Martin, Jacques, Joseph
Biographie
Né le 10 mars 1810 à Paris, fils de Martin, Jacques, François, et de Margerit, Marie, Victoire, son épouse. Maçon. Blessé d’un coup de feu, le 28 juillet boulevard du Temple, transporté à l’hôpital Saint-Antoine, il mourut des suites de ses blessures, le 8, 9 ou 10 août suivant. Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Le 5 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Duval, Nicolas, Romain, horloger-bijoutier, demeurant 156, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Dutoy, Antoine, Thibaut, logeur, demeurant 166, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Levavasseur, Jacques, Frédéric, demeurant 166, rue du Faubourg-Saint-Antoine. Ils attestèrent savoir que Martin, Jacques, Joseph était « décédé à l’hôpital Saint-Antoine le 9 août 1830 par suite d’un coup de feu reçu le 28 juillet précédent, boulevard du Temple ». Le 16 mai 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Doublet, Louis, Joseph, bonnetier, demeurant 11, rue de Charonne ; Leclaire, François, tourneur en cuivre, demeurant 21, rue de Cotte ; Denis, Claude, tailleur, demeurant 21, rue de Cotte. Ils attestèrent savoir que Martin, Jacques, Joseph « est décédé à l’hôpital Saint-Antoine le 9 août 1830 par suite d’un coup de feu reçu le 28 juillet précédent, boulevard du Temple ». Il laissait une mère, Margerit, Marie, Victoire, veuve de Martin, Jacques, François, née le 5 septembre 1781 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), blanchisseuse, demeurant 21, rue de Cotte dans le faubourg Saint-Antoine en 1831, qui fut pensionnée de deux cents francs, à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait une veuve, Adry, Anne, Françoise, Félicité, née à Paris le 7 frimaire an X (le 8 frimaire an X in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 B) (28 novembre 1801), qui reçut un secours de cent quarante francs et un autre de quatre-vingt-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de cinq francs le 4 août 1830, un secours de vingt francs le 17 août 1830, un secours de quinze francs le 26 août 1830, un secours de vingt francs le 4 septembre 1830, un secours de trente francs le 18 septembre 1830, un secours de quarante francs le 1er octobre 1830, un secours de quarante-cinq francs le 15 octobre 1830, un secours de cent soixante francs le 27 octobre 1830, un secours de quarante francs le 5 janvier 1831, un secours de dix francs le 21 janvier 1831, un secours de cinquante francs le 4 février 1831, un secours de cinquante francs le 4 mars 1831, un secours de cinquante francs le 2 avril 1831 auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, puis qui fut pensionnée et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait deux enfants, qui furent pensionnés et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes : Eugénie, Elisabeth, née le 27 février 1827 à Paris, Charles, Joseph, né le 17 juillet 1830 à Paris. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Chaint, Jean, Charles, garçon maçon, subrogé-tuteur, demeurant 21, rue de Cotte en 1831. Eugénie, Elisabeth atteignit sa septième année en 1834 et toucha trois cents francs pour ses frais de trousseau ; elle était élevée, cette année-là, dans une maison d’éducation établie à Villeneuve-l’Archevêque (Yonne). En 1835, la veuve Martin se plaignit auprès du ministère de l’Intérieur qu’on lui refusait la restitution du livret de Caisse d’épargne, constatant le dépôt d’une somme de mille deux cents francs et qu’on lui refusait de la même manière le paiement de la pension pour sa fille. Le préfet de la Seine expliqua dans ces termes la situation au ministre : « Le 8 août 1834, il fut arrêté que la fille de la veuve Martin, Eugénie, Elisabeth, qui venait d’entrer dans sa septième année, resterait confiée aux soins de sa mère, à la condition qu’elle irait à l’école, et qu’une somme annuelle de trois cents francs lui serait payée pour subvenir à ses besoins. Le 29 août, sur la demande de madame veuve Martin, la somme de trois cents francs a été portée à quatre cents francs. Le 31 octobre, cette veuve, qui demeurait à Moulinous, où elle exerçait l’état de jardinière, demande l’autorisation de vendre son inscription de rente de soixante-quinze francs afin qu’avec le capital, joint à ses économies, elle pût acheter la maison qu’elle habitait et le jardin qui en dépendait ; cette autorisation lui fut donnée. Le 10 août 1835, madame Martin arrive à Paris, annonce à la Commission qu’elle a quitté Moulinous, qu’elle n’a pas acheté la maison en question, que sur le capital provenant de la vente des soixante-quinze francs de rente il ne lui reste que mille deux cents francs, ayant dépensé le surplus, qu’elle vient se fixer à Paris et demande que les deux cents francs pour un semestre de pension de sa fille lui soient payés. La Commission, surprise de la conduite de madame Martin, arrête qu’il ne lui sera rien payé pour la pension de sa fille puisqu’elle a dépensé en peu de temps quatre cents francs sur le capital de sa rente, que sa fille sera immédiatement mise dans une bonne pension et que le livret constatant que madame Martin avait déposé mille deux cents francs à la Caisse d’épargne lui serait retenu afin qu’elle ne pût pas en disposer davantage. Le 8 mai 1835, madame Martin annonce qu’elle veut garder sa fille près d’elle ; elle demande son livret et le semestre de pension de sa fille. La Commission maintient ses arrêtés et ajoute que tant que madame Martin ne mettra pas sa fille en pension il ne lui sera rien payé pour elle. Depuis cette époque, cette veuve a renouvelé sa demande et fait des démarches près de plusieurs personnes ; mais la Commission forte de ses arrêtés, a cru sage de les maintenir. » En 1835-1836, Eugénie, Elisabeth était élève dans la pension de Mme Blacque. Martin, Charles, Joseph toucha trois cents francs pour ses frais de trousseau, en 1837 ; en 1838, il était élève dans la pension de Laurent Duchesne à Belleville. Le 24 juillet 1840, les restes de Martin furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Le nom de Martin (J.-J. Martin) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Martin, Jacques, Joseph demeurait 162, rue du Faubourg-Saint-Antoine, ; sa veuve à la même adresse en 1831 (mais aussi 21, rue de Reuilly et 21, rue de Cotte in Archives de Paris VD3 1-2) ; à Molinons (Yonne) sans doute en 1834 ; 132, rue du Faubourg-Saint-Antoine en 1835 ; sa mère, 25, rue de Cotte en 1831. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 39 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 1, 93, 103 pour la mère ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 104-105 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), cahier contenant les noms de personnes tuées, idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de veuves), idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste d’orphelins), idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste d’ascendants) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) VIIIe arrondissement, orphelins du (ancien) VIIIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/40 (Etat nominatif comprenant huit orphelins de Juillet, qui, pendant le 1er trimestre de 1834, sont entrés dans leur huitième année et dont les pensions doivent être réinscrites au Trésor, au taux de sept cents francs en conformité de l’article 3 de l’ordonnance du 25 août 1830 ; année 1834, orphelins de juillet 1830 […] qui, ayant atteint ou devant atteindre l’âge de sept ans avant le 1er avril 1834, vont être rayés des registres du Trésor pour le premier secours de 250 francs qui leur avait été accordé et sont susceptibles d’être réinscrits pour de nouvelles pensions temporaires de 700 ou 500 francs, conformément aux ordonnances royales des 25 août 1830 et 13 décembre 1833 ; année 1838 VIIIe arrondissement ; année 1839 VIIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/42 ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Beaumet ; Archives nationales F/1dIII/55 in dossier Farnet ; Archives nationales F/1dIII/65 ; Archives nationales F/1dIII/69 ; Archives nationales F/1dIII/74 in dossier Rousselet, Louis, Victor ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins (cité à deux endroits différents) aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIIe arrondissement, veuves, orphelins et ascendants ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet ; Archives nationales F/15/2557-2559 son bulletin de surveillance spéciale et aussi un état officiel des orphelins (ancien VIIIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés (où la composition du conseil de famille est indiquée à deux reprises différentes) ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.