier de la Garde impériale. Il fit parvenir à la Commission des récompenses nationales un Mémoire du nommé Marjolin (sic), garde à la 2e compagnie du 1er bataillon de la garde municipale de Paris, ainsi rédigé (mais qu’il signe Marjollin) : « Le 28 à midi, je sortis de chez M. Augustin Sabron (mais Salleron, Augustin in Archives de Paris VK3 33), impatient d’être consigné par l’absence d’un commis. A sa rentrée, je sortis ainsi que mes camarades. Je me rendis chez moi au Deux-Moulins. Mais bientôt je quittai la maison pour me diriger du côté du pont d’Austerlitz. Lorsque je fus auprès de la poudrière, je trouvai un rassemblement d’à peu près vingt-cinq personnes, qui demandaient de la poudre. Je me joignis à eux et leur fis observer que si l’on n’enlevait pas la poudre de la poudrière la troupe pourrait venir l’enlever, qu’alors il fallait chercher le gardien pour nous la livrer, ce qui fut fait. Je plaçai à la porte un ancien qui était employé aux Gobelins, habillé en uniforme de garde national. Je retirai de mes pieds des chaussons de lisière pour éviter les malheurs. Je distribuai, moi troisième, toutes les poudres en paquet qui se trouvaient dans deux grandes caisses qui ne renfermaient que des poudres de chasse d’un demi-kilo. Quand ils furent finis, nous dîmes qu’il devait y en avoir d’autres que celles que nous venions de distribuer. Le gardien insista un peu mais je lui dis qu’il fallait nous ouvrir la porte du magasin, ce qu’il fit, et là nous trouvâmes quantité de caisses et de barils. Chacun des spectateurs se mit à rouler les barils sur le boulevard. Quand je vis que chacun tirait de son côté, je conseillai d’en transporter aux Gobelins et à la barrière des Deux-Moulins. Je me chargeais d’une caisse, que je transportais, et une partie des hommes présents en firent autant et bientôt le poste fut plein de caisses et de barils, au point que nous ne savions où les mettre, et nous choisîmes le violon pour les recevoir. J’en distribuais avec M. Bachelier (voir Bachellier, Pierre, Prosper), sergent du poste, à peu près dix à quinze caisses et barils à tous les hommes qui nous déclarent vouloir aller combattre. De là, je me rendis au pont d’Austerlitz, la garde royale et les lanciers, gendarmes et plusieurs pièces d’artillerie venant par le quai Bourdon jusqu’au pont d’Austerlitz. Là, ils nous firent un feu de deux rangs, qui nous força de nous replier du côté de la gare et de là je rentrai chez moi. Le 29 vers 6 heures du matin, j’entendis un rassemblement à la barrière. Je m’habillai. Je vais voir de quoi il s’agit. Je vis un étudiant de l’Ecole polytechnique, qui demandait de la poudre de la part du général Dubourg. Là, il ne s’agissait que du transport. Il vint à passer une voiture de laitière, qui avait un tonneau sur sa voiture. Nous le mîmes par terre et nous chargeâmes dans la voiture sept barils et trois caisses. Il fallait une escorte d’hommes armés. Je donnais le conseil de n’en pas prendre et que je monterais sur la voiture, que deux hommes marcheraient à deux cents pas en avant de la voiture et deux autres à la même distance derrière et s’ils apercevaient quelques troupes, qu’ils aient à jeter leur chapeau en l’air pour signal et qu’alors je ferais tourner la voiture à droite ou à gauche selon que je trouverai à propos. Ce qui fut fait. Nous nous rendîmes à l’Hôtel de ville par les boulevards, le quai Bernard, l’île Notre-Dame, le pont d’Arcole. Arrivés à la ville, j’attendais le reçu de la poudre lorsque M. Beaugardien (voir Beaumgarten, André, Gustave, Adolphe ?), étudiant, me fit dire que je pouvais laisser un de mes hommes, qu’il le lui donnerait. J’étais resté seul dans la salle lorsque j’aperçus un fusil tout seul dans un coin. Je le pris. Je repassai le pont d’Arcole. Je descendis le quai aux Fleurs, le quai aux Lunettes, des Augustins, de la Vallée jusqu’aux arcades de l’Institut. Je vis le mouvement des troupes. Je trouvais un bourgeois avec un fusil double, qui n’avait pas de poudre mais qui avait beaucoup de balles. Nous fîmes un échange pour de la poudre dont j’étais pourvu. Au même