Maurice, François, Auguste

Biographie


Né le 6 janvier 1803 (1804 in Archives de Paris Vbis7K4 2 et sur la liste supplémentaire de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39) à Brest (Finistère). Soldat au 50e de ligne (selon le Constitutionnel), il combattit dans les rangs du peuple et, blessé gravement, reçut un secours de cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il fut nommé, le 14 mai 1831, sous-lieutenant au 51e (50e de ligne in Archives de Paris Vbis7K4 4 mais bien 51e sur la liste supplémentaire de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Sa médaille fut délivrée le 16 juillet 1831 au préfet de la Seine et son brevet transmis le 26 novembre de la même année par l’intermédiaire du directeur de l’Administration des postes. Son nom est, comme décoré de la médaille de Juillet, sur une liste de décorés sur laquelle devait être choisie une députation de vingt-quatre décorés de la Croix de Juillet et de vingt-quatre décorés de la médaille de Juillet pour assister, à la Bastille, aux cérémonies qui devaient marquer le premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il fut poursuivi après les événements d’avril 1834 pour attentat et complot et conduit à Sainte-Pélagie le 3 mai 1834. Il fut libéré le 28 janvier 1835 par un arrêt de non-lieu rendu en sa faveur par la Cour des pairs. Il fut compromis dans l’affaire Fieschi. Sorti de Sainte-Pélagie, il alla habiter, sans doute une quinzaine de jours, chez la dame Petit, 5, rue du Battoir, de même que Bourseaux, son codétenu. Son dossier dit : « Compromis dans les affaires d’Avril [...] était aussi et pour ainsi dire en même temps [que Boursault] l’amant de la femme Petit [...]. Elle a habillé Maurice des pieds à la tête. Il y a dix mois, lorsque les prisons de Sainte-Pélagie étaient pleines des prévenus d’Avril, cette femme Petit alla louer une chambre en face de leur prison ; là, par ses démonstrations républicaines et ses signes elle établit ses premières relations avec Maurice et Boursault, qui étaient détenus ; plus tard, elle demanda et obtint une permission pour les voir. Lorsqu’ils sortirent, ils se réfugièrent chez elle [...]. » Ses relations supposées avec Fieschi et ses antécédents le firent rechercher par la police. Fieschi dit de lui : « J’ai eu avec Maurice des relations très désagréables ; il buvait et mangeait à la maison, et c’est lui qui est cause de ma rupture avec madame Petit. » Maurice fut arrêté à Châtellerault, alors qu’il avait pris du service avec Conseil dans le régiment de volontaires de la reine d’Espagne, qu’il avait quitté Paris le 6 août et qu’il voyageait à petites journées avec un détachement qu’il commandait. Le sous-préfet de Vendôme signalait à son sujet : « Hier est passé ici, conduit par la gendarmerie, un nommé Maurice (François, Auguste) lieutenant arrêté à Châtellerault [...]. Il conduisait en Espagne un détachement d’engagés volontaires. Etant allé à la prison pour en faire la visite, selon mon habitude, j’y ai trouvé cet officier. Son langage plein d’exaltation et composé de phrases et d’expressions toutes tirées du vocabulaire des journaux républicains indiquait assez quelles ont dû être ses relations à Paris : c’était une répétition perpétuelle des mots : illégalité, arbitraire, injustice, arrestation illégale, pauvre France, etc. » Interrogé, il dit qu’il avait vu Fieschi une seule fois, chez la veuve Petit, qui ne voulait pas le recevoir ; que Fieschi ayant fait du bruit, il avait été obligé de prendre son sabre, et l’avait renvoyé ; que Fieschi l’avait menacé de l’assassiner et l’avait provoqué en duel ; qu’il avait, en conséquence, quitté la maison de la veuve Petit, était allé habiter d’abord rue des Boucheries-Saint-Germain puis chez son frère et n’avait pas continué de voir la veuve Petit. Il affirma que le 27 juillet, au moment de l’explosion de la machine infernale, il était rue Traversière, où il était resté, ce jour-là, depuis 7 heures du matin jusqu’à 5 heures du soir, occupé du recrutement de volontaires pour la reine d’Espagne. Il fut remis en liberté. Il était aussi l’ami d’Aufray, avec lequel il avait été en pension chez Petit. En 1853, il était recommandé pour un emploi d’inspecteur de la salubrité par un député et deux colonels. Cette