Martin, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 7 août 1796 (mais le 7 août 1798 in Archives nationales F/1dIII/39, in Archives nationales F/1dIII/94 et in Archives de la préfecture de police AA 401 dans son dossier en 1848 ; mais bien le 7 août 1796 in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Riom (Puy-de-Dôme). Cordonnier (mais journalier en 1831 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 B). Il fut blessé d’un coup de feu au genou gauche et d’un coup de baïonnette au front. Il reçut un secours de cinquante francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de l’ancien Ve arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 26 avril 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de deux blessures, l’une par arme à feu et par balle morte à la partie antérieure du genou gauche, guérie mais avec un peu de gonflement ; l’autre par arme blanche (coup de baïonnette) à la partie supérieure du front du côté gauche à la racine des cheveux, guérie sans infirmité. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans. Son nom est sur une liste de plusieurs blessés de la deuxième classe, admis à des secours temporaires mais qui n’avaient pas, en septembre 1831, encore remis leur acte de naissance et qui ne pouvaient, en conséquence, toujours pas figurer sur l’état officiel ; la Commission des récompenses nationales réclamait l’insertion des noms de cette liste dans la Moniteur afin qu’avant le 20 octobre, l’extrait de naissance réclamé par le ministre des Finances fût délivré par l’ayant droit, pour lui éviter ainsi le préjudice de ne pas pouvoir en bénéficier. Il ne toucha que la première partie de cette indemnité, s’étant engagé et ayant été envoyé en Belgique. En 1833, soldat au 12e de ligne, maintenant en congé de semestre, il réclama la deuxième partie de son versement. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Le ministère de l’Intérieur répondit qu’il avait reçu la totalité de la somme à laquelle il pouvait prétendre et qu’il n’y avait pas lieu, en conséquence, à donner suite à sa demande. En 1848, il était alors commissionnaire et déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il avait eu en sa possession des effets trouvés dans les Tuileries et les avais remis intégralement et de son propre mouvement aux autorités. Il fut soigné selon un certificat délivré par le bureau de bienfaisance du (ancien) Ve arrondissement pour une entérite, causée par suite des fatigues qu’il avait éprouvées pendant les gardes effectuées aux Tuileries, et qui le mit hors d’état de travailler pendant un mois. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, combattants de Février, certifions que le citoyen Martin, Jean-Baptiste, commissionnaire, demeurant rue Saint-Sauveur n° 27, a montré pendant ces journées le plus grand zèle et que c’est lui qui a placé un drapeau sur l’arc de triomphe de la place du Carrousel. Signé, le 13 mars 1848 : Nenon, demeurant 65, rue Rambuteau ; Bonnard, demeurant 28, rue Cougi... ; Manissié ; Petit, sergent ; Faucon fils ; Longuet illisible ; Fournier ; Boltz, A., courrier de malle-poste, demeurant 34, rue Poissonnière, qui ajoutait certifier avoir « vu de ses yeux le nommé Martin, se conduire avec zèle et grand sang-froid » ; Courtois, F., ex-fourrier du poste de l’Echelle ; Goibaut, demeurant 28, rue Thévenot. Le 27 octobre 1848, une ultime convocation lui était envoyée par la Commission. Il reçut une « mention honorable » pour avoir combattu l’insurrection de juin 1848. Il reçut un secours de quarante francs le 19 octobre 1848, de cent francs le 31 juillet 1849, à titre de médaillé de Juillet. En 1850, commissionnaire, ne gagnant « que bien peu d’argent », marié, il sollicitait de participer à la distribution annuelle des secours. La préfecture de police donnait de « bons renseignements sur son compte » ; sa femme était malade et lui-même se trouvait « très gêné », précisait-elle. Il reçut un secours de soixante francs en 1850 et en 1851. En 1852, il sollicita de nouveau un secours et la même administration précisait sur son compte : « Commissionnaire mais il a reçu une blessure au genou, ce qui souvent l’empêche de travailler. Il n’a pas d’enfant (ce qui est contradictoire avec le rapport plus loin cité, N.D.A.). Sa femme vend de la sucrerie sur la voie publique. Il a une bonne réputation. Il ne s’occupe pas de politique. » Il reçut un secours de soixante francs en 1852. En 1853, il sollicita de nouveau un secours et obtint de nouveau soixante francs. Il reçut un secours de cinquante francs en 1854. En 1855, la même administration précisait encore : « […] Il est marié, il a un enfant de cinq ans. Le sieur Martin est commissionnaire, gagne deux à deux francs cinquante par jour. Sa femme travaille pour la confection, gagne un franc par jour. Il doit un terme à son propriétaire, tout chez lui annonce un ouvrier qui n’est pas malheureux. Le sieur Martin a servi pendant douze ans. Il a fait la campagne d’Anvers, où il a été blessé faisant partie du 12e régiment d’infanterie légère. […] Cet homme est bien considéré dans sa maison. Il tient une conduite irréprochable. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1855. En 1856, père d’un jeune enfant et sa femme malade depuis trois mois, il sollicita un secours pour le « tirer de la misère ». Il reçut un secours de cinquante francs en 1856. En 1857, il perdit successivement sa femme et son enfant. Un rapport de police précisait : « […] Cette double perte, en lui enlevant toutes ses économies, l’a mis dans une position momentanément très nécessiteuse. Ce pétitionnaire mérite tout l’intérêt de l’administration. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1857. En 1858, « se trouvant dans une déplorable position, toujours malade et manquant du plus strict nécessaire à la vie », il sollicita un secours indispensable et obtint de nouveau cinquante francs. Il sollicita de nouveau un secours en 1861 et obtint cinquante francs ; la même somme en 1862 mais le courrier de l’administration revint avec la mention Inconnu. Il était en 1862, commissionnaire médaillé en face du 14, boulevard Montmartre. Il fut condamné pour vol le 29 janvier 1862 à trois mois de prison. Il demeurait 10, rue Beaurepaire en 1830 ; 7, rue Beaurepaire (mais 6, rue Beaurepaire in Archives nationales F/1dIII/38 A) en 1831 ; 12, rue de la Vannerie en 1833 ; 27, rue Saint-Sauveur en mai 1848 puis 4, rue Pavé-Saint-Sauveur ; 92, rue Montorgueil (trois fois ; aussi 82, rue Montorgueil une fois sur deux in Archives de la préfecture de police AA 369), un logement de cent cinquante francs par an, en 1849-1859 ; 18, rue Rochechouart en 1861 ; 40, rue Saint-Sauveur en 1862 ; 22, rue du Petit-Carreau en 1863. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 36 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 40 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du Ve arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 74 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 couverture du dossier de Rudeau, Messidor, Brutus ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/33, lettre en date du 29 septembre 1831, du président de la Commission des récompenses nationales au ministre de l’Intérieur ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre 1831 comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis à des secours temporaires avec détermination de temps (deux ans) et dont l’exactitude de l’inscription ne peut être garantie à cause de la non-production de leur acte de naissance ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/65 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ve arrondissement, blessés de 2e classe 2e catégorie ; Archives nationales F/1dIII/94 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à vingt-cinq décorés, combattants et veuves de Juillet, domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant ensemble à la somme de 1465 francs sur l’exercice 1849, minutes 39 et 66, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852, idem Proposition d’accorder à dix-huit décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.010 francs, minutes 275-276, en date du 28 février 1853 ; Archives de la préfecture de police AA 401.