instant, j’ai remarqué une balle tirée sur nous qui vint traverser la lanterne et une croisée sous les voûtes. De là, je m’avançais sur le pont. Dehors j’aperçus la troupe dans le Louvre, qui faisant des mouvements derrière une pièce de canon, qui faisait face à l’Institut. Je leur tirais environ vingt-cinq à trente coups de fusil sans savoir quels en étaient les résultats. J’aperçus les assaillants du côté de Saint-Germain-l’Auxerrois qui lançaient des grilles. Je traversai le pont avec le bourgeois. Je me dirigeai sur le quai du Louvre. Arrivé au corps de garde du port Saint-Nicolas, je trouvais un cuirassier qui me semblait pris de boisson. Je lui demandais s’il était Français. Il dit que oui et qu’il mourrait pour le roi Charles X. Je lui observais que sa vie était entre mes mains. Enfin, craignant d’être surpris, je le laissais aller. De là, je vins près les arcades du Carrousel. Là, je vous ai fait [sans doute dans son audition par le jury de la Commission des récompenses nationales, N.D.A.] le détail du bourgeois qui tua un trompette des lanciers ou du moins qui le descendit de cheval. Je retournais avec lui sur mes pas jusqu’à la grille du Louvre. Là, on voulut lui prendre le cheval. Je m’y opposais et je fis monter un blessé dessus, qui fut conduit à l’Hôtel-Dieu. Je peux citer la personne, qui me connaît et qui a rendu le cheval. De là, je rétrograde de nouveau sur mes pas et lorsque j’allais entré au Carrousel je fus forcé par l’artillerie de me jeter dans l’escalier des bains Vigier, croyant qu’ils venaient se mettre en bataille sur le quai du Louvre. Mais lorsque je vis qu’ils se sauvaient du côté du jardin des Tuileries, je traversais le quai après avoir fait feu sur l’officier qui était derrière les pièces. De là, je vins sous l’arc de triomphe, où je vis tomber plusieurs de mes camarades à mes côtés, dont entre autres un était serrurier-mécanicien, percé d’une balle à la poitrine. Un camarade le reconnut et me pria de lui attacher un petit morceau de papier qui indiquait son nom, sa demeure, son âge, son lieu de naissance et son état. De là, je pris par la rue du Carrousel. Je vins jusqu’en face la rue Fromenteau. Là, nous reçûmes une décharge de coups de fusil, qui nous tua plusieurs personnes. Nous revînmes par la rue Saint-Thomas-du-Louvre. Nous échangeâmes un assez grand nombre de coups de fusil mais, arrivé en face l’hôtel de France, je fus surpris d’apercevoir dans la cour un peloton d’infanterie de la garde royale, 6e régiment. Je couchai en joue le chef de peloton, en le sommant de mettre bas les armes, ce qu’il fit et commanda à ses gens de l’imiter, ce qui fut fait. Je lui fis quelques reproches. Après quoi il m’embrassa en versant quelques larmes et il me remit son sabre, sa giberne et son fusil et je les fis conduire à la ville (lire l’Hôtel de ville, N.D.A.) par plusieurs hommes sans armes attendu que nous en avions besoin. La foule était venue nombreuse lorsque nous sortîmes de cette cour pour marcher sur le Palais-Royal. Lorsque je m’aperçus que la garde qui se trouvait renfermée dans le palais ne tirait plus, qu’au contraire ils mettaient la crosse en l’air en signe de paix, nous nous avançâmes sur la place du palais. Je m’avançais du côté du café de la Régence jusqu’au milieu de la rue mais apercevant une pièce de canon au milieu de la rue Saint-Honoré, en face de la rue de Richelieu, je me retirai au coin du mur en observation. Bientôt, je m’aperçus que les canonniers se retiraient de leur pièce. Je m’avance pour marcher dessus lorsque j’apprends par toutes les croisées de la maison voisine ou contre-voisine une grande quantité de gardes royaux dont quelques-uns faisaient feu les autres présentaient la crosse de leurs fusils… un officier se présenta. Je le mets en joue en le sommant de jeter son épée. Il s’y refusa plusieurs fois. Je fis feu sur lui. Je ne sais si la balle l’a atteint. Au même instant, une décharge meurtrière vint nous abîmer du côté de la rue de Richelieu, qui tua deux hommes à mes côtés, dont l’un d’eux m’avait dit qu’il ne me quitterait qu’après la victoire