Mauger, Joseph

Biographie


Né vers 1805 à Paris (ancien) IXe arrondissement. Boucher. Il ne réussit pas à faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ier arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. On trouve dans son dossier la copie d’une lettre qu’il adressa, le 25 novembre 1830, à la Commission des récompenses nationales et ainsi rédigée : « […] A l’honneur de vous exposer que pendant les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, il s’est montré un des plus intrépides défenseurs de la Charte et des lois, qu’un des premiers pendant la journée du 27 on le vit à la tête de ceux qui donnèrent le signal de l’insurrection et construisirent partie du manuscrit brûlée à 6 la première barricade avec les planches du chantier du Louvre malgré les charges de cavalerie et la fusillade qui commença au coin de la rue du Chantre et de la rue des Bons-Enfants et ensanglanta Paris. Que pendant la journée du 28 n’ayant pas d’arme à feu, le soussigné s’en fut à sa mairie pour en demander et que de là on le renvoya à l’Hôtel de ville, où on lui prêta rue de la Tixéranderie n° 41 chez M. Gauthier (voir Gautier-Bouchard) un sabre, et son nom fut inscrit au nombre de ceux qui reçurent des armes. Quoique armé incomplètement, le soussigné n’en combattit pas moins à la Grève pendant trois quarts d’heure et ne parvint enfin à s’armer d’un fusil qu’au moyen d’un combat corps à corps qu’il engagea avec un garde royal, rue Aubry-le-Boucher, à qui il fendit la tête d’un coup de sabre et prit le fusil. Complétement armé et au comble de ses vœux, le sieur Mauger s’en vint cour Batave, dont les grilles étaient fermées et engagea avec ses braves camarades une vive fusillade sur la halle du marché des Innocents avec les Suisses et la garde royale qui y étaient stationnés. C’est là qu’une femme, de soixante ans environ, fut tuée à mes côtés et un garde national fut blessé. De la cour Batave, n’ayant plus de munitions, je gagnai la pointe Saint-Eustache, où je m’en procurai d’autres et combattis contre la garde royale placée à l’entrée de la rue des Prouvaires. Que revenu par la rue Grenelle, je trouvai un bomme blessé au genou, je le pris avec un camarade et nous le transportâmes à l’ambulance. Que pendant la journée du 29, étant rue Saint-Honoré, je me suis placé depuis 9 heures du matin jusqu’à 11 heures rue des Bons-Enfants, rue du Chantre et rue Pierre-Lescot et engageai un feu continuel avec la garde royale et les gendarmes jusqu’à la suspension d’armes qui fut demandée par un trompette de cuirassiers qui arriva au galop, agitant un mouchoir blanc à la main. Que cette même journée, le soussigné fut un de ceux qui désarmèrent le poste de gendarmes de la place du Palais-Royal, au moment même où une décharge partit du palais. Tels sont les faits, messieurs, que le nommé Mauger, Joseph a l’honneur de soumettre à votre impartialité et votre justice. Après avoir été à Rambouillet sous le commandement de M. Morel, actuellement sous-lieutenant au 15e léger, le soussigné peut dire qu’il a parcouru toutes les phases de notre mémorable révolution, qu’il en a partagé tous les dangers. Ce n’est pas pour un vil intérêt personnel que Joseph Mauger [a combattu] les armes à la main ; c’est uniquement dans l’intérêt de sa patrie et des lois. Le soussigné ne demande de votre bonté et de votre justice, messieurs, aucune récompense pécuniaire. Il ne demande et n’ose espérer que la décoration que le gouvernement accorde aux braves qui ont combattu et qu’on ne saurait refuser aux dangers qu’il a bravés pendant trois jours par ses nombreux services. Tous ces faits, messieurs, vous sont attestés par les braves qui ont combattu avec moi et qui partie du manuscrit brûlée. Confiant dans votre justice éclairée, Joseph Mauger se recommande à votre bonté et attend avec respect votre décision. Il a l’honneur, etc. » Suivaient les signatures ou apostilles de : Morel (voir Morel, Jean-Baptiste, Adolphe mais la signature ne correspond pas... mais ce sont les mêmes personnes qui signent Morel, Leblanc), qui attestait que Mauger avait été sous ses ordres pendant l’expédition de Rambouillet et qu’il l’avait nommé sergent ; Leblanc (voir ce nom), marchand de vins, demeurant 207, rue Saint-Honoré ; Foutan, J. (voir Fontan, Jules), demeurant 81, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Pichon, boucher, demeurant 