Masson, Jean, Joseph
Biographie
Né le 10 novembre 1783 à Beho (ancien département français de l’Ourthe en Belgique). Entré au service le 3 prairial an VIII (23 juin 1800), tambour le 1er ventôse an XI, grenadier le 23 vendémiaire an XIII, passé dans la gendarmerie maritime à Brest le 1er septembre 1807, passé au 13e régiment de cuirassiers le 9 octobre 1809, réformé le 1er avril 1810, remis en activité dans la gendarmerie maritime à Brest le 1er juin 1815, parti le 6 septembre suivant ; ses blessures n’étaient pas constatées ; il fit les campagnes des années VIII, IX, XII, XIII, XIV, 1806 et 1807. En 1830, il était professeur d’escrime à l’Ecole polytechnique. Il fut admis à établir son domicile en France, par ordonnance royale en date du 30 juillet 1831. Cuche, Pierre, François, marchand de papiers, demeurant 89, rue de la Harpe, et Mortier, Sauveur, teinturier, demeurant aussi 89, rue de la Harpe, avaient été, le 16 mars 1831, les deux témoins devant le commissaire de police du quartier de la Sorbonne pour attester que Masson était « un homme d’honneur et de probité, d’une conduite régulière et sur le compte duquel il ne nous est parvenu aucune plainte ». Le 27 septembre 1831, la mairie du (ancien) XIe arrondissement, suite à une demande qu’il avait présentée, lui faisait savoir qu’elle n’avait aucun moyen de faire valoir les pièces qu’il lui avait fait parvenir pour obtenir la médaille de Juillet, les travaux de la Commission étant terminés. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac. Il expliquait, dans sa lettre de dépôt de dossier en date du 25 novembre 1831, qu’il avait transmis ses pièces à Bétou (voir Bétou, Edouard, François), demeurant 17, rue des Beaux-Arts mais que celui-ci ne lui avait pas même répondu. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, élèves de l’Ecole polytechnique, de celles de droit et de médecine, tous élèves de M. Masson, professeur d’armes à l’Ecole polytechnique, tenant son académie rue de la Harpe n° 93, certifions que la conduite de M. Masson a toujours été sans reproche et a toujours mérité notre estime, tant par son exactitude à remplir ses devoirs dans ses leçons que dans toutes autres circonstances. Certifions en outre que M. Masson s’est conduit avec distinction dans les journées des 27, 28 et 29 juillet pour la cause de la liberté. » Signé le 18 août 1830 : Dupont, Charles, étudiant en droit ; de Rossignol Grandenom, H., élève en droit ; Jouin, négociant, demeurant rue de Provence ; Benvymart, V., ou Burymart, V., ou Burgmart, élève de l’Ecole polytechnique ; Dalez, F., négociant. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je déclare que M. Masson, sergent à la 2e compagnie du 2e bataillon de la XIe légion de la garde nationale de Paris, s’y est toujours comporté avec zèle et honneur et que dans les différentes occasions où nous avons été réunis, notamment au mois de décembre (à l’occasion du procès des ministres de Charles X, N.D.A.) il a fait preuve d’une fermeté, d’un sang-froid et d’un patriotisme dignes d’éloges ; depuis que je le connais je l’ai toujours trouvé d’une grande exactitude à remplir ses devoirs ; je n’ai que des louanges à lui donner ; je le crois digne des bontés de Sa Majesté et je déclare qu’il est dans une position à en avoir besoin. » Signé : Charpentier, docteur en médecine, capitaine en premier de la compagnie désignée. Ce certificat était apostillé par le chef du 2e bataillon. Le troisième certificat, ainsi rédigé par le même : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, capitaine en premier de la 2e compagnie des chasseurs du 2e bataillon de la XIe légion de la garde nationale de Paris, certifie que le sieur Masson, Jean, Joseph, ancien militaire, fait partie de ladite compagnie à peu près depuis la dernière organisation de la garde, que par suite de sa bonne conduite, de l’estime et de la confiance qu’il a su inspirer à ses camarades et à ses chefs il a été promu au grade de sergent, où sa bonne conduite ne s’est jamais