emportée. Je cherchais en vain à lui prodiguer mes soins, la balle lui avait traversé la poitrine, il périt presque aussitôt. Alors la faim, la soif, la fatigue m’accablaient. Je quittais le champ de bataille après avoir échangé quelques coups de fusil et je me rendis aux Tuileries attendu que l’on voulait les piller. Je parcourus plusieurs appartements. Je vois avec peine que l’on brisait tout ce que le palais renfermait de plus cher et de plus riche. J’entre dans un cabinet que l’on m’a dit être celui du roi. Je pris plusieurs paquets de poudre des plus belles dont j’en ai encore à peu près un kilo. De là, je descendis à la porte d’entrée où un étudiant me pria de le seconder pour ne rien laisser sortir. Je fis faction jusqu’à ce qu’un officier supérieur d’un régiment de ligne, monté sur un cheval rouge [vint] sous le grand vestibule avec des papiers à la main pour les lire au public mais il ne put se faire entendre tant l’enthousiasme du peuple était grand. De là finit la journée du 29 juillet 1830. Je partis de chez moi pour me rendre à Saint-Cloud. Arrivé à Boulogne, on me dit que l’on ne pouvait passer le pont. Je m’y rendis. J’examinais la positon de l’ennemi. Il avait fait une barricade au milieu du pont et y avait placé une pièce de canon et un peloton de la garde royale. Une autre pièce de canon était placée à l’autre bout, faisant face à Boulogne, une faisant face à Courbevoie. Deux ou trois étaient placées dans le bout de l’entrée du … Je remarquais un garde national portant l’uniforme de canonnier de la vieille garde qui alla plusieurs fois en parlementaire. Le chef qui commandait les troupes royales lui dit que s’il venait encore une fois il le ferait fusiller. Quelques minutes après, un officier à cheval, avec une lorgnette à la main, ordonna aux troupes d’évacuer le pont et de se replier sur le château. J’étais placé au pied du petit escalier de droite qui monte sur le pont lorsque je me suis aperçu du mouvement des troupes. Je monte sur le pont, je m’élance de l’autre côté de la barricade. J’arrive à l’entré du … lorsque j’aperçois un musicien des lanciers qui montait à cheval. Je le mis en joue en le sommant de se rendre, ce qu’il fit. Je sautais sur son sabre et ses pistolets. Je pris ses cartouches desquelles j’avais besoin. Je cédais son sabre et même je n’eus pas besoin de son cheval ni de son instrument. J’abandonnais tout à réserve d’un pistolet et ses cartouches. De là, j’avançais dans l’avenue du château. Là s’engagea une fusillade. Je me glissais le long des arbres en leur tirant des coups de fusil. Arrivé à la grille du château, je traversais l’avenue pour entrer par une porte à droite. Je vis un sergent des sapeurs-pompiers qui était assis dans un fauteuil. Je le couchais en joue en lui criant qui il était. Il me fit réponse qu’il était sergent des sapeurs-pompiers. Je lui dis Etes-vous Français ? Il me fit réponse que oui. Je lui demandais si les troupes étaient parties. Il me répondit que nous pouvions entrer sans crainte. Je vins de suite à la grande grille avec plusieurs de mes camarades et nous l’ouvrîmes. Et alors tout le monde entra, hommes, femmes et enfants dans le moment que nous étions à placer le drapeau tricolore en place du blanc que nous fîmes bien des efforts pour l’arracher, ce qui fut exécuté par un jeune homme que je ne connais pas. Je descendis de là, après avoir parcouru les appartements pour savoir s’il y avait quelque arme. De là, je me rendis au pont de Sèvres auquel tout était fini et je fus invité à escorter un détachement de prisonniers suisses et gardes royaux commandé par un maréchal des logis de hussards monté sur un cheval, qui avait une riche paire de pistolets. De là je me rendis chez moi et voilà ce que j’ai fait dans les trois journées. Je ferai part d’un fait qui s’est passé en ma présence et dont j’ai coopéré. Le 29, sur les 6 heures à peu près, lorsque je me rendis chez moi, arrivé au bout du quai de la Ferraille, j’aperçus un individu coiffé d’un bonnet à poil et armé d’un fusil contre la barricade qui se trouvait à la descente de la rue de la Sonnerie, lorsque ce même individu mit en joue un enfant d’à peu près douze à quinze ans et il le tua. Je sautai sur l’individu. Je lui pris son bonnet qui est encore en ma possession, le fusil fut déposé chez un marchand de vin parce que le père voulait se suicider avec et l’individu fut fusillé sur le pont au Change et le corps fut jeté à l’eau. Cette dernière phrase est passée à mon absence ??? j’ai les preuves incontestables de ce que j’avance. