Maurice, Ferdinand
Biographie
Né vers 1811 à Champigny (Marne). Serrurier. Il relatait ainsi, dans une lettre adressée à la Commission des récompenses nationales, sa participation aux combats de Juillet : « […] Dans la journée du 29 juillet dernier, il a constamment défendu la barricade de la rue Bizet et a fait mettre bas les armes à plusieurs gardes royaux, ce qui contribua à armer un bon nombre de citoyens qui ne l’étaient pas ainsi qu’à fournir des cartouches. Il ne cessa de combattre tout le jour et de se trouver à l’attaque des chasseurs à cheval de la garde à la rue Saint-Pierre. Ensuite, il fit le service dans la garde nationale mobile avec zèle jusqu’à son licenciement […]. » Sa lettre était apostillée par (pour les noms lisibles) : Destains, Victor (voir ce nom), qui certifia l’exactitude des faits avancés par Maurice ; Berriet ; Vasseur ; Jouanne ; Lapierre ; Lartigue ; Jacquinot, ex-sergent pensionné ; Génot ; Ruzé (voir Ruzé, Jean-Baptiste) ; Durier ; Dubuisson ; Thuilier jeune. Ribet, Michel, Joseph, dans l’exposé qu’il fit de sa propre conduite, nous laisse les indications suivantes sur la conduite de Maurice, Ferdinand : « […] Le 29, à 4 heures du matin, armé d’un pistolet et de mon croissant (instrument de jardinage, N.D.A.), j’ai travaillé aux barricades, rue Basse-Saint-Pierre, route de Versailles, près le pont d’Iéna, rue de Chaillot. Présent rue Gasté à l’attaque des chasseurs à cheval, après en reconnaissance rue Bizet à l’entrée des Champs-Elysées, nous avons fait rendre les armes à deux soldats, dont je m’emparai des armes et des munitions de l’un d’eux. Ce fut une heure après qu’à la barricade de la rue Bizet, il se dirigea un détachement composé de douze à quinze gardes royaux. Je les sommai de mettre bas les armes s’ils voulaient passer, en leur disant que toute la population de Chaillot était sous les armes et que c’était fait d’eux s’ils voulaient résister. Cette sommation eut son effet mais non sans peine, n’étant que le nommé Ferdinand, Maurice et moi. Ce désarmement d’armes et de munitions servit à armer autant de citoyens. Cette action arrêta l’effusion du sang, vu qu’ils étaient déterminés à se défendre. Ce fut une heure et demie après qu’un bataillon qui battait en retraite sur Saint-Cloud que nous fûmes attaqués de nouveau par son avant-garde, auquel nous répondîmes vivement. Dans l’intervalle, le bataillon arriva et fit un feu de peloton sur nous, dont je fus atteint d’une balle qui me traversa la cuisse droite. Forcé de me retirer, après cette blessure, on me transporta chez moi. […] » Il ne réussit pas à faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ier arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il adressa la lettre suivante à cette dernière Commission ; « […] A l’honneur de vous exposer que lors des événements de Juillet, il fut l’un des premiers à se dévouer pour la cause nationale, ainsi que le prouvent les certificats ci-joints qui attestent premièrement qu’il se joignit l’un des premiers à M. Destains (voir Destains, Victor, Achille, Justinien), qui s’était mis à la tête des Chaillotains ; que dès 5 heures du matin il travaillait avec lui aux barricades. Deuxièmement qu’il fut bientôt après armé d’un fusil à deux coups avec lequel il marcha à la défense des retranchements ; qu’il se trouvait seul avec M. Destains à côté du nommé Dugard (voir Dugard, Jean-Marie) au moment où celui-ci a été percé d’une balle à l’attaque des chasseurs. Troisièmement qu’il désarma plusieurs gardes royaux qu’il ramena dans différentes maisons, qu’il continua ensuite à faire des patrouilles pour la sûreté du quartier pendant plusieurs jours. En conséquence le soussigné croit, par sa conduite, avoir droit aux récompenses nationales décernées en mémoire de nos grandes journées, et plein de confiance en votre justice, il a l’honneur etc. » Sa lettre était revêtue des signatures de : Dufée, Auguste, lieutenant de voltigeurs ; Jacquinot ; Ney ; Dupuis ; Bucher ; Foissé ; Ribet (voir Ribet, Michel, Joseph) ; Sebi... Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Maurice, Ferdinand m’a remis mon fusil de chasse à deux coups et qu’il s’en est servi d’une manière honorable dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier. » Signé, le 19 juillet 1831 : Des Geumon Demauroy, demeurant 53, rue de Chaillot. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Le soussigné, ayant commandé les patriotes de Chaillot en juillet, reconnaît et certifie que le nommé Maurice, Ferdinand a été un des premiers qui se soit porté à la défense de notre petite place, qu’il a travaillé aux barricades, qu’il les a défendues, que je l’ai toujours vu aux endroits les plus dangereux et qu’il m’a ensuite secondé de tous ses moyens en faisant des patrouilles pour la sûreté du poste qui m’était confié. » Signé, le 16 juin 1831 : Destains (voir Destains, Victor, Achille, Justinien). Le certificat était apostillé de la signature de Canuet (voir Canuet, Louis, Urbain ?), ancien capitaine de la garde nationale, commandant des postes de Chaillot. Maurice était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Il demeurait 51, rue de Chaillot en 1830. Archives de Paris VD6 91 in dossier Ribet, Michel, Joseph ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives de la préfecture de police AA 402.