4, rue des Bons-Enfants ; Dénomérange, serrurier, demeurant 25, rue Pierre-Lescot ; Visbecq, coiffeur, demeurant 14, cloître Saint-Honoré ; Potelin, boulanger, demeurant 4, rue des Bons-Enfants ; Billot, demeurant 22, rue Pierre-Lescot ; Dive, demeurant 191, rue Saint-Honoré ; Perot, limonadier, demeurant 225, place du Palais-Royal ; Dumas (voir Dumas, David, Louis), demeurant 229, place du Palais-Royal ; Cros, demeurant 9, rue Fromenteau, qui reconnaissait dans cette lettre « la pure vérité » ; Vigneaux, marchand de vin, demeurant 215, rue Saint-Honoré ; Carteaux, capitaine au 66e ; Pataclin, limonadier, demeurant 196, rue Saint-Honoré ; Gallaud, limonadier, demeurant 3, rue des Bons-Enfants. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, toutes personnes étant domiciliées à Paris, certifions qu’après avoir pris connaissance par une lecture attentive des faits énoncés en la pétition ci-contre […] que M. Mauger, Joseph exerçant la profession de boucher à Paris, y demeurant rue Saint-Honoré n° 215, s’est conduit avec la plus rare intrépidité, que nous l’avons vu un des premiers à la tête du mouvement et toujours les armes à la main pendant les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, aidant et secourant les blessés jusque sous les balles et les transportant avec le dernier dévouement. Qu’il est en outre à notre particulière connaissance que le 28 juillet à 11 heures du soir, le nommé Mauger, Joseph a été vu enlevant du milieu de la rue Saint-Honoré un malheureux jeune homme qui avait essayé de traverser cette rue, vis-à-vis la rue des Bons-Enfants et qui était tombé au milieu du ruisseau, blessé de trois coups de feu, dont il mourut le lendemain. Les cris déchirants de ce malheureux au milieu de la rue déserte excitaient la compassion de tout le voisinage, qui implorait de la troupe placée à l’entrée de la rue Saint-Honoré la permission d’enlever le blessé, dont les cris plaintifs au milieu de la nuit déchiraient l’âme. La garde, restant sourde aux prières de tout le voisinage et même des femmes qui la suppliaient, et menaçant de faire feu sur quiconque descendrait dans la rue, le nommé Joseph Mauger, n’écoutant que son courage et son humanité, essaya de lui porter secours malgré une mort presque certaine. Parvenant en rampant jusqu’auprès du malheureux blessé, gisant au milieu de la rue et l’attirant doucement à lui, Mauger parvint à lui faire franchir le terrible intervalle qui existait entre le milieu de la rue et sa demeure, où il lui procura les plus généreux secours. Ces secours furent malheureusement inutiles car cet infortuné jeune homme mourut le lendemain chez lui de ses blessures. Tels sont les faits dont nous nous plaisons à lui rendre le témoignage, comme étant particulièrement au vu et au su de notre voisinage. En conséquence de quoi nous estimons que Mauger, Joseph a les plus légitimes droits à la justice de la Commission des récompenses nationales soit pour une place soit pour la croix. » Signé, le 26 novembre 1830 : Foutan, J. (voir Fontan, Jules), demeurant 81, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Morel (voir Morel, Jean-Baptiste, Adolphe mais la signature ne correspond pas... mais ce sont les mêmes personnes qui signent Morel, Leblanc ), qui attestait que Mauger avait été sous ses ordres pendant l’expédition de Rambouillet et qu’il l’avait nommé sergent ; Vigneaux, marchand de vin, demeurant 215, rue Saint-Honoré ; Leblanc (voir ce nom), marchand de vins, demeurant 207, rue Saint-Honoré ; Dumas, demeurant 229, place du Palais-Royal ; Cros, demeurant 9, rue Fromenteau, qui reconnaissait dans cette lettre « la pure vérité » ; Dive, demeurant 191, rue Saint-Honoré ; Billot, demeurant 22, rue Pierre-Lescot ; Dénomérange, serrurier, demeurant 25, rue Pierre-Lescot ; Potelin, boulanger, demeurant 4, rue des Bons-Enfants ; Visbecq, coiffeur, demeurant 14, cloître Saint-Honoré ; Benjamin, demeurant 6, rue du Cloître-Saint-Honoré ; Perot, limonadier, demeurant 225, place du Palais-Royal ; Gallaud, limonadier, demeurant 3, rue des Bons-Enfants ; Pichon, boucher, demeurant 4, rue des Bons-Enfants ; Carteaux, capitaine au 66e ; Pataclin, limonadier, demeurant 196, rue Saint-Honoré. Il demeurait 215, rue Saint-Honoré en 1831. Archives de la préfecture de police AA 402.

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