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 19 avril 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28 après-midi, a quitté son ouvrage chez M. Salleron, Augustin, se dirigea vers la poudrière avec Groffilet, armé d’un pistolet. Il fit venir le garde-magasin, qui ouvrit la porte sur sa réquisition ; il distribua de la poudre en paquet, avant l’arrivée du détachement de quatre cents hommes ; on fit ouvrir la porte du second magasin et ils firent porter les premiers barils et caisses à la barrière des Moulins. Le 29, il délivra de cette poudre à un élève de l’Ecole polytechnique et accompagna le convoi jusqu’à l’Hôtel de ville. Il vit un fusil, s’en empara et fut combattre au quai de l’Institut ; a passé le Pont-Neuf, a suivi les quais, au poste du port Saint-Nicolas, il a fait rendre les cuirasses à un cuirassier ; au guichet des Tuileries, il a fait feu contre un officier qui s’est retourné, ne croyant pas avoir du monde si près ; à l’arc de triomphe, rue Saint-Thomas-du-Louvre ; à l’Hôtel de France, il mit en joue le sergent-chef du peloton, lui criant de remettre leurs armes ; à la place du Palais-Royal, à Saint-Cloud est entré le premier au château. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça à dix voix pour la croix, aucune voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il délivra, le 18 novembre 1830, le certificat suivant en faveur de Lebrun, Jean-Baptiste (et qu’il signa bien du nom de Marjollin, Antoine) : « Les soussignés, Margelin (sic, voir Marjollin, Antoine), garde municipal dans la 2e compagnie du 1er bataillon, et Desnoyers, Jean-Baptiste fils, s’étant trouvé à la prise du Louvre et du château, certifient que le sieur Lebrun, Jean-Pierre (sic), ancien sous-officier pensionné, professant l’état de garçon jardinier, a, le 29 juillet, sur la place du Carrousel, démonté un des chefs trompettes lanciers, et s’est élancé à la rêne de la bride du cheval et l’a ramené à travers une grêle de balles de la garde royale et des Suisses qui étaient rangés le long des grilles en dedans les cours du château et par les croisées. Le sieur Lebrun, se voyant à l’abri des balles, s’est dirigé le long du Louvre et vers le Pont-Neuf, où il prit un blessé, qu’il fit monter sur le cheval pour le conduire à l’Hôtel-Dieu. Rendu à l’hospice, il remit le blessé entre les mains des chirurgiens et offrit le cheval à monsieur l’économe dudit hospice, moyennant un reçu, qui lui fut refusé ; alors il se décida à le conduire chez lui, jusqu’à ce que l’on puisse passer librement, pour le conduire à l’Hôtel de ville, ce qu’il fit le 3 août et en tira le reçu du capitaine Cissé, chargé des écuries à la susdite. Le sieur Gachée (lire Gachet, N.D.A.), propriétaire dudit Lebrun, certifie que le nommé ci-dessus a parti le 27 juillet à 4 heures du soir, avec son fusil, et n’est rentré que le 29 à 5 heures du soir, avec un cheval blanc, bien équipé, et fut tout étonné de le voir, vu qu’il était absent depuis trois jours et qu’il avait dû courir de graves dangers. Il mit le cheval dans l’écurie dudit sieur Gachée et qu’il repartit de suite avec le soussigné Desnoyers fils pour retourner au château. L’ennemi ayant évacué, ils retournèrent à leur domicile, où ils formèrent un poste de garde nationale, où le susdit Lebrun fit les fonctions de caporal du poste pendant trois nuits consécutives. Depuis ce moment, le sieur Lebrun a perdu son occupation et n’a pas pu trouver de quoi s’occuper, ce qui le décide à reprendre du service pour son grade. » Il était père de quatre enfants en 1830. