Maubant, Alexandre, Joseph
Biographie
Né vers 1787. Ancien matelot, totalisant dix-sept années de service, pensionné de la Marine (cent soixante-neuf francs par an), établi garçon teinturier-dégraisseur chez Mahussier, teinturier, dont l’établissement était situé 16, rue Notre-Dame-des-Victoires. Il fut tué d’un coup de biscayen, alors qu’il combattait le 28 juillet place de Grève. Son corps fut reconnu par Lhommedieu, son ancien compagnon d’armes, qui délivra le certificat suivant : « Je, soussigné, certifie que le nommé Maubray (sic), mon ancien compagnon d’armes fut reconnu par moi, le 29 juillet matin, sur la place de Grève, exposé entre deux Suisses devant la boutique d’un marchand de vin de l’enseigne Notre-Dame. Il était vêtu d’un bourgeron bleu, d’un pantalon de coton gris, le bras droit presque coupé, le corps traversé, qui est le coup qui a dû le priver de la vie, et quatre doigts de la main gauche coupés ». Signé, le 24 avril 1831 : Lhommedieu, vétéran de l’armée de la 2e compagnie, en garnison à Vincennes. Le 21 août 1830 sur les registres du commissariat de police du quartier de l’Hôtel de ville, furent enregistrées les déclarations de : Chartier, Laurent, garçon épicier chez Desrouquères, demeurant 9, place des Petits-Pères ; Miney, François, Denis, ouvrier cordonnier, demeurant 22, rue des Boulangers ; Richard, Antoine, ébéniste, demeurant 51, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. « Lesquels, le 29 juillet susdit, le matin à 7 à 8 heures, ont retrouvé et reconnu le corps du sieur Joseph, Alexandre Maubant, tué la veille sur la place de Grève, proche l’image de Notre-Dame ; qu’il avait eu le bras droit et la poitrine fracassés, que sa mort paraissait avoir été causée par suite d’un coup de biscayen. » Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement pour le père et par celle du (ancien) IXe arrondissement pour la concubine. La famille reçut un secours de quinze francs, le 16 février 1831, un secours de quinze francs, le 25 février 1831, un secours de vingt francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le 19 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Delagarde, Nicolas, menuisier en bâtiment, né vers 1788, demeurant 275, rue Saint-Jacques ; Moulin, Jean, Simon, né vers 1775, teinturier en chapeaux, demeurant 56, rue Beaubourg ; Richard, Antoine, né vers 1810, ébéniste, demeurant 51, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie ; Miney, François, Denis, né vers 1812, cordonnier, demeurant 22, rue des Boulangers. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Maubant, Alexandre, Joseph et « savoir qu’il a combattu dans la journée du 28 juillet dernier et qu’il y a été tué d’un coup de biscayen au côté droit ». Il laissait un père, veuf et indigent, Maubant, Noël, Anne, Alexandre, né le 12 janvier 1761 à Quethieville (Calvados) (lui-même fils de Maubant, François et de Bruneau, Geneviève, son épouse), décrotteur sur le Pont-Neuf. Son propriétaire, Bainée, Pierre, Louis, maître serrurier et propriétaire du 22, rue des Boulangers, lui délivra, en date du 9 février 1831, un certificat comme quoi il ne vivait que de faibles travaux et qu’il n’avait aucune plainte à adresser à sa conduite ou reproche à lui faire. Il fut pensionné de trois cents francs et il lui fut accordée (sous le nom de Maubant, Noël) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait une concubine, Dubus, Marie, Anne, Clotilde, née le 10 mars 1779 à Méru (Oise), fille de Dubus, Pierre, manouvrier, et de Legros, Marie, Susanne. Le 4 mars 1831, devant le maire du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Marcy, Jacques, Sébastien, porteur d’eau, demeurant 19, rue des Nonandières ; Lordereau, François, fruitier, demeurant 27, rue des Nonandières. Ils attestèrent que Maubant, Alexandre, Joseph et Dubus, Marie, Anne, Clotilde « vivaient ensemble maritalement depuis environ trois ans et qu’il n’est point à leur connaissance qu’ils aient donné lieu contre eux à aucun reproche ». Celle-ci, n’ayant vécu que trois années en concubinage, ne pouvait prétendre à une pension, mais la Commission des récompenses nationales la recommanda, la préfecture de police ayant donné les renseignements suivants sur son compte : « Les renseignements recueillis sont favorables à la moralité de la femme Dubus […] Cette femme était veuve lorsqu’elle fit la connaissance du sieur Mauban ; ce dernier, par son travail, paraît avoir été le soutien de ce petit ménage ; aujourd’hui, la femme Dubus ne possède pour ressource que ses deux seaux, avec lesquels elle porte de l’eau dans le voisinage ; elle est dans une position bien gênée. Elle a un fils de son mariage. Ce jeune homme est bien en âge de travailler mais depuis assez longtemps il manque d’ouvrage et pèse de sa personne sur sa malheureuse mère. » Elle reçut, à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, indemnité qu’elle ne toucha sans doute pas puisqu’elle apparaît dans la liste des personnes pour lesquelles cette indemnité restait à réclamer. Dubus, Marie, Anne, Clotilde était la veuve de Mansart, qu’elle avait épousé le 19 décembre 1818 à la mairie du (ancien) IXe arrondissement. En 1832, le père, Maubant, Noël, sollicita auprès du maire du IXe arrondissement l’autorisation de « vendre son inscription de huit cents francs de la souscription nationale, attendu la maladie ainsi que le manque d’ouvrage qu’il éprouve et les dettes qu’il a contractées, [qui l’ont] plongé dans la plus affreuse détresse ». Le nom de Maubant (A.-J. Maubant) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Maubant demeurait 27, rue des Nonandières (un petit appartement au loyer de soixante-dix francs par an) ; sa concubine à la même adresse en 1831 ; son père, 22, rue des Boulangers en 1820-1832. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 94 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels du IXe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives, p. 83 (sous le nom de Dubus veuve), liste nominative des cas exceptionnels du IXe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 117, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD6 623 n° 8, (ancien) XIIe arrondissement, liste des personnes tuées dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ou mortes par suite de blessures reçues dans lesdites journées ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le numéro 30 et le nom de Maubant, Noël, Alexandre) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 (ascendants) ; Archives de Paris VD6 682 n° 4 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (ascendants), idem (deux listes de morts de cet arrondissement, sous le nom de Mauban, Alexis) ; Archives nationales F/1dIII/33 relevé des informations prises par la préfecture de police sur les personnes désignées ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/66 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IXe arrondissement, cas exceptionnels (sous le nom de Dubus veuve) et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IXe arrondissement, cas exceptionnels (sous le nom de Dubus, Marie, Anne, Clotilde) ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Archives nationales F/9/1157, dommages de Juillet, objets généraux (1830-1834), état des renseignements demandés à M. le préfet de police sur les dénommées ci-après ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.