Martin, Henri
Biographie
Né le 7 août 1810, rue de l’Egalité à Quimper (Finistère). Tailleur de pierres (par erreur marchand sur les listes du Constitutionnel). Il sortit de chez lui avec son père et deux de ses frères pour combattre dans les journées des 27 et 28 juillet. Il fut blessé une première fois par un clou qui traversa son soulier, puis par un pavé qui lui tomba sur la jambe, alors qu’il travaillait à la construction des barricades sur les boulevards près de la porte Saint-Denis, et qui sans doute lui brisa la jambe. Tristant, Jean, Nicolas (voir ce nom) lui délivra le certificat suivant : « Je certifie que le nommé Henri Martin et son fils, ont fait partie de la compagnie que j’ai commandée les 27, 28 et 29, ces trois jours mémorables à notre gloire ; qu’ils se sont distingués dans toutes les attaques qui se sont présentées. Le 28, lorsque nous avons fraternisé avec un débris du 5e de ligne sur le boulevard, nous nous rendîmes sur la place Vendôme, à l’intention de faire rendre les armes à la garde de l’état-major. De là, nous nous repliâmes sur les boulevards des Bains chinois, où nous avons arrêté la correspondance de trois lanciers de la garde portant l’ordre de faire marcher du renfort sur le point de la porte Saint-Denis. Après cette opération nous avons formé les barricades du boulevard. Là, le jeune Martin a été blessé à un pied par un clou qui a traversé son soulier. Nous nous sommes rendus à la porte Saint-Denis avec succès. Je n’ai qu’à me louer des braves à qui j’ai inspiré leur confiance, dont je leur ai témoigné la reconnaissance. » Le docteur Coutard, Jacques, Nicolas (voir ce nom) lui délivra un certificat pour attester la blessure qu’il avait reçue. Il resta dix à quinze jours sans pouvoir travailler. Soutien de sa mère, il reçut un secours de cent dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel (pourtant il est dit avoir touché quatre-vingt francs du Constitutionnel in Archives de Paris VK3 48). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il reçut un total de quatre-vingt-dix francs de secours auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Il passa devant le jury de l’arrondissement de Saint-Denis le 27 janvier 1831 sous le numéro 237. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. En août 1831, il adressait à cette Commission la copie suivante d’une lettre qu’il avait fait parvenir à la Chambre des députés : « Le jeune Martin […] dont la conduite dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet est au-dessus de tout éloge ainsi qu’il est certifié par la pièce ci-jointe. Il a reçu deux cent cinquante francs, dont il se trouve satisfait. Savoir : à la mairie des Petits-Pères du (ancien) IIIe arrondissement, en trois fois, quatre-vingt-dix francs ; de plus à la même mairie vingt francs. Après avoir été interrogé à la Ville (lire à l’Hôtel de ville, N.D.A.) sur les hauts faits qui ont été reconnus en présence du maire des Batignolles, où il demeure avec sa mère, il a reçu quatre-vingt-dix francs. Pour les trois jours de fêtes, il a touché à la sous-préfecture de Saint-Denis cinquante francs. Total : deux cent cinquante francs. Cependant ce brave et intrépide citoyen, le défenseur de sa patrie pour la liberté, s’est adressé à la Commission des récompenses nationales à l’effet d’obtenir la décoration de Juillet, qu’il a si bien méritée par sa valeur ; il est resté sans réponse. Il ose espérer que sa supplique aux représentants de la nation sera couronnée du succès qu’il a lieu d’espérer de votre illustre aréopage et qu’il sera appuyé par les députés de sa ville natale, Quimper. Il a l’honneur etc. » Il était porteur du certificat suivant : « Je certifie que le sieur Martin a fait partie des défenseurs de la partie du manuscrit brûlée dans les trois journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 que j’ai conduits et commandés, qu’il était à l’attaque de l’état-major à la place Vendôme, à celle des trois lanciers que nous avons arrêtés et désarmés boulevard des Italiens. Après ces affaires, il a été blessé au pied droit par un clou qui a traversé son soulier, une autre blessure par les pavés ayant écroulé d’une barricade que nous étions à construire. Attestons qu’il s’est montré avec courage jusqu’à ce que ses blessures l’ont rendu incapable de continuer. » Signé, le 1er août 1831 : Tristant (voir Tristant, Jean, Nicolas), commandant du poste du 74, rue Saint-Lazare, demeurant 15, rue Sainte-Croix à la Chaussée-d’Antin. Suivait l’apostille suivante : « Je, soussigné, seul chirurgien de l’ambulance de la rue Saint-Honoré n° 108, certifie avoir donné mes soins au citoyen Martin, Henry, lequel a été blessé à deux différentes parties dans les jours de juillet 1830 et qu’il a mis quatre mois avant de recommencer ses travaux ordinaires, par suite de sa blessure. » Signé, le 4 août 1831 : Coutard (voir Coutard, Jacques, Nicolas), demeurant 19, grand-rue aux Batignolles. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Il demeurait passage Saint-Pierre aux Batignolles en 1830 ; 13, avenue du Cimetière, chez Languez marbrier aux Batignolles en 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe de l’arrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 90 ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis, blessés de la 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 401.