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1831, il était garde municipal à la 2e compagnie du 1er bataillon, caserné rue Mouffetard. En 1835, sergent de ville, père de cinq enfants, il sollicita des secours. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « A servi après la révolution de Juillet dans la garde municipale puis il a quitté ce corps au commencement de 1832 pour entrer dans celui des sergents de ville. C’est un très bon employé, qui a donné dans plusieurs circonstances des preuves de courage et de dévouement. Sa position est loin d’être heureuse. Il n’a que son traitement pour subvenir aux besoins de sa famille, composée de sa femme et de quatre enfants. Sa conduite est fort régulière et il jouit d’une bonne réputation dans la maison qu’il habite depuis longtemps rue de la Calandre, n° 27. » Il reçut un secours de cent vingt-cinq francs en 1836. Et en 1838 : « Son traitement de mille deux cents francs est son unique ressource. Il est marié et il a cinq enfants à sa charge. Sa position n’est pas heureuse. C’est un très bon employé dont la conduite privée est fort régulière. » Il reçut trente francs de secours en 1839. En 1844, ayant quatre enfants à charge, il sollicita de nouveaux secours. En 1845, la même administration rapportait : « Sergent de ville depuis 1832. Il est marié et père de deux enfants, dont un à sa charge. Ce pétitionnaire n’est pas dans une position nécessiteuse. » Il reçut soixante-cinq francs en 1845, vingt-cinq en 1846, quarante en 1847. En 1849, toujours selon la même administration : « Sergent de ville en activité […] favorablement représenté. Marié et père d’un enfant. Ayant perdu une de ses filles, qui a succombé à une longue maladie et pour laquelle il a fait de grands sacrifices ; sa position est très peu heureuse. » Il reçut soixante francs de secours en 1849, à titre de décoré de la Croix de Juillet, et soixante francs de secours en 1851. En 1852, la même administration ajoutait : « Il paraît dévoué au prince Louis-Napoléon. Il vit séparé de sa femme, qui est atteinte d’idiotisme et à qui il paie une pension. Il se trouve aussi dans l’obligation de venir en aide à une de ses nièces et à sa fille. Il paraît digne de l’intérêt de l’administration. » Il reçut alors un secours de soixante francs ; de soixante francs en 1853, de la même somme en 1854, et de quarante francs en 1855. En 1856, à l’occasion d’une nouvelle demande de secours qu’il avait présentée, le préfet de la Meuse donna sur son compte les renseignements suivants : « Cet individu jouit d’une pension de six cents francs, comme ex-agent de police de la Ville de Paris ; il exerce à Bar-le-Duc, dans une maison qui lui appartient, la profession de cabaretier-logeur ; il n’a pas d’enfants, il est marié mais depuis environ vingt-deux ans il a abandonné sa femme pour vivre en concubinage avec la nommée Françoise Hablot. D’après ces renseignements, la demande du sieur Marjollin ne me paraît pas susceptible d’être prise en considération. » Sa demande de secours fut rejetée, cette année-là et en 1861. Il demeurait à la caserne Mouffetard en 1831 ; 27, rue de la Calandre de 1831 à 1844 ; 25, rue de la Calandre en 1849 ; 2, rue du Jardinet-Saint-André-des-Arts de 1851 à 1855 ; 133, rue de Saint-Mihiel à Bar-le-Duc (Meuse) de 1856 à 1861. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VK3 17, deux feuillets séparés de décorés de la Croix de Juillet auprès du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 33, états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 19 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lebrun, Jean-Baptiste ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/65 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 44 et minute 47, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184, idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852, idem Proposition d’accorder à trente-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.620 francs, minutes 278-279, en date du 7 mars 1853. Il y a bien Marjolin, Antoine et Marjollin, Antoine, avec les mêmes dates de naissance… Il est à la fois sur la liste et sur la liste supplémentaire…