démentie. » Signé, le 24 mars 1831 : Charpentier, capitaine en premier. Le 3 mai 1833, il retira des mains d’O’Reilly (voir ce nom pour la signature) les pièces qu’il avait confiées à la Commission et s’acquitta de la somme de quatre-vingt-cinq centimes pour liquidation de son dossier. On trouve aussi dans son dossier le certificat suivant, daté de 1839 : « Je, soussigné, déclare que depuis douze ans je connais M. Masson, professeur d’escrime, pour un homme dont la conduite et le caractère méritent toute confiance. Je suis heureux d’avoir occasion d’en rendre témoignage. » Signé, le 29 novembre 1839 : Dupont-White, Charles, avocat au conseil du roi et à la Cour de cassation, demeurant 33, rue du Bac. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, élèves de l’Ecole polytechnique, de celles de droit et de médecine, ainsi que les citoyens gardes nationaux de Paris, certifions que le citoyen Jean, Joseph Masson, âgé de soixante-sept ans, ancien militaire sous la république et l’Empire français, qu’il est sans traitement, exerçant la profession de maître d’escrime, qu’il a été dix ans professeur à l’Ecole polytechnique et à l’Académie stratégique pour les combats combinés, demeurant rue des Boulangers n° 11, est un homme d’honneur et de probité, qu’il s’est toujours conduit d’une manière à s’attirer l’estime et la considération générales, tant par ses qualités morales que par le remplissement de ses devoirs, comme parfait honnête homme et que sous tous les rapports il mérite un intérêt tout particulier. Certifions en outre que le citoyen Masson s’est conduit avec distinction dans les mémorables journées des 22, 23 et 24 février pour la cause de la liberté, la république et le bon ordre, tant que dans la rue Saint-Martin, boulevard Bonne-Nouvelle, Poissonnière, etc., où nous l’avons vu à la prise de deux pièces de canon et les caissons ; nous l’avons enfin remarqué à la préfecture de police, sur la place de Panthéon, à l’Ecole polytechnique, où il a fait prisonnier le général Aupick, l’ayant soupçonné d’avoir fait prévenir la ligne qu’il était sur la place du Panthéon, afin de venir faire feu sur eux, où il y eut trois hommes tués du peuple et le général prisonnier ainsi que l’officier mais rendus à la liberté lorsque le citoyen Masson eut fait prêter serment la levée au général (sic) sur son honneur qu’il n’avait rien communiqué à la troupe. A côté du général, était un élève de l’Ecole polytechnique, témoin de l’action. La troupe s’est esquivée par une porte de derrière ; de là, nous le vîmes sur la place du Panthéon avec la garde nationale et beaucoup de peuple commandé par un ancien colonel de l’Empire et trois des citoyens élèves de l’Ecole polytechnique ; ils partirent après avoir désarmé un bataillon caserné rue Saint-Geneviève, pour les Tuileries, sous les ordres de ce brave colonel et les trois élèves de l’Ecole polytechnique à ses côtés. » Suivait l’apostille suivante : « Je, soussigné, colonel en retraite, descendu en uniforme et armé le 24 février sur la place du Panthéon pour nous mettre à la tête des citoyens qui s’y trouvaient rassemblés, certifie que le citoyen Jean, Joseph Masson, professeur d’escrime à l’Ecole polytechnique, demeurant rue des Boulangers n° 11, a fait partie des braves que nous avons fait armer à la caserne de la rue Sainte-Geneviève et a fait preuve du plus ardent dévouement pour le triomphe de la cause populaire et mérite l’intérêt de l’autorité. » Signé le 30 mars 1848 : Deniset, colonel, demeurant 1, rue Soufflot. Signé, le 30 mars 1848 : Roux, garde national, demeurant 16, rue Pascal dans le faubourg Saint-Marceau ; Le Bouché, professeur, demeurant 17, rue des Boulangers ; Charles, demeurant 3, rue des Postes ; Madin, demeurant 3, rue des Postes ; Morard, marchand de vins, demeurant 17, rue des Boulangers ; Bouge, artiste ou professeur, demeurant 25, rue Soulage à Bercy ; Rodelle, Charles, demeurant 8, rue des Boulangers ; Gournay, étudiant en droit ; Obert, ingénieur-mécanicien, demeurant rue du