année, la police recueillit sur lui les renseignements comme quoi sa femme travaillait dans un magasin de chapeaux de paille et que leurs ressources étaient « très bornées. Leur conduite est régulière. On croit le sieur Maurice attaché au gouvernement impérial ». « Sans emploi, marié et dans la gêne depuis longtemps », il toucha soixante francs de secours en 1853. En 1855, les mêmes sources indiquaient : « […] Il doit un terme à son propriétaire et a contracté quelques dettes envers son fournisseur. Le pétitionnaire est entré au service militaire en 1821. Lors de la révolution de juillet 1830, il était sous-officier au 60e de ligne, alors en garnison à Paris. Il prit part à la révolution de Juillet et fut nommé en 1831 sous-lieutenant par la Commission des récompenses nationales et admis à un traitement de réforme de six cent quarante francs. Il quitta le service militaire définitivement en 1849. Depuis il a été employé chez son frère, ancien lieutenant-colonel en retraite, tenant une fabrique de vermicelle à Batignolles. Maurice avait même un intérêt dans cette maison. Cette exploitation n’ayant pas réussi, le pétitionnaire se trouve aujourd’hui sans emploi. Sa femme est ouvrière lingère mais le peu qu’elle gagne suffit à peine à leur existence et ils se trouvent dans une position extrêmement précaire. Le père de Maurice était capitaine d’artillerie de marine. Sa mère reçoit une petite rente du gouvernement. Le sieur Maurice est bien représenté sous les rapports moral et politique. Il est généralement estimé et a reçu en juillet 1830 la médaille honorifique. On trouve pourtant aux sommiers judiciaires les annotations suivantes, qui paraissent lui être applicables : Ecroué en 1834 pour attentat et complot, libéré le 8 janvier 1835 ; renvoyé le 12 septembre 1835 d’une prévention de complot. » Il toucha un secours de quarante francs en 1855. Il touchait une retraite d’officier de six cent quarante francs. Il mourut en 1867. En 1869, sa veuve, née Aubert, Fortunée, originaire de la Chapelle-Hullin (Maine-et-Loire), « dans une situation des plus malheureuse puis que la faible pension de retraite qui lui avait été allouée » ne lui avait pas été continuée, même en partie par suite de l’absence du temps réglementaire nécessaire, incapable de travailler, admise au pavillon Saint-Pierre de l’hôpital de la Salpêtrière, elle sollicita un secours. A cette occasion, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Est depuis le 21 janvier dernier à la Salpêtrière pour paralysie. […] Veuve d’un officier du Premier Empire, décoré de Juillet, décédé en 1867, elle ne possède aucun avoir personnel et ne touche pas de pension de l’Etat. Cette femme est gravement malade ; depuis deux ans, elle a été admise successivement dans plusieurs hôpitaux. » Elle reçut un secours de quarante francs en 1869, un secours de trente francs en 1870. Deux indications, sans doute fautive vu son âge, le présente comme ayant servi sous l’Empire et comme étant décoré de Sainte-Hélène. Il demeurait à Quimper (Finistère) en 1831 ; 145, rue Saint-Jacques en 1834 ; 23, rue du Pont-aux-Choux, chez son frère en 1835 ; 8, rue Neuve-Saint-Sauveur en garni, une chambre de vingt-quatre francs par mois en 1853 ; 16, rue Tirechappe, une chambre au loyer annuel de deux cents francs en 1854 ; 3, rue Saint-Claude-de-Bonne-Nouvelle en 1855 ; 43, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1861 ; sa veuve, à la Salpêtrière en 1869-1870. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, liste supplémentaire des citoyens décorés de la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3 ; Archives de Paris VD6 545 n° 4 ; Archives nationales F/1dIII/33 état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, liste supplémentaire des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/66 ; Journal officiel militaire, premier semestre, Paris, chez Anselin, 1831, p. 722 ; Archives nationales F/15/3785 secours à divers titres. Sur sa compromission dans l’attentat de Fieschi : Attentat du 28 juillet 1835, Cour des pairs, volume 1, Paris, 1836, p. 72, 308 à 311 ; Archives nationales CC 676 dossier Petit p. 13 et 17, CC 679 dossier Conseil et dossier Maurice. Voir Brocard et Erford.

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