Martin, Jean, François
Biographie
Né vers 1813 à Paris. Facteur ou plutôt [corriger et ne mettre qu’accordeur si confirmation, N.D.A.] accordeur de piano. Il reçut la médaille de Juillet. Il mourut le 14 juillet 1848 « dans la révolution [de juin ?, N.D.A.] à la suite de sa blessure à l’hospice », selon sa fille. En 1849, sa veuve, Vieuxbled, Adélaïde, Joséphine, née vers 1822 à Paris, qu’il avait épousée le 26 mai 1834 à Paris, restée seule avec deux enfants, sollicita des secours. La police, en 1850, donna sur son compte les renseignements suivants : « Marchande de légumes ambulante, […] est fort bien représentée sous le rapport de la conduite et de la moralité. Elle n’a, pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses deux enfants, que le faible produit de son travail. » Et aussi, la même année : « […] A deux enfants, âgés de treize et quatorze ans, à sa charge, et ne possède aucune ressource pécuniaire. Cette femme vend du poisson dans les rues et gagne fort peu de chose. Sa position est très pénible. Sa conduite ne laisse rien à désirer. » Toujours dans une « situation désespérée » et sa mère âgée à sa charge, elle reçut quarante francs de secours en 1850, un secours de quarante francs et un autre de cinquante francs en 1851, à titre de veuve d’un médaillé de Juillet, quatre-vingt-dix francs en 1851, quarante francs en 1852, quarante francs en 1853, quarante francs en 1855. En 1856, la même administration précisait : « […] Marchande ambulante, elle vend des légumes et peut gagner un franc par jour. […] La veuve Martin a deux enfants, qui ne sont pas à sa charge. Le premier est une fille de vingt ans, qui est lingère, elle travaille chez M. Souliard, rue de Bièvres 17, gagne soixante-quinze centimes par jour ; le second un fils de dix-huit ans, qui vend des légumes ; n’ayant pas de permission, il vend dans les bateaux, il gagne un franc par jour. Ces deux enfants restent avec leur mère. La mère de la veuve Martin n’est pas à sa charge. […] Elle ne doit rien à ses anciens propriétaires, qui ne lui ont rien retenu de son ménage, qui du reste est de la dernière pauvreté : le fils couche sur un lit de sangle, sans matelas ni couverture ; la mère et la fille couchent ensemble sur une paillasse. La veuve Martin […] passe dans sa maison pour une personne tranquille, se conduisant fort bien. L’intérieur respire la plus grande misère. » Elle reçut quatre-vingts francs en 1856 et 1857, quarante francs en 1858, soixante francs en 1859, soixante francs en 1860, soixante francs en 1861 et soixante francs en 1862. En 1862, tout secours lui fut coupé, suite à une note du cabinet du préfet de police qui rapportait que la veuve Martin, marchande des quatre-saisons, « pourrait facilement pourvoir à ses besoins si elle ne se livrait habituellement à l’intempérance ». En 1866, la fille de Martin, épouse Legry, mère d’une famille de trois enfants et abandonnée par son mari, sollicita des secours ; elle appuyait sa demande sur le fait que son père était décoré de Juillet, et « mort dans la révolution de 1848 […] à la suite de sa blessure, à l’hospice ». Martin demeurait 22, rue Neuve-Saint-Sabin en 1848 ; sa veuve, 169, rue Saint-Victor, une chambre au loyer annuel de soixante-dix francs, en 1849-1850 ; 44, rue Mouffetard en 1851 ; 20, rue de Bièvres, en 1850 ; 20, rue des Boulangers en 1852 ; 110, rue de Lourcine vers 1855 ; 147, rue Mouffetard en 1855 ; 7, rue du Château à la chaussée du Maine, une chambre au loyer annuel de cent francs, en 1856 ; 16, rue des Lyonnais en 1857 et 1858 ; 24, rue de Lourcine puis 22, rue Nationale, commune d’Ivry en 1859 ; 9, rue du Château-des-Rentiers, un logement au loyer annuel de cent vingt francs, en 1860, 1861, devenu ex-barrière des Deux-Moulins en 1862 ; 57, rue de Lourcine en 1863 ; la fille 6, rue Neuve-du-Théâtre à Grenelle en 1866. Archives nationales F/1dIII/65 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 84, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852. Voir sans doute l’autre Martin, Jean-François ?