Vert-Bois ; Chevalier, typographe, demeurant 10, rue Copeau ; Kiener, demeurant 41, place Maubert ; Pandellé, employé à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Arnoult, demeurant 18, rue de la Croix ; Roucou, 21, grande rue à Belleville ; Renodo, demeurant 10, rue des Boucheries, qui le reconnaissait « pour un artiste distingué et honnête homme ». Il fut arrêté le 30 juin 1848, au moment du rétablissement de l’ordre suite à l’insurrection du 23 juin mais fut libéré au bout de quarante jours. Il fut convoqué le 28 août 1848 par la Commission mais la lettre de convocation revint avec la mention Parti sans laisser d’adresse. Le 14 septembre 1848, il adressait la lettre suivante à la Commission : « Masson, Jean, Joseph, ancien militaire, ayant eu connaissance par les affiches et les journaux, après les mémorables journées des 23 et 24 février qu’une Commission était établie en faveur des combattants d’icelle pour leur accorder une récompense accordée par le gouvernement de la république française, je me suis empressé à vous adresser mes pièces, comme combattant tendant à obtenir un emploi, une place de surveillant dans un des monuments nationaux ou l’hôtel des Invalides, comme ancien militaire. Le 30 mai, je me présentais pour la troisième fois à l’Hôtel de ville, au siège de la Commission, sans pouvoir obtenir l’entrée par l’opposition des sentinelles. Je me résolus alors à confier, sous enveloppe, mes pièces à un individu se disant délégué, le priant de les remettre à la Commission des combattants. Il était de la taille d’environ cinq pieds six pouces, revêtu d’une blouse grise et du cordon de délégué. Il paraît qu’il s’est rendu le détenteur de mes pièces puisque à mon invitation vous eûtes la bonté, deux fois, de visiter tous les rôles sans pouvoir trouver mes pièces, qui étaient au nombre de sept, non compris la pétition, dont voici l’intitulé, savoir ma lettre d’admission au droit civil français, une copie de mes états de services, un certificat de juillet 1830, un idem des journées de février 1848, une lettre concernant la Légion d’honneur du maréchal Lobau, un idem de la mairie du (ancien) XIe arrondissement concernant la médaille de Juillet etc. Toutes ces pièces m’ont été illisible par cet individu. Le 9 juin, j’écrivis à la Commission, par lequel je demandais la remise de mes pièces si elles étaient partie du manuscrit brûlée. N’ayant point eu de réponse, je pris la résolution de me présenter à la Commission dont vous eûtes la bonté de chercher, en vain, puisque vous ne les avez point reçus. Vous avez eu la bonté de m’engager à réitérer ma demande, que j’ai l’honneur de vous adresser aujourd’hui. Veuillez, je vous prie, avoir la bonté d’y faire justice, en m’accordant votre sollicitude. De ces deux révolutions, où j’ai pris une forte part je n’ai été gratifié que des pertes car, le 30 juin, je fus arrêté sur le pont Saint-Michel, rentrant chez moi, venant de donner mes leçons dans une institution. Quoique étant revêtu de bons papiers, un laissez-passer de la mairie et plusieurs autres papiers, j’ai supporté une captivité de quarante jours dans les casemates du fort d’Ivry, mon violon brisé, sans pouvoir le rétablir, ainsi que l’archet et suis à l’hospice pour me rétablir, sans avoir pris aucune part aux affaires de juin. » Il fut convoqué une dernière fois à la date du 27 octobre 1848 et pour le 31 suivant mais la lettre revint avec la même mention. Il apparaît cependant dans le dossier pour avoir été proposé par la Commission pour la fonction de sous-officier à l’hôtel des Invalides et pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était veuf en 1848. Il était garde national à la XIIe légion en 1848. Il demeurait 33, rue des Boucheries-Saint-Germain en novembre 1831 ; son académie d’armes au 93, rue de la Harpe en 1831 ; 33, rue Mouffetard en septembre 1848 ; 11, rue des Boulangers en 1848.. Archives de la préfecture de police AA 401. Service historique de la Défense : dossier 10267 cote 6 J 140 A CONSULTER.