Martin, Fulbert
Biographie
Né le 16 mars 1809 à Mézières-en-Brenne (Indre) (et non à Mézières dans les Ardennes comme il est parfois indiqué dans d’autres sources). Etudiant en droit. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il sollicita, à titre de récompense nationale, d’être dispensé du paiement des frais des trois derniers examens et des frais de thèse. Il en fut exempté, sur proposition de la Commission des récompenses nationales. Sa médaille lui fut délivrée le 25 juin 1831 et son brevet le 8 octobre de la même année. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1848, il était avocat à La Châtre (Indre) et déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, dossier qui nous donne de nombreuses indications biographiques. Il adressa en effet la lettre suivante à la Commission : « Je viens soumettre à vos consciences un court exposé de ma vie politique et les quelques titres que je crois avoir à une distinction honorifique que la république a voulu [donner] à ses défenseurs. Vous me jugerez. Lorsque parurent les fameuses ordonnances de 1830, on me vit l’un des premiers (j’étais étudiant alors) exciter les écoles à l’insurrection et entrer aux cris de Vive la république ! dans la lutte armée qui renversa la dynastie des Bourbons. La décoration de Juillet fut la récompense de mes efforts. La royauté escamotée aux barricades trouva en moi dès sa naissance un ennemi acharné ; aussi, me vit-on de suite aux sociétés politiques et conspirantes, des Hommes de Juillet, Montagnards, des Droits de l’homme, des Amis du peuple. Rentré dans la vie de province, où m’appelait [mon absence] de fortune, j’ai trouvé, lorsque j’ai voulu [partie du manuscrit brûlée] La Châtre (Indre) les résistances du pouvoir contre mes convictions républicaines bien connues et ce n’est que de guerre lasse qu’on m’a accordé ma nomination. Dès lors, ma plume, dans le journal la Revue du Cher, ma bourse pour toutes les souscriptions politiques et pour le soutien du National et de l’Eclaireur de l’Indre, ma personne pour divers banquets réformistes, ma parole pour la propagande des principes, j’ai tout apporté au service de la cause démocratique, à quelque pays qu’appartinssent ses défenseurs. Quand sont venus les jours de Février, moins heureux que vous, je n’étais pas à Paris pour offrir encore ma vie aux balles liberticides et cependant je sentais en moi un vague sentiment du besoin que la patrie pouvait avoir des bras de tous ses enfants. Aussi, à peine le 24 février à midi ai-je vu afficher à La Châtre (à soixante-dix lieues de Paris), une dépêche télégraphique annonçant l’abdication de Louis-Philippe j’ai senti que le moment était venu et alors aux cris de Vive la république ! je forçai l’un des adjoints à faire sonner les cloches en signe de joie et j’excitai tous les bons patriotes à me suivre ici pour combattre encore contre la dernière royauté. Parti seul en poste, j’arrivai à Paris dans la nuit du 24 au 25 février ; tout était fini ; j’arrivais trop tard pour avoir ma part du combat et cependant je n’étais venu que dans ce but. Depuis je suis resté à Bourges soit comme secrétaire général de la Commission du Cher soit plus tard comme commissaire du gouvernement jusqu’à l’arrivée de Planet, qui vint me succéder dans cette préfecture. Ainsi j’ai fait, comme je continuerai à faire tous mes efforts pour consolider notre république et la rendre à tout jamais forte et puissante. Si dans ce court exposé, dont la sincérité vous sera au besoin attestée par une foule de personnes et notamment par les citoyens Fleury et Félix Pyat (voir Pyat, Aimé Félix, dont il était pays), représentants du peuple, et par le citoyen Planet, préfet du Cher, vous pensez qu’il y ait pour moi des titres suffisants à la distinction que je sollicite, soyez convaincus que vous ne pouvez la décerner à un citoyen plus désireux de continuer à s’en rendre digne et à un homme plus dévoué à la cause sacrée de la république et de la démocratie. » Il fut proposé par la Commission pour une sous-préfecture de première classe et pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il demeurait 38, rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, état de demandes de dispenses de droits universitaires et état des dispenses de frais d’études et de réception accordées à des étudiants en droit et en médecine sur les propositions de la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 401. Consulter sur la poursuite dont il fit l’objet après le coup d’Etat de décembre 1851, parce que considéré comme l’un des chefs de la démagogie dans le département de l’Indre : Archives nationales F/7/2592 ; Archives nationales BB/22/131/2 ; Service historique de la Défense 7J37