Maupin, Marie, Clémentine (Marie, Clémentine dans les listes de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830)

Biographie


Elle tenait sans doute un restaurant. Blessée, sans doute accidentellement, par un boulet de canon, le 28 juillet quai de la Tournelle, elle mourut des suites de ses blessures, le 30 juillet à l’hôpital de La Pitié. La chronique de l’époque la répertorie sous le nom de Belin ou Bellin, et relate à son sujet qu’elle fut frappée [dans son lit, écrit Audot, N.D.A.] d’un boulet, qui lui enleva les deux jambes. Elle mourut à l’hôpital de la Pitié. Son inhumation eut lieu le 1er août. Sa fille (sous le nom de Aug. Bellin) reçut un secours de soixante francs en août 1830 sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Elle laissait un concubin, qui n’était pas le père de ses trois ou quatre filles, toutes majeures. Elle est répertoriée (sous le numéro 745 et le prénom de Clémentine) dans les pièces relatives aux décès, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Sa fille, Clémentine, reçut cent francs auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Elle est inscrite comme son cas ayant fait l’objet, à titre de cas exceptionnel, du versement d’une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830 (au nom de Marie, Clémentine) et une autre fois d’une inscription de rentes en faveur de sa fille, Clémentine). Sa fille Clémentine, née vers 1807, souffrant d’une très mauvaise santé, était encore soutenue par sa mère et était, en 1830, placée au couvent de la Croix, place Royale. Elle sollicita un secours auprès du gouvernement : « […] Ma vocation et les intentions de ma mère n’avaient reléguée, dès mon enfance, dans un couvent, où je devais et j’espérais passer ma vie. Il restait due encore une partie de ma pension, que ma mère s’était engagée à payer mais sa mort me rend insolvable et j’ai été forcée de quitter cette maison, qui devait être un refuge pour moi dans mon malheur. Aujourd’hui, je me trouve sans famille, sans protection, sans asile, abandonnée dans Paris. Je le sais, messieurs, vous ne me laisserez pas longtemps exposée à cet abandon ; votre justice et votre sollicitude veillent sur moi. Permettez-moi seulement de vous exposer mes vœux, mon désir : élevée dans les habitudes du cloître, ma seule ambition serait d’y rentrer pour y couler loin du monde des jours qui seront désormais consacrés à bénir un gouvernement qui est ici-bas la Providence des orphelins. » Dans une autre de ses demandes d’un secours, cette fille Clémentine donnait le triste récit suivant de l’attitude du concubin : « […] L’on me dit que c’est le mari qui est héritier et qu’il faut avoir de lui un acte de renonciation à toutes poursuites de sa part. Mais ce mari n’est pas mon père et il n’a ni titre ni droits à l’héritage de ma mère, et il l’a si bien senti que quand il a vu la mort funeste de maman, il s’en est allé disant qu’il n’avait point affaire là puisque rien ne lui appartenait […]. » Sa demande de pension fut rejetée, étant âgée de plus de dix-huit ans. Le concubin reçut deux cents francs de secours en 1833. Maupin demeurait 43, quai de la Tournelle ; Maupin, Clémentine, 22, quai Pelletier en 1830 in Archives nationales F/1dIII/37 ; le concubin, à Becquigny (Aisne) en 1833. Le Constitutionnel, 31 juillet 1830 (sous le nom de Belin) ; Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel (sous le nom de Aug. Bellin) ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 11 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 11 (sous le nom de Aug. Bellin) ; Le Réveil du lion ou Paris dans les immortelles journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; précis des événements, heure par heure… suivi dun chant triomphal… par un patriote de 89, Paris, Lerosey, 1830, p. 242 (sous le nom de Belin) ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, Paris, imprimerie et fonderie de Fain, 1830, p. 95 (sous le nom de Belin) ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 271 ; Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 173 (sous le nom de Belin) ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, cinquième édition, Paris, Audot libraire, 1830, p. 139 (sous le nom de Belin) ; La Révolution de 1830, ou Histoire des événements qui ont eu lieu dans Paris, les 27, 28, 29 et 30 juillet, par un témoin oculaire, Paris, Philippe, libraire, 1830, p. 37 (sous le nom de Belin) ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives p. 89, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIIe arrondissement, p. 112 lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD6 623 n° 8, (ancien) XIIe arrondissement, liste des personnes tuées dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ou mortes par suite de blessures reçues dans lesdites journées ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, pièces relatives aux décès ; Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (une liste de morts de cet arrondissement) (sous le nom de dame Maupin, née Goujet, Françoise, Jine et laissant une fille de vingt-trois ans) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, liste des orphelins (l’apostille suivante est inscrite en face de son nom : « Na pas produit de lettre », ce qui signifiait qu’elle n’avait pas eu droit à la pension) et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/66 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, cas exceptionnels et cas exceptionnels d